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“Le roman de Sissi”

par Charles Demoulin

21 juin 2020

Spécialiste de biographies dédiées à des femmes hors du commun, Élisabeth Reynaud, scénariste et romancière, dresse, aux ‘Éditions Le Rocher Poche’, un portrait réaliste et émouvant d’Élisabeth d’Autriche. Une femme moderne et fortement impliquée dans les réalités politiques de son époque. Une impératrice mieux connue sous le nom de Sissi.

Dans cet ouvrage, on est très loin de retrouver la Sissi qu’incarna avec brio, dans les films d’Ernst Marishka, la toute jeune Romy Schneider. En fait, derrière cette impératrice d’une incroyable beauté, derrière ce visage angélique d’une Sissi ayant bercé les rêves de nombreuses petites filles, se cachait une femme d’un incroyable modernisme.

Une esthète férue de poésie. Une passionnée d’équitation. Une écuyère remarquable en sauts d’obstacles, mais aussi particulièrement soucieuse de sa silhouette. Une véritable rebelle fascinée par les révolutions. Une femme remplie d’instruction et de bonté. Mais aussi une impératrice bien consciente de la fin prochaine de cet empire austro-hongrois. Une fin à laquelle elle n’assistera pas puisque, le 10 septembre 1898, elle était assassinée à Genève par un anarchiste italien. Si elle aimait la Hongrie, dont elle fut sacrée reine, elle haïssait la Cour de Vienne dont elle fuyait les fastes aux quatre coins de l’Europe.

Dans le portrait que dresse Élisabeth Reynaud de cette autre Élisabeth, la romancière révèle ce qu’était la véritable dimension de celle qu’on surnomma Sissi. Une femme qui ne craignit nullement d’offrir à son époux, l’empereur François-Joseph, une adorable maîtresse. Mais aussi une femme ravagée par la tristesse lorsqu’elle perdit son fils Rodolphe suicidé à l’âge de 31 ans. À travers les journaux intimes de ses dames d’honneur, de sa nièce, la comtesse Larisch von Wittelsbach, de son répétiteur grec et de sa fille Valérie, ressort ici le portait d’une Sissi méconnue. Une femme enterrée à Corfou, et qui n’était que grâce, fragilité, mais également une personne dotée d’une force peu commune.

Une âme exigeante et tourmentée, à l’humour ravageur, qui écrivit des pages étincelantes sur la folie, la cause des peuples, et, surtout, l’amour. Le plus fascinant étant celui qu’elle partagea avec son cousin, le roi Louis II de Bavière. Bref, une Sissi bien autre que celle des films de Marishka.

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