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Simuler, péché mortel ou stratégie amoureuse ?

par Sophie Pilcer

21 décembre 2022

Le 21 décembre, c’est la Journée mondiale de l’orgasme. Pour l’occasion, notre Sexperte a répondu à cette question : simuler, péché mortel ou stratégie amoureuse ?

– « Alors, heureuse ? »

– « Oui mon chéri… Très heureuse ! »

– « Bonne nuit mon Amour. »

Et pourtant, cette fois encore notre Janette n’a rien ressenti de cette extase tant attendue. Mais comment avouer ce qu’elle considère comme un pieux mensonge qui serait vécu par Jano comme un crime de haute trahison ? Comment oser lui dire maintenant que ce cri qu’il prend pour un cri de plaisir est en fait un sempiternel cri de détresse, détresse de son impossible jouissance, de son insatisfaction permanente depuis tant d’années ? Comment lui dire que cette exigence de jouissance normative la hante toutes les nuits ?

Oui, elle crie, geint, soupire, respire comme elle pense qu’il aime, comme elle pense qu’il attend. Elle connaît parfaitement son texte, toutes les didascalies apprises sur le net. Elle est passée maîtresse dans l’art de donner du plaisir à son homme. Sa simulation rend son Jano viril et tout puissant. Il se sent le Rocco de sa Janette. 

L’exigence orgastique féminine, c’est un peu comme cette obligation de rigidité chez l’homme. Ces deux angoisses majeures conjuguées avec peu de dialogue conjugal transforment le lit d’amour en lit de torture telle une galère où chacun rame dans son coin et ses croyances. Oui, l’obligation de jouissance est une croyance normative trop répandue et qui oblige la majorité des femmes à mimer le plaisir. Et oui, cette idée a son corollaire bien ancré : les hommes ont la capacité de savoir si leur partenaire a eu ou non du plaisir ou un orgasme au cours du rapport.

En aucun cas un homme centré sur ses sensations physiques n’a la possibilité de reconnaître les signes de l’orgasme féminin. Empli de croyances et préjugés pornographiques, il est persuadé que la jouissance féminine ne peut et ne doit s’exprimer que par la beauté du cri. Elle crie, elle a joui, il est un Homme. Un peu facile le raccourci?

Finalement, les femmes vont pouvoir surfer sur la vague gutturale et oublier d’être à l’écoute de leurs sensations, de la découverte de l’expression de la singularité de leur plaisir. Et finalement ce plaisir simulé qui jaillit n’est autre qu’un cri de détresse quand il est celui d’une femme non désirante anorgasmique et insatisfaite. Ce cri est celui d’une société dite sexuellement libérée mais qui exige une certaine norme en matière de jouissance. Vous, messieurs, vous avez une obligation de rigidité et vous, mesdames, votre jouissance devra être proportionnelle à la virilité de votre Jano.

L’engrenage est sans appel et n’autorise ni faiblesse ni difficulté. Un script sexuel normé autour de ce qui devrait être un espace de liberté et de plaisir empêche tout dialogue conjugal. On ne jouit pas, on a peur de dire, on a peur qu’il le prenne mal et puis comment avouer un tel mensonge. Lui dire son absence de jouissance serait lui dire qu’il a été dupé depuis le début. Alors la vérité reste tacite et le théâtre hurlant continue jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Après la simulation arrive le dégoût d’elle, de lui, de leur couple, de leur triste coït. 

Les Janette sont si persuadées que leur Jano sent et perçoit leur jouissance à travers leurs cris… Mais non, tous les hommes ne savent pas et toutes les femmes ne simulent pas ! Parlez-vous ! Engagez un vrai dialogue sur votre intimité sexuelle.

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