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« C’est lui le chouchou ! », mythe ou réalité de l’enfant préféré

par Sophie Caruelle

5 avril 2022

« Tu l’aimes plus que moi ! », « C’est lui le chouchou ! », « C’est toujours ma faute ! »… Combien de parents ont entendu ces douces ritournelles ? Rivalité infondée ou induite par nos comportements ? Découvrons comment réagir pour rassurer nos enfants sur la place unique qu’ils occupent.

Préférer l’un de ses enfants serait honteux, inconcevable, inadmissible. Telle est la version ferme et sévère proposée par notre société. Bercés par une norme sociale idéalisant un modèle familial ou l’égalité et la justice règnent, les parents doivent partager leur amour et leur temps de façon équitable. La rivalité entre frères et sœurs se développerait donc sur un sentiment infondé de jalousie, une impression erronée que l’autre est plus aimé que soi.

La réalité est pourtant plus nuancée. Dans son livre L’enfant préféré, chance ou fardeau, la psychologue clinicienne et sociologue Catherine Sellenet révèle que 80 % des parents qu’elle a interrogé au cours d’une cinquantaine d’entretiens ont une préférence pour l’un de leurs enfants (1). Pourtant, « beaucoup n’osent pas le dire, ni même l’entendre ».

D’où vient la préférence ?

Les relations humaines sont complexes et la préférence va souvent à l’identique, aux personnes qui nous ressemblent. Dans un contexte familial, « l’enfant préféré » pourra être celui duquel on se sent le plus proche, d’un point de vue physique, psychique ou comportemental. Il s’agit du rejeton qui possède nos traits de caractères, qui partage nos centres d’intérêts, ou dont le visage est notre miroir.

Identifier le reflet de soi dans l’autre ne serait cependant qu’un élément parmi d’autres. Le « choix » parental peut inconsciemment se porter sur l’enfant qui incarne nos rêves : celui qui réussit le mieux à l’école, une fille tant attendue après avoir mis au monde 3 garçons, l’enfant au caractère le plus doux et facile, etc.

L’enfant préféré peut être celui qui nous a fait devenir parent (l’aîné) ou, au contraire, celui qui prolongera nos instants de parentalité (le petit dernier). Tous les évènements exceptionnels et uniques de la grossesse, de la naissance ou du début de vie influencent également la relation parent-enfant.

Une question d’affinités donc, mais aussi d’histoire, de parcours, et de liens tissés à travers le temps.

La perception des enfants

Se sentir plus proche d’un enfant que d’un autre ne signifie pas que l’on manque d’amour pour le reste de la fratrie. Cependant, certains de nos comportements (se manifestant souvent de façon inconsciente) sont perçus par nos bambins comme de véritables signes de préférence : une plus grande proximité physique avec l’un d’eux, plus de câlins, un surnom affectueux, davantage de temps consacré le soir au coucher, plus de tolérance envers ses faux pas, des louanges récurrentes…

Ce favoritisme, aussi minime et anodin puisse-t-il nous paraître, est immédiatement décelé par nos chers petits. Dès lors, le « chouchou » de la tribu est désigné, et toutes les attitudes parentales positives à son égard confortent son statut.

Être le chouchou, une chance ?

Si les démonstrations d’affection envers le « chouchou » construisent une solide estime de lui-même, elles induisent également pour le préféré la peur de décevoir. L’enfant pourra alors être amené à agir de façon à répondre aux attentes de ses parents, renonçant à la possibilité de faire ses propres choix.

Les autres enfants pourront quant à eux se sentir blessés par les privilèges et l’intérêt octroyés au préféré. Parfois, de simples chamailleries attribuées à la jalousie de l’enfance se transformeront en ressentiment une fois adultes.

Rétablir l’équilibre

L’amour égalitaire n’existe pas, et tant qu’aucun enfant n’est mis à l’écart, il est tout à fait possible et normal d’aimer de façon différente. Le lien avec chaque enfant est unique et évolue tout au long de la vie. C’est à nous, parents, d’identifier ce qui compte pour chacun de nos bambins, de répondre à leurs besoins singuliers, et ainsi de désamorcer cette sensation d’injustice.

Prendre conscience du favoritisme est un premier pas décisif pour rétablir l’équilibre. Les parents ayant eux-mêmes souffert enfants de la préférence d’un de leurs géniteurs sont souvent plus à même de veiller à ne pas reproduire ce schéma.

De l’égalité à l’équité

Vouloir donner le même amour à l’un et à l’autre est illusoire et voué à l’échec. Les enfants sont différents, n’ont ni les mêmes envies, ni les mêmes besoins. Dans Frères et sœurs sans rivalité, Adele Faber et Elaine Mazlish expliquent : « Au lieu de proclamer que vous les aimez tous de la même façon, montrez à vos enfants comment vous aimez chacun de façon unique (2) ». Un enfant reconnu et valorisé pour lui-même, pour son identité propre, se sent à sa place dans sa famille.

Quelques conseils pour traduire concrètement cette approche au quotidien :

– Identifiez et reconnaissez les qualités de chaque enfant, valorisez ce qui les rend uniques.

– Ne comparez pas vos enfants.

– Prenez le temps de comprendre ce qui est important et ce qui compte pour chacun d’eux.

– Passez un moment privilégié avec chaque enfant chaque jour.

– Identifiez le favoritisme et soyez à l’écoute de vos enfants sur ce sujet.

(1) Catherine Sellenet, Claudine Paque, L’enfant préféré, chance ou fardeau, 2013

(2) Adele