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Selon vos goûts, voyagez au fil des pages que nous vous proposons cette semaine

par Charles Demoulin

13 septembre 2026

Avec cette rentrée littéraire qui vient de s’installer chez les libraires , il ne nous est guère difficile de vous présenter des nouveautés susceptibles de satisfaire l’un ou l’autre de vos goûts en matière de littérature.

‘Une Italienne à Brooklyn’, de Santa Montefiore chez Verso

New York, 1979. C’est le soir de Thanksgiving, et Evelina a réuni sa famille et ses amis autour du dîner, son cœur plein de gratitude envers son pays d’adoption, mais aussi de chagrin et de regrets quand elle se souvient de son pays natal, l’Italie.

Italie du Nord, 1934. Evelina vit protégée du monde dans la villa familiale, dont le faste s’estompe néanmoins au fil des ans. Alors que sa grande sœur épouse un banquier, plus par raison que par amour, Evelina se jure de ne jamais faire un mariage de raison. 

Elle ne connaît rien à l’amour, mais quand elle rencontre Ezra, le fils de la petite couturière, c’est son cœur qui le reconnaît. Cependant, le temps de l’insouciance ne peut durer éternellement dans la vieille Europe qui se prépare à la guerre, et les vies de tous seront bientôt en danger.

Une plongée dans l’histoire italo-américaine, de l’émigration et du déracinement. Une histoire d’amour magnifique qui se poursuit sur deux continents et trois décennies. Le destin hors du commun de deux amants séparés par la guerre. Après la longue saga des Deverill, Santa Montefiore y va d’un one-shot qui risque de vous arracher nombre de larmes.

‘Un été de trahison’, de Romain Slocombe chez Seuil

Aux premiers jours de juillet 1940, dans un pays traumatisé par la défaite et l’exode, quatre jeunes Françaises aux patriotismes divergents – une aviatrice profasciste, une infirmière communiste, une lycéenne gaulliste, une veuve opportuniste – sont prises dans un entrelacs de loyautés et de liaisons coupables. 

De Paris désert et occupé par la Wehrmacht à Vichy bondé où grenouillent les politiciens, en passant par la campagne normande, ces femmes vont connaître en l’espace de huit jours un monde sens dessus dessous : la France est quasiment en guerre avec son ex-alliée l’Angleterre, ‘L’Humanité’ se félicite de voir les ouvriers fraterniser avec les soldats allemands, tandis que l’Assemblée nationale se prépare à voter les pleins pouvoirs à Pétain.

Un chassé-croisé amoureux et politique, pendant qu’agonise la République. Un roman qui baigne dans un contexte historique et qui nous fait découvrir la trajectoire de quatre personnages féminins aux idéologies bien distinctes. Un récit qui se veut particulièrement bien documenté et qui est servi par un style d’une belle dynamique.

‘Un été de trahison’, de Romain Slocombe chez Seuil

‘Le Pacte de Nouara’, de Florence Roche chez Terres de France – Presses de la Cité

Auvergne, durant les années 1970. Après la mort de Luc Loubère, son épouse Élodie, héritière d’une longue lignée auvergnate, a vu son monde vaciller. Mais après le temps du deuil survient un miracle : elle retrouve son amour de jeunesse… et tombe enceinte.

Le destin, encore, est cruel : celui qu’elle va épouser disparaît. Seul l’abbé Leroy, figure bienveillante du Moulin de Nouara où il dirige des colonies de vacances, veille sur la jeune femme.

Lié par une promesse faite à son père, il redoute les manœuvres du clan Loubère, prêt à tout pour effacer de la succession l’enfant d’Élodie, qui n’est pas de leur sang. Alors, dans le secret de sa conscience, le prêtre élabore un plan audacieux.

Préfacé par Michel Bussi qui a bien connu dans sa jeunesse ce moulin de Nouara rénové par un abbé, ce roman, truffé de personnages divers, de révélations allant dans tous les sens, et dans lequel le passé circule de génération en génération, nous offre, au-delà de conflits et de secrets familiaux, quelques doses de suspense. Un récit porté par la mémoire et qui a tout pour vous plaire.

