#Rencontres | #Janette, toujours au fait

Janette rencontre Miriam Rosner : le fil d’une création poétique

par Elodie Lambion

19 janvier 2023

Créatrice de la 28e intervention « CeCiL’s Box by MONOGRAM », peu avant l’inauguration ce jeudi 19 janvier 2023, Miriam Rosner a levé le voile sur ce projet artistique inédit. Du parcours qui l’a menée à fonder MONOGRAM aux prémices de son oeuvre si symbolique en passant par les valeurs qui l’animent, avec humilité et générosité, elle a gentiment accepté de se confier.

  • Quel parcours vous a menée à la fondation de MONOGRAM en 2019 ?

J’ai été formée en communication visuelle à Paris. Ma carrière a débuté en 1995 chez Bizart à Luxembourg. Cette année-là, le Luxembourg était justement capitale européenne de la culture donc énormément d’expositions ont été organisées. Selon moi, 1995 a été une année charnière pour la vie culturelle au Luxembourg. Ensuite, en 2001, j’ai rejoint binsfeld en tant que graphiste avant d’y devenir, plus tard, directrice artistique. C’était un parcours très enrichissant : j’ai pu évoluer, avoir différents clients, travailler le branding, le design magazine, les livres, le packaging, oeuvrer pour diverses marques du secteur privé, public et les promouvoir. Cependant, j’ai eu envie de changement, j’ai donc travaillé durant deux saisons théâtrales aux Théâtres de la Ville de Luxembourg. C’était une voie, mais pas la mienne alors en 2019, j’ai fondé MONOGRAM. Dans mon métier, on ne fait jamais deux fois la même chose, il y a toujours un autre défi à relever. Je fais sans cesse de belles rencontres liées à des métiers différents. Il y a tout un monde intéressant autour de moi.

  • Les collages sont un peu devenus votre signature. Comment vous êtes-vous dirigée vers ceux-ci ?

En juin 2020, en pleine pandémie, j’ai participé à l’exposition « Design Decameron » organisée par le Cercle Cité. J’y ai présenté mon projet « Semper fortis  – a contemporary Toile de Jouy« . C’est pour cette création que j’ai commencé les collages comme ceux que je fais actuellement. Ceux-ci sont basés sur des illustrations du XIXe siècle. Par la suite, j’ai notamment créé des assiettes, des mugs, des bougies à partir des collages que j’imaginais. Cela a été le cas lors de ma collaboration avec Jean-Claude Lazard de Mobilier Bonn.

  • Où avez-vous puisé l’inspiration nécessaire à la création de cette 28e intervention « CeCiL’s Box by MONOGRAM » ?

En août dernier, alors que je me trouvais à Brooklyn – justement dans l’arrondissement de New York où le poète et musicien David Berman a vécu – j’ai été attirée par son livre « Actual Air ». Je l’ai ouvert et j’ai été interpellée par l’un de ses poèmes. Celui-ci m’a transportée dans un monde surréaliste. Lorsque le Cercle Cité m’a proposé de réaliser la 28e intervention « CeCiL’s Box », j’ai pensé à son poème, à son histoire personnelle, car ce créatif décédé en 2019 n’avait pas une vie facile, vivait une relation conflictuelle avec son père, Richard Berman, ancien lobbyiste qui travaillait en faveur des industries du tabac et des armes à feu. À partir de ses mots, des images, des illustrations me sont venues à l’esprit. À l’arrière-plan, j’ai donc créé un collage tandis qu’à l’avant-plan, j’ai placé une chemise d’homme blanche ensanglantée par les mots du poète qui sont brodés. J’ai laissé tomber les fils jusqu’au sol.

  • Votre création s’intitule « My Dream Walked On Four Legs – My Dream Pushes Air ». Que signifie ce titre ?

Il s’agit de la première et de la dernière phrase du poème de David Berman. Cette rencontre avec son livre, avec ses mots est vraiment le fruit du hasard, un peu comme un signe.

  • Pour ce projet « CeCiL’s Box », vous aviez carte blanche. Est-ce une difficulté pour vous de partir d’une page blanche ?

Généralement, je suis conditionnée par un client. J’essaie de tout mettre en oeuvre pour répondre à ses attentes. Or, en ayant carte blanche, cela m’a pris du temps de savoir précisément ce que j’allais faire, mais j’ai pris énormément de plaisir. J’ai exprimé quelque chose, j’ai partagé un monde nouveau, je suis sortie de ma zone de confort. Si l’occasion se présente à nouveau, je suis prête à réitérer cette expérience.

  • Comment vous sentez-vous à quelques heures de l’inauguration ?

Je me demande si cela va plaire. Ce qui est essentiel pour moi, c’est que chacun développe sa propre interprétation en fonction de son bagage, de son ressenti. Le QR code présent aidera à rentrer dans un univers sonore, celui de Claire Parsons qui a une voix exceptionnelle. Adorant les collaborations, je lui ai proposé de partager sa propre interprétation musicale du poème de David Berman. Son intervention sera présente prochainement sur les réseaux sociaux. Pour clôturer « CeCiL’s Box by MONOGRAM » le dimanche 30 avril 2023, elle réalisera un concert. Je suis impatiente de voir la résonance de son travail.

  • Dans quels autres projets pouvons-nous vous retrouver ?

J’en ai un lié à la scénographie en collaboration avec l’architecte d’intérieur Nathalie Jacoby, fondatrice de NJOY, pour la Schungfabrik à Tétange. Avec l’École d’Hôtellerie et de Tourisme du Luxembourg et une dream team, nous avons créé un livre relatif à la cuisine végane dont j’ai géré le stylisme des photos. J’ai testé toutes les recettes, car je dois être convaincue par ce que je fais lorsque je me lance dans un nouveau projet. L’année 2023 s’annonce excitante avec de nouvelles collaborations à venir.

Retrouvez la 28e intervention « CeCiL’s Box by MONOGRAM » intitulée « My Dream Walked On Four Legs – My Dream Pushes Air », imaginée par Miriam Rosner, du jeudi 19 janvier 2023 au dimanche 30 avril 2023 rue du Curé dans la capitale.

les derniers articles Rencontres

picto catégorie post
#Rencontres | #Janette, toujours au fait

Janette rencontre Antje Voss, directrice du LCTO

LIRE LA SUITE
picto catégorie post
#Rencontres | #Janette, toujours au fait

Janette rencontre Veda Bartringer, jazzwoman enjouée

LIRE LA SUITE
picto catégorie post
#Rencontres | #Janette, toujours au fait

Anne Goeres, directrice de la Fondatioun Kriibskrank Kanner 

LIRE LA SUITE
picto catégorie post
#Rencontres | #Janette, toujours au fait

Janette rencontre Flavie Rougier, de l’association What Water

LIRE LA SUITE