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« Ne me cherche pas demain »

par Charles Demoulin

5 septembre 2021

Il aura fallu attendre plus de huit ans pour voir le troisième volet des enquêtes de l’inspecteur Sean Duffy enfin traduit en français. Cette fois, ce sera chez ‘Actes Sud/actes noirs’ que les amateurs du genre découvriront cette nouvelle petite merveille de dérision et d’humour que signe l’Irlandais Adrian McKinty.

Sean Duffy, brillant enquêteur catholique irlandais exerce avec brio ses fonctions d’enquêteur dans une antenne de police majoritairement protestante. Sean Duffy, ce flic courageux à l’humour décalé, mais qui, aujourd’hui, passe plus volontiers ses journées à noyer son mal-être dans les pubs. C’est vrai que sur bases de fausses accusations, il a été écarté de la police royale d’Ulster pour avoir royalement emmerdé le FBI.

Nous sommes en 1983, à Carrickfergus, près de Belfast. Le conflit nord-irlandais bas son plein. Mis à pied, Sean Duffy traîne sa flemme de bars en pubs, entre bière et  whisky. Or, ne voilà-t-il pas qu’un certain Dermot McCann, expert artificier de l’IRA, mais aussi ancien camarade de classe de Duffy, se fait la malle de la prison où il avait été transféré. Ayant totalement perdu sa trace, les services de renseignements britanniques en font désormais leur cible prioritaire. Mais comme l’homme reste introuvable, le MI5 décide d’extirper Sean Duffy de sa retraite alcoolisée. Seules obligations : traquer et retrouver l’ami McCann.

Pour débusquer le fugitif, Duffy va tout d’abord devoir résoudre une énigme. Celle qui va l’amener à la mort pour le moins étrange de l’ex-belle-sœur de McCann. Bref, une enquête dans l’enquête qui va finalement le conduire à Brightron, où se trame une tentative d’assassinat sur la personne du Premier ministre : Margaret Thatcher. Avec cette nouvelle enquête de Sean Duffy, on plonge de plain-pied dans cette Irlande du Nord des années 1980, déchirée entre violences et agitations politiques. L’occasion aussi de découvrir l’humour noir et mordant de Duffy, ses réparties cinglantes, son esprit mélancolique, sa culture musicale et littéraire, et son autodérision sans borne.

Le genre de roman qui vous console – un peu – d’avoir attendu huit ans pour le voir traduit en français.