‘Le Pacte de Nouara’, de Florence Roche chez Terres de France – Presses de la Cité

‘Le temps de Nina’, de Pierre Solot chez Kennes

Un soir, Nina, quatorze ans, lâche ce que beaucoup pensent tout bas : « La musique classique ne sert à rien. »

Pour son père Louis, pianiste passionné, c’est un choc. Pour Nina, le début d’un défi. Pour le lecteur, le point de départ d’une aventure aussi drôle qu’émouvante.

‘Le temps de Nina’ raconte l’histoire d’un père et d’une fille qui tentent de se comprendre. Entre eux, il y a les silences, les blessures, les incompréhensions de l’adolescence et la musique.

Car dans ce roman, les grandes œuvres du répertoire ne servent pas de décor. Elles font avancer l’histoire. À chaque étape du récit, une musique accompagne les émotions des personnages, éclaire leurs choix, révèle ce qu’ils n’arrivent pas toujours à se dire.

Rachmaninov, Schubert, Vivaldi, Berlioz et bien d’autres deviennent ainsi les compagnons de route de Nina et de Louis. 

Grâce aux QR codes intégrés dans le livre, le lecteur peut écouter instantanément les œuvres évoquées dans chaque chapitre. Il ne lit plus seulement une histoire : il l’entend, il la ressent, il la vit.

Accessible à tous, même à ceux qui pensent ne rien connaître à la musique classique, ‘Le Temps de Nina’ est à la fois un roman initiatique, une histoire de transmission bouleversante et une invitation à découvrir les plus belles émotions que la musique puisse offrir.

‘Le temps de Nina’, de Pierre Solot chez Kennes

‘Rire est une fête’, de Jean-Marie Poiré chez Litos

‘Les Visiteurs’, ‘Papy fait de la résistance’, ‘Le Père Noël est une ordure’, ‘Les Anges gardiens’, ‘Opération Corned Beef’, ‘Mes meilleurs copains’…

Dans ces mémoires cash, sans coupure ni montage, Jean-Marie Poiré dévoile les secrets de tournage de ses films cultes.

Balasko, Clavier, Noiret, Bacri, Depardieu, Valérie Lemercier, Luchini, Villeret, Coluche, Jacqueline Maillan, Jugnot, Reno… Ils sont tous là, croqués sous la plume alerte d’un Jean-Marie Poiré qui, devant les aléas du métier et les caprices de ses acteurs, a toujours fait montre d’un optimisme à toute épreuve.

Une invitation à partager les souvenirs d’un maître de la comédie qui a un jour découvert qu’un de ses plus grands plaisirs, après les truffes du Périgord, le sexe, les grands crus, les musées, les belles caisses et les palaces, consistait à faire se marrer les gens.

Anecdotes croustillantes, marquantes ou inédites : laissez-vous emporter par la gouaille d’un homme de cinéma qui n’a pas sa langue ni sa plume, dans la poche !

Un ouvrage qui ne se raconte pas, mais qui se lit. Un ouvrage qui baigne dans la bonne humeur. Celle dont on a grand besoin aujourd’hui. C’est vrai que pour le moment, le rire est devenu un luxe.

‘Rire est une fête’, de Jean-Marie Poiré chez Litos

‘Mon beau miroir’, de Cynthia Kafka chez Charleston

Marie-Lou est prête à tout pour sauver son agence événementielle de la faillite. Même à s’installer dans un parc d’attractions en proie à des incidents inexpliqués et d’étranges rumeurs de fantômes…

Sa mission ? Faire revenir les visiteurs. Mais avant cela, elle aura besoin de se faire accepter par les habitants des lieux, peu enclins à accueillir une étrangère dans leur petite communauté. Même lorsqu’elle prétend être la fiancée de Gabriel, le nouveau gérant.

