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Combien de temps une femme peut-elle vivre avec 14 onglets ouverts dans son cerveau ?

par Emilie Geoffroy

25 août 2026

Il y a probablement, quelque part dans votre cerveau, un onglet « courses » ouvert depuis lundi. À côté, « rendez-vous chez le médecin », « penser au cadeau d’anniversaire de maman », « répondre à ce mail », « réserver les vacances », « acheter des chaussures aux enfants » et, quelque part tout au fond, un petit « il faudrait vraiment que je prenne du temps pour moi ». Le problème ? Aucun de ces onglets ne se ferme vraiment. Même quand vous êtes tranquillement installée sur le canapé, votre cerveau continue de faire tourner la machine. Alors, combien de temps peut-on vivre avec 14 onglets ouverts en permanence ?

Le cerveau en mode « ne surtout rien oublier »

Vous connaissez cette sensation ?

Vous êtes au travail, mais vous pensez à ce qu’il faut acheter pour le dîner. Vous êtes avec les enfants, mais vous vous souvenez soudain que vous devez répondre à votre collègue. Vous regardez une série, mais votre cerveau vous rappelle que vous n’avez toujours pas pris rendez-vous chez le dentiste.

Et au moment de vous coucher, évidemment, c’est le festival.

« Ah, il faut aussi penser à la lessive demain. » « Mince, j’ai oublié de répondre à Sophie. » « Est-ce que j’ai bien confirmé le rendez-vous ? » « Il faut que je pense à acheter du dentifrice. »

Et voilà. Bonjour, cerveau en surchauffe. Le plus épuisant n’est pas forcément ce que vous faites. C’est tout ce que vous devez garder en tête.

Les fameux « petits trucs » qui prennent toute la place

On parle beaucoup de charge mentale, mais elle ressemble parfois à une gigantesque liste de micro-informations qui se baladent en permanence dans notre tête. Il faut savoir que les enfants ont sport mardi. Que le petit n’a plus de chaussures à sa taille. Que vendredi, c’est l’anniversaire d’une copine. Que le frigo est presque vide. Que le dossier professionnel doit être envoyé avant 17 heures.

Et qu’il faudrait vraiment prendre rendez-vous chez le coiffeur parce que vos cheveux commencent à ressembler à quelque chose que vous n’aviez absolument pas prévu.

Aucune de ces choses n’est, individuellement, insurmontable.

Mais mises bout à bout, elles créent cette impression d’avoir une vingtaine de conversations simultanées dans la tête.

Et le fameux onglet « moi » ?

C’est souvent celui qui passe en dernier.

« Je dormirai mieux ce week-end. »

« Je reprendrai le sport quand j’aurai moins de travail. »

« Je réserverai ce massage un jour. »

« Je commencerai cette activité à la rentrée. »

« Je prendrai quelques jours juste pour moi quand ce sera plus calme. »

Spoiler : ce n’est jamais vraiment plus calme.

Parce que dans notre grande entreprise familiale, nous avons tendance à mettre notre propre dossier en bas de la pile. Les autres ont besoin de quelque chose ? On s’en occupe. Nous avons besoin de quelque chose ? On verra demain.

Sauf que demain arrive avec trois nouveaux onglets.

Le problème, ce n’est pas d’avoir une vie bien remplie

Avoir mille choses à faire ne signifie pas forcément que l’on va mal.

On peut aimer son travail, adorer ses Janetons, apprécier organiser des vacances, recevoir des amis et avoir une vie bien remplie. Le vrai problème commence lorsque notre cerveau n’a plus jamais de bouton « pause ».

Même les moments censés être reposants deviennent des moments où l’on pense à ce qui vient après. On part en week-end et on pense déjà au lundi. On s’installe sur le canapé et on pense au linge.

À force, on ne se repose plus vraiment. On change simplement d’onglet.

Alors, comment fermer quelques fenêtres ?

Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin de tout révolutionner.

Commencez par sortir les choses de votre tête. Une liste. Un agenda. Une application. Un carnet. Peu importe.

L’objectif est simple : ne plus utiliser votre cerveau comme espace de stockage.

Ensuite, demandez-vous régulièrement : « Est-ce vraiment à moi de m’en occuper ? » Parce que si vous êtes la seule personne à savoir que les enfants ont besoin de nouvelles affaires de sport, que le lave-vaisselle doit être vidé et que le rendez-vous chez le médecin est jeudi, vous êtes aussi la seule personne qui peut faire quelque chose.

Partager les tâches, c’est bien. Partager la responsabilité de penser aux tâches, c’est mieux. Et surtout, acceptez que certaines choses restent imparfaites.

Le dîner peut être simple. La maison peut être un peu en bazar. Vous pouvez répondre à un message demain.

Et si l’onglet « ne rien faire » devenait obligatoire ?

Il faudrait peut-être arrêter de considérer le repos comme une récompense que l’on mérite après avoir tout terminé.

Parce que soyons honnêtes : on ne termine jamais tout. Il y aura toujours un mail, une machine, une course, un rendez-vous, une facture ou une personne qui aura besoin de quelque chose.

Alors, parfois, il faut fermer volontairement les onglets. Pas pour être plus productive ensuite. Pas pour être une meilleure maman, une meilleure collègue ou une meilleure partenaire.

Juste parce que vous avez aussi le droit de ne rien gérer pendant un moment. Prendre un café seule. Marcher sans téléphone. Lire quelques pages. Regarder une série sans plier du linge en même temps. S’asseoir en terrasse. Faire une sieste.

Sans culpabilité.

Combien de temps peut-on vivre avec 14 onglets ouverts ?

Probablement longtemps.

Les femmes sont incroyablement douées pour faire tenir beaucoup de choses à la fois. Mais « tenir » n’est pas forcément la même chose que « aller bien ».

Alors peut-être qu’au lieu de nous demander combien d’onglets nous sommes capables de garder ouverts, nous pourrions nous demander :

Lesquels pouvons-nous enfin fermer ?

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