par Anne Fourney
30 janvier 2026
Il y a eu plusieurs Marianne, ou Marianne Faithfull a eu plusieurs vies. Icône du Swinging London, on connaît la voix douce de ses débuts avec As Tears Go By et celle, chaude et rauque de son dernier opus, Burning Moonlight, point final d’une carrière artistique d’une richesse extraordinaire. L’artiste britannique est morte il y a un an, le 30 janvier 2025.
Sa silhouette longiligne et sa voix douce marquent le rock dès 1964. Marianne Faithfull – son vrai nom – a 17 ans lorsqu’elle rencontre John Dunbar, un marchand d’art londonien du Swinging London. Il la présente à Andrew Loog Oldham, manager des Rolling Stones qui lui fait enregistrer son premier succès : As Tears Go By est l’une des premières chansons composées par Keith Richards et Mick Jagger ; les Stones, formés en 1962, n’avaient pas encore de répertoire. Le succès est immédiat, en Angleterre et aux Etats-Unis.
La belle blonde enchaîne les succès, fréquente la crème du rock et du folk. En 65, elle quitte Dunbar – dont elle a eu un fils, Nicholas – pour Mick Jagger. Elle se produit au théâtre et au cinéma, délaissant la chanson. Dans les années 70, après sa séparation de Mick Jagger, elle sombre dans les drogues, l’alcool et la dépression… Elle perd la garde de son fils, erre, sans domicile fixe, dans les rues de Soho, à Londres. Elle revient à la musique avec une voix fêlée, marquée par ses blessures profondes et rencontre son public avec la sortie de Broken English, en 1979.
Des bas-fonds à la renaissance
Tout en se battant contre ses démons, elle enchaîne les albums et fait évoluer son registre. Elle part aux Etats- Unis et reprend une cure de désintoxication en 1985 qui lui permet de refaire surface. Elle poursuit des collaborations artistiques riches et intenses, comme sa participation à un disque hommage au compositeur allemand Kurt Weill – Lost In The Stars. En 1987 sort Strange Weather, un album singulier aux inspirations music-hall.
Le mythe Marianne Faithfull s’est construit au gré de ces années de compositions ou collaborations musicales, théâtrales ou cinématographiques, confidentielles ou populaires, toujours avec un ancrage culturel ou intellectuel fort. Marianne Faithfull a aussi sa place dans le concert filmé de Roger Waters, en 1990 – The Wall Live In Berlin.
En couple avec le Français François Ravard, qui est aussi son manager, elle s’installe à Paris et revient au cinéma dans Intimité, de Patrice Chéreau, dans Marie-Antoinette de Sofia Coppola puis dans Irina Palm, de Sam Garbarski. L’actrice Sandrine Bonnaire lui consacre un documentaire, en 2018 : Marianne Faithfull, fleur d ’âme. Elle sort son dernier disque, Negative Capability, en 2018. Elle meurt le 30 janvier 2025 à Londres.
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