par Emilie Geoffroy
19 août 2026
Vous attendiez les vacances comme le messie et, pourtant, vous voilà allongée sur votre transat avec une seule envie : dormir. Pire encore, après quelques jours de congé, vous avez parfois l’impression d’être plus fatiguée qu’avant de partir. Entre les Janetons à occuper, les nuits décalées, les repas à improviser et cette étrange pression de « profiter », les vacances ne ressemblent pas toujours à la grande parenthèse de repos imaginée. Et si cette fatigue estivale était finalement… parfaitement normale ?
Toute l’année, vous avancez à un rythme soutenu. Travail, trajets, Janetons, courses, rendez-vous, lessives, messages auxquels répondre : votre cerveau est habitué à être en mode « prochaine tâche ».
Puis arrivent les vacances. Et soudain, plus de réunion à 9 h, plus de réveil obligatoire, plus de lunch box à préparer. Enfin… en théorie. Car le cerveau, lui, ne reçoit pas toujours le mémo.
Les premiers jours de vacances peuvent donc être ceux où la fatigue accumulée remonte à la surface. Tant que vous étiez lancée dans votre quotidien, l’adrénaline et les habitudes vous permettaient de tenir. Une fois la pression retombée, votre corps réclame son dû.
C’est un peu comme si vous aviez roulé pendant des mois avec le voyant de réserve allumé et que vous vous étonniez que la voiture toussote une fois arrivée au parking.
Soyons honnêtes : « vacances avec les Janetons » et « ne rien avoir à gérer » sont rarement synonymes.
Il faut penser aux valises, aux repas, à la crème solaire, aux serviettes, aux activités, aux disputes, aux horaires, aux bobos et à cette question posée environ 47 fois par jour : « Maman, on fait quoi ? ». Même lorsque vous ne travaillez pas, votre cerveau continue donc de travailler.
La charge mentale ne prend pas nécessairement l’avion avec vous. Elle peut même avoir tendance à voyager en cabine, bien installée, entre le sac à langer et les lunettes de soleil.
Et puis il y a cette petite voix qui vous souffle qu’il faut profiter. Faire une sortie. Aller à la plage. Découvrir un endroit. Lire. Faire du sport. Voir des amis. Prendre l’apéro. Faire des photos. Résultat : vous transformez parfois vos vacances en planning de ministre.
Il y a aussi une explication beaucoup moins existentielle : il fait chaud.
Lorsque les températures grimpent, l’organisme dépense davantage d’énergie pour maintenir sa température corporelle. La chaleur peut également perturber le sommeil, surtout lorsque les nuits restent chaudes.
Et une mauvaise nuit + une journée au soleil + une hydratation approximative + un déjeuner qui s’est transformé en apéro qui s’est transformé en dîner tardif… votre niveau d’énergie n’est pas à son maximum.
Sans oublier que les vacances bouleversent souvent les habitudes : on se couche plus tard, on se lève plus tard, on mange différemment et on boit parfois un peu moins d’eau qu’on ne devrait. Le corps adore les vacances. Mais il adore aussi un minimum de régularité.
C’est peut-être là que se cache le vrai problème.
Nous avons tellement intégré l’idée que les vacances doivent être réussies qu’on oublie parfois leur fonction première : récupérer. Il faudrait revenir bronzée, reposée, heureuse, avec des souvenirs, des photos, une maison parfaitement rangée à notre retour et, si possible, une nouvelle passion pour le paddle.
Mais vous avez le droit de passer une journée entière à ne rien faire. Vous avez le droit de lire trois pages du même livre avant de vous endormir. Vous avez le droit de dire non à une excursion. Vous avez même le droit de trouver que les vacances sont parfois… un peu fatigantes.
Se reposer, ce n’est pas nécessairement partir à l’autre bout du monde, réserver un spa ou remplir ses journées d’activités « bien-être ».
Parfois, le vrai luxe est beaucoup plus simple : dormir suffisamment, boire de l’eau, manger correctement, ralentir, s’asseoir sans avoir immédiatement quelque chose à faire. Et surtout, accepter que quelques jours soient nécessaires avant de véritablement décrocher. Alors si, cette année, vous vous retrouvez en vacances avec une furieuse envie de faire une sieste à 15 heures, ne culpabilisez pas.
Votre corps n’est pas en train de gâcher vos vacances. Il est peut-être simplement en train de les commencer.
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