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Sur le terrain… de l’homophobie !

par Elodie Lambion

17 mai 2022

Ce dimanche 15 mai était une date particulière pour notre Premier ministre, Xavier Bettel, puisqu’il fêtait ses 7 ans de mariage et en profitait, via les réseaux sociaux, pour remercier son mari, Gauthier Destenay. Il nous rappelle aussi que la loi autorisant le mariage homosexuel a été votée le 18 juin 2014 au Luxembourg et qu’aujourd’hui, 17 mai, c’est la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. De l’autre côté de la frontière, ce week-end, un scandale lié à l’homophobie a ébranlé le monde du football français prouvant, une nouvelle fois, que ce désir de faire changer les mentalités n’est pas une chose aisée dans un milieu sportif où faire son coming out est presque impensable comme l’ont souvent prouvé les nombreux témoignages de joueurs.

Crampons arc-en-ciel

Avant toute chose, nous devons savoir que dès 2019, la Ligue de Football Professionnel, sûrement consciente des difficultés rencontrées par les homosexuels dans le football (rappelons toutefois que c’est le cas dans de nombreux sports) et de l’immobilisme omniprésent, a mis en place l’instauration du port d’un flocage arc-en-ciel et ce, le week-end s’approchant le plus de la date symbolique du 17 mai. Une démarche qui parait bien faible, mais qui a le mérite d’être soulignée positivement dans un milieu où il est particulièrement difficile de modifier les opinions préconçues et véhiculées depuis des générations.

Boycotter le maillot

Depuis samedi, ce qui fait énormément parler et qui interpelle le grand public, c’est l’acte posé par Idrissa Gueye, le célèbre milieu du PSG. Celui-ci était absent lors du match contre Montpellier. Fait qui aurait pu être des plus anodins s’il n’avait pas déjà brillé par son absence, il y a un an, à la même période. Pour certains, il ne s’agit en aucun cas d’une coïncidence, mais son absence s’expliquerait par ses convictions religieuses. Même si ces dires n’ont pas été confirmés par le principal intéressé, qui garde le silence jusqu’à présent, cet acte ne peut empêcher les questionnements, les débats dans une société occidentale qui se veut de plus en plus tolérante, respectueuse envers chacun quelles que soient son identité et son orientation sexuelle comme le disent si bien les banderoles dépliées sur les terrains : « Homos ou hétéros, on porte tous le même maillot ».

La FIFA, on ne la croit pas !

Dans le monde footballistique, ce fait en est un parmi bien d’autres, car le discours de la FIFA qui clame haut et fort depuis des mois que la prochaine Coupe du monde 2022, ayant lieu au Qatar, sera ouverte à tous peu importe l’orientation sexuelle, ne passe pas auprès de certaines associations LGBT qui y voient une simple stratégie de communication pour se dédouaner. En effet, celles-ci n’oublient pas que, dans le pays qui accueillera les meilleures équipes mondiales, l’homosexualité est strictement interdite et même passible de 7 ans de prison ! De plus, les résultats d’une enquête effectuée par trois médias scandinaves contredisent la politique inclusive de la FIFA : des hôtels refuseraient catégoriquement d’héberger des couples homosexuels, certains accepteraient tout en précisant qu’il ne faudrait pas afficher de comportement homosexuel. Nous sommes bien loin de la loi autorisant le mariage homosexuel…

Un avenir meilleur ?

Ces faits, qui sont au cœur de l’actualité, mettent en exergue le fait que le monde footballistique semble loin d’être progressiste, même si certaines initiatives voient peu à peu le jour, et que l’homophobie n’a pas encore été exclue définitivement des terrains. Il parait tellement complexe, dans le sport notamment, de sortir le carton rouge pour dire adieu au rejet de l’autre. Cette journée du 17 mai est primordiale pour nous ouvrir les yeux sur le fait que l’homophobie n’a pas encore disparu au profit du respect et de l’amour inconditionnel ! Même si le milieu du football est relativement masculin, nous avons peut-être justement un rôle à jouer en éduquant les futur(e)s joueurs/joueuses de demain !

Photo : Tim Bieler