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Coucher le premier soir ?

par Sophie Pilcer

6 janvier 2022

On peut avoir 20, 30, 40, 50, 60 ans… et plus encore, the question is for ever : « coucher or not coucher le premier soir? »

Encore des clichés

On a beau prôner l’égalité homme femme, la fin de la domination masculine et l’abolition du mâle alpha, voire la castration collective de nos tendres machos – cela dit en passant… arrêtons la chasse aux hommes, enfin c’est un autre débat et ne déterrons pas les neo féministes ! – il convient encore de s’occuper de ces générations de femmes féministes et pourtant paradoxales.

Leur cœur ou plutôt leur corps balance entre les préceptes de leurs mères et les codes des « tinder girls » ! Soit on joue de l’amour courtois qui au bout de quelques semaines de cour dans les règles de l’art aboutira à un sympathique missionnaire et plus si affinités, soit on se laisse aller à un préliminaire virtuel – « Donne-moi ton adresse et ton code. Et sinon, tu as bien ton pass sanitaire et tes Manix ? » – qui aboutira au script à la Marc Dorcel : bouche, orifice génital et là aussi plus si affinités…

Vous n’êtes pas très enthousiaste et ce choix kafkaïen ne semble pas vous emballer. Comment dénouer ce noeud gordien du sexe le premier soir ? Premier soir signifie qu’on espère d’autres soirs… Ainsi la véritable question est : « On donne quoi pour entrer dans l’histoire des couples ? ». Vous l’avez bien compris, deux points de vue s’affrontent. Deux points de vue que l’on pourrait qualifier de la putain ou la madone. La madone, elle ne couchera pas le premier soir contrairement à son acolyte la putain qui vous l’avez bien compris, sans surprise, couche le premier soir. Un peu basique notre histoire, non ? Comment acceptez-vous un tel choix aussi binaire et caricatural ? Comment pouvez-vous vous laisser entraîner par ce questionnement qui relance les bons vieux stéréotypes du patriarcat ? Et si on changeait de point de vue ? Et si on tentait de se décentrer de ces clichés.

Première proposition

Arrêtons de présenter cette question sous l’angle exclusivement féminin, comme si, finalement, il y avait chez les femmes une injonction de résistance face à des hommes qui eux ne penseraient qu’à sauter sur tout et toutes et sans attente !

Je vous propose de rentrer dans une consultation de sexologie… Imaginez un beau Jano fringant, sexy, la mèche rebelle, l’œil libidineux et le corps athlétique. Qui pourrait dire en le voyant que ce parfait spécimen de mâle alpha est terrorisé par l’idée de faire l’amour (je cite; eh oui surprise, il ne dit pas « baiser ») parce qu’il éprouve une débordante anxiété de ne pas réussir à maintenir son érection et à faire jouir cette jolie Janette, à lui donner toutes les positions et pratiques sexuelles qu’il a tardivement découvert sur tous ces bordels online. Il ne vous le dira jamais, mais il mesure tout : rigidité, taille, durée, fréquence, nombre de galipettes du kama sutra… C’est lui qui ne veut pas coucher le premier soir, c’est lui qui a besoin d’être rassuré, c’est lui qui a besoin de temps, besoin d’être sûr de sa séduction et de son savoir-faire.

Alors maintenant que nous savons que cette question du premier soir – quand on veut d’autres soirs – crée une angoisse très profonde tant chez les hommes que chez les femmes, nous pouvons passer à la deuxième proposition.

Deuxième proposition

Cette deuxième proposition peut vous sembler ringarde, réactionnaire ou casser ce que vous considérez comme devant être absolument naturel ou spontané. Que (sans malice ni graveleux jeu de mots) nenni, vous avez tous les droits mais surtout celui de parler, de dire vos angoisses, vos peurs, la peur de passer pour celle que vous n’êtes pas. J’aime l’idée d’oser dévoiler sa vulnérabilité, dévoiler est toujours plus érotique que de tout donner dans un silence mêlant génitalité et anxiété de performance.

Soyez celle que vous avez envie d’être mais sachez que vous n’êtes plus toute seule dans la valse des doutes et que vous pouvez la danser avec ceux que vous avez trop souvent imaginé comme des bonobos à l’infaillible mécanique !

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