par Emilie Geoffroy
4 septembre 2026
Janette l’a longtemps vécu comme un petit défaut. Cette envie de rester chez elle alors qu’elle avait pourtant accepté un dîner, un verre entre copines ou une sortie depuis des semaines. Elle culpabilisait presque de préférer son canapé à une soirée qu’elle savait pourtant sympathique. Et puis, un jour, Janette a réalisé quelque chose : elle adorait annuler. Pas pour faire faux bond aux autres. Pas parce qu’elle n’aimait plus sortir. Simplement parce qu’au moment où une soirée se libérait, elle ressentait un immense soulagement.
Il y a quelque chose de presque euphorisant dans le fait de regarder son agenda et de voir une case qui vient de disparaître. Plus besoin de se préparer. Plus besoin de réfléchir à sa tenue, de se maquiller, de courir pour être à l’heure ou de se demander comment organiser le lendemain matin. Janette peut rentrer chez elle, prendre une douche, enfiler son pantalon le plus confortable et s’installer dans son canapé.
Elle peut dîner à l’heure qu’elle veut. Regarder ce dont elle a envie. Lire quelques pages. Ne rien faire. Et surtout, personne n’attend rien d’elle.
Parce qu’entre le travail, les Janetons, les rendez-vous, les courses, les activités extrascolaires, les obligations familiales et les invitations, les journées de Janette sont rarement vides. Elle dit oui par habitude. Oui pour faire plaisir. Oui parce qu’elle ne veut pas décevoir. Oui parce qu’elle se dit que cela lui fera du bien de sortir.
Alors forcément, quand quelque chose s’annule, elle découvre parfois qu’elle est… ravie. Ce n’est pas très glorieux, mais c’est profondément humain.
Janette a aussi compris qu’elle pouvait aimer ses amis et ne pas avoir envie de les voir ce soir-là. Qu’elle pouvait adorer sa famille et avoir besoin d’une soirée seule. Qu’elle pouvait apprécier les sorties et, malgré tout, préférer son canapé certains jours.
Après tout, dire non à une invitation ne signifie pas dire non à la personne. Parfois, cela signifie simplement : « Aujourd’hui, je n’ai plus d’énergie à donner. » Et cette phrase-là, Janette a mis du temps à s’autoriser à la penser.
Ce que Janette aime finalement dans l’annulation, ce n’est peut-être même pas l’annulation elle-même. C’est ce qu’elle représente.
Un peu de temps récupéré. Une soirée sans contrainte. Un moment où Janette n’a pas besoin d’être maman, collègue, compagne, amie, organisatrice ou bonne élève de la vie. Juste Janette. Et peut-être qu’après avoir passé tant d’années à remplir son agenda, elle découvre enfin le plaisir de laisser quelques cases vides.
Alors oui, Janette continuera à sortir. À dîner, à rire, à danser, à retrouver ses copines et à profiter de la vie. Mais parfois, Janette annulera. Et elle ne culpabilisera plus. Parce qu’au fond, Janette n’annule pas les autres. Elle se choisit, elle.
Adresse email du destinataire
Votre nom / prénom
Votre adresse email
Comments
Partagez par email
Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.
Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.