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« Quatuor d’automne »

par Charles Demoulin

30 octobre 2022

Ce roman au charme désuet, paru en français il y a de cela près de trente-cinq ans sous la signature de Barbara Pym, vient prendre place dans la collection ‘vintage’ de chez Belfond. Une description sans concession de la solitude et de la vieillesse illuminée, heureusement, par l’humour subtil de l’auteure.

Lire Barbara Pym, c’est découvrir l’œuvre d’une personne qui aime s’attacher à de petites choses et à des gens ordinaires. Par le biais d’une écriture qui n’appartient qu’à elle, et au moyen d’une plume tantôt grinçante, tantôt riante, parfois triste, parfois nostalgique, Barbara Pym, sans y paraître, dissèque nos petits travers et nos diverses faiblesses. Dans ce ’Quatuor d’automne’, c’est de cette route souvent caillouteuse qui mène à la vieillesse, qu’elle entend nous entretenir.

Mais qui compose ce fameux quatuor ? En fait, deux femmes et deux hommes, tous quatre célibataires. Il y a tout d’abord la candide Letty et l’étrange Marcia. Viennent ensuite Edwin, qui est veuf, et Norman, qui comme les autres a très peu d’amis. En fait, ce quatuor travaille depuis de très nombreuses années dans un même bureau londonien.

Si après quarante ans de cohabitation, ils gardent une certaine distance les uns envers les autres, s’ils ne mangent pas ensemble à l’heure de midi, s’ils ne se voient pas en dehors des heures de travail, il existe toutefois entre eux un lien bien plus fort qu’ils ne le pensent .

Aujourd’hui, arrivés tous à l’automne de leur vie, c’est l’heure de la retraite qui sonne pour Letty et Marcia. L’occasion pour leurs deux collègues de les inviter à déjeuner. Mais de quoi vont-ils bien pouvoir parler alors qu’ils ont vécu autant d’années ensemble sans jamais vraiment rien partager ? Mais aussi quand on a soi-même le sentiment d’être passé à côté de sa vie et qu’on prend soudain conscience que ces relations, qu’on pensait superficielles, étaient peut-être bien plus profondes qu’il n’y paraît.

Un roman sans rebondissements, sans vagues profondes, qui nous parle de petites gens bien ordinaires, des personnes du style métro, boulot, dodo. Si ce n’est, qu’ici, ils sont plus volontiers du genre boulot, église, bibliothèque. Un roman doux-amer, mais qui porte un regard unique et aiguisé, sur ce que peut parfois être, la banalité d’une vie quotidienne.

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