Qui veut nuire à la réputation du parc, quels secrets cachent ses habitants ? Et qui s’affaire à saboter les attractions ? Pour le découvrir, Marie-Lou devra apprivoiser ses peurs, résister à l’attirance troublante qu’elle ressent pour Gabriel et déchiffrer de curieux messages écrits à l’envers.

Vous allez largement apprécier la manière dont Cynthia Kafka fait de ce parc de Brumeval un personnage à part entière. Un personnage qui, à l’image de tous les autres qui gravitent tout au long de ce roman captivant et réconfortant en diable, s’avère lui aussi passionnant.

Une nouvelle expérience de lecture ludique et innovante. Décodez les messages grâce au miroir glissé sous le rabat de couverture en fin d’ouvrage, et découvrez ce qui se cache vraiment à Brumeval.

‘Mon beau miroir’, de Cynthia Kafka chez Charleston

‘Quand vient la tempête’ de Karen Russell chez Albin Michel

Nebraska, années 1930. Une tempête de poussière ravage la petite ville d’Uz, appauvrissant une population déjà meurtrie par la Grande Dépression.

C’est là que vit une femme surnommée ‘l’Antidote’ qui, pour quelques dollars, offre aux habitants la possibilité de lui confier des souvenirs douloureux, comme on déposerait des bijoux dans un coffre-fort. 

Autour d’elle gravitent Harp Oletsky, le seul fermier de la région dont les cultures restent vertes ; Asphodel, sa nièce orpheline, jeune prodige du basket-ball qui fuit désespérément le deuil de sa mère ; et Cleo, une photographe afro-américaine, dont l’appareil, capable de voyager dans le temps, menace de révéler à la fois le passé de la ville et son avenir…

Le roman de Karen Russell met au jour l’amnésie collective, les omissions volontaires transmises de génération en génération et la réécriture de l’Histoire. Mais par-delà les nuages sombres, il laisse aussi entrevoir la possibilité d’un autre monde.

C’est à une plongée particulièrement bien documentée dans les États-Unis de l’époque que Karen Russell nous invite à la suivre. Une époque où chacun doit se battre et ne compter que sur lui-même pour tenter de se faire une place au soleil. Une époque où le passé fait également écho au présent.

‘Quand vient la tempête’ de Karen Russell chez Albin Michel

‘Perfect Day’, de Romy Hausmann chez Actes Sud actes noirs

Dix jeunes filles enlevées, dix cadavres retrouvés, dix rubans rouges abandonnés.

Quatorze ans durant, la police cherche en vain le coupable. Puis, un soir, Walter Lesniak, célèbre professeur de philosophie et d’anthropologie, est arrêté, suspecté d’avoir commis ces meurtres. Impensable pour sa fille Ann qui essaiera à tout prix de prouver son innocence.

En parallèle, Nathalie et sa fille fuient un mari violent et se réfugient dans un petit village bavarois. Peu après leur arrivée, une jeune villageoise disparaît… et des rubans sont retrouvés dans la forêt.

Un thriller psychologique haletant, une enquête parsemée de fausses pistes, une immersion dans l’engrenage du mal et les ambiguïtés de l’âme humaine.

À la lecture de ce roman à la fois captivant et terrifiant, une question plus qu’évidente se pose : le bien et le mal peuvent-ils faire bon ménage au cœur même d’une seule personne ?

Si vous êtes accros à ce genre littéraire, force est de reconnaître pourquoi, après ‘Chère petite’ et ‘Marta schläft’, Romy Hausmann, née en 1981 en ex-RDA, s’est rapidement imposée sur la scène littéraire allemande. Comme le disait fort justement le chroniqueur du Daily Mail : « Si vous ne lisez qu’un thriller cette année, ce devrait être celui-ci… » C’est vrai que pour moi aussi qui ne connaissais pas cette auteure, ‘Perfect Day’ a été une superbe découverte !

‘Perfect Day’, de Romy Hausmann chez Actes Sud actes noirs

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