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La crise d’adolescence

par Claudine Boulanger-Pic

16 mai 2024

Les manifestations de l’adolescence sont différentes selon les cultures et les époques. C’est d’ailleurs l’une des difficultés qu’ont à affronter les parents : les écarts de leurs enfants sont différents de ceux qu’ils ont pu commettre « de leur temps » où, notamment, Internet et les portables n’existaient pas. Du fait de leur manque d’objectivité vis-à-vis de leurs enfants, il n’est pas facile pour des parents de discerner des comportements qui relèvent d’une adolescence normale ou d’autres, d’adolescents qui ont mal.

« Il faut rappeler qu’étymologiquement le mot « crise » n’a pas le sens négatif que nous lui attribuons. Il signifie moment critique, c’est-à-dire un moment décisif où l’on passe d’un état à un autre. », Xavier Pommereau

Un adulte en devenir

L’adolescence est la transition entre l’enfance et l’âge adulte. Compte tenu des divers changements qui se produisent dans l’organisme au niveau biologique, le jeune est également affecté psychologiquement. À ce moment de sa vie, les émotions sont ressenties avec une grande intensité face à un quelconque stimulus, il peut se sentir extrêmement heureux pour quelque chose de simple et d’anodin. Cela se passe de manière aussi intense que brève. L’adolescent peut osciller entre des états d’âmes opposés dans une même journée. 

Le fait est que ces changements physiologiques ne sont pas toujours en phase avec sa maturité psychologique (ex :il peut donner la vie mais il ne peut pas encore être père ou mère). 

Au cours de l’adolescence, la plupart des capacités sociales que le jeune révélera à l’âge adulte se développent. Il commence à acquérir ou élargir ses goûts pour la musique, la lecture, les activités récréatives, l’attirance sexuelle envers les autres, etc. 

Entre 13 et 17 ans en moyenne, l’enfant se met à exister en tant que lui-même et non plus en tant que « produit » de ses parents. Pour s’affirmer et en être autonome, il se sépare d’eux et veut trancher avec toutes leurs postures. Prendre le contre-pied de ses parents suscite forcément des conflits

Le rôle du parent d’ado

Xavier Pommereau met en garde sur la distinction indispensable à faire entre la crise d’ado classique et l’adolescent en crise. Même si cela ne concerne que 15 % des jeunes, il est important pour des parents de faire la différence entre des écarts de conduite, certes agaçants mais normaux, et des conduites de rupture : fugues, insultes, scarifications, tentatives de suicide, plus inquiétantes. Chez certains adolescents, cette crise est perceptible, jusqu’à leur esthétique, alors que chez d’autres, on la remarque à peine. Ils ne sont pas tous pareils. Rappelez-vous qu’à cette étape, votre enfant commence à construire son identité en tant qu’adulte.  

Contrairement à l’enfant, l’ado apprend les conséquences de ses actes. Les changements entraînent chez lui une immense insécurité quant à la possibilité de vivre un rejet social à ce moment-là. Par exemple, le surpoids peut provoquer des sentiments d’infériorité, d’angoisse et de tristesse qui peuvent mener à une crise d’identité.

En tant que parents, encourager l’estime de soi, l’amour propre et l’affirmation de soi chez nos enfants leur permettra de prendre des décisions qui ne seront pas dominées par les modes et les groupes sociaux. Elles peuvent sembler étranges aux yeux des adultes mais il n’y a pas de quoi s’alarmer ou lui faire des reproches pour tout.

L’émergence d’un goût pour un type de musique est le meilleur exemple qui fait que beaucoup d’adolescents adoptent rapidement un nouveau code vestimentaire.

Notre jeune peut démontrer une grande variété d’intérêts sur des sujets sérieux ou anecdotiques, s’engager pour une cause sociale, comme le respect des animaux, ou alors manifester des opinions politiques controversées. C’est normal pour un adolescent qui se trouve en pleine recherche d’identité.

C’est pourquoi, l’éducation et la discipline ne doivent pas être prises à la légère à ce moment et peuvent entraîner chez l’adolescent une certaine résistance à l’idée de mûrir, créer aussi l’angoisse de ne pas pouvoir retourner à un état du passé dans lequel il se sentait plus aimé et protégé par ses parents.

N’oubliez pas que la crise d’identité est un processus d’adaptation. Il ne s’agit pas de les punir mais plutôt de les aider à s’adapter correctement aux principes fondamentaux de la discipline, de l’hygiène, de l’effort scolaire, du respect et des autres caractéristiques qui sont généralement souhaitables pour la vie adulte.

En tant que parents, nous devons garder à l’esprit que nous sommes le principal modèle à suivre pour nos enfants. Remplir ce rôle est donc vital pour générer une homéostasie à la maison.

Il convient surtout de ne pas dramatiser les conflits même si deux facteurs contribuent à les rendre plus aigus : nous sommes dans une société très individualiste, où chacun est renvoyé à ses propres responsabilités, sans pouvoir s’appuyer sur le soutien des autres. Ce qui était autrefois partagé avec les grands-parents, les oncles, les tantes, ne peut plus l’être dans des familles où chacun, à cause de la distance géographique ou de liens plus distendus, ne s’occupe que de soi. Les parents supportent seuls tout le poids de l’éducation des jeunes, alors qu’il leur est impossible d’être objectifs sur leurs propres enfants. Ensuite, les rites de passage, qui existent encore dans les sociétés traditionnelles, ont disparu chez nous, alors qu’ils sont structurants. La société actuelle ne propose que des rites de consommation : le tabac, l’alcool …

Le passage de l’adolescence peut être vécu de manière très positive par les parents à condition qu’ils acceptent que leurs enfants apprennent à voler de leurs propres ailes vers l’avenir qu’ils se seront fixé eux-mêmes. L’adolescence est un âge souvent difficile à vivre pour l’enfant lui-même, mais aussi pour ses parents. Pourtant cette étape de vie peut être bien vécue par tout le monde, à une condition importante : porter sur son ados un regard positif, même s’il exaspère, reconnaître ses potentialités, sans les restreindre à ses résultats scolaires. 

Non, la crise d’adolescence n’est pas nécessairement dramatique ! 

Lâchez prise les parents, acceptez – c’est difficile – que vos enfants ne vous appartiennent pas. 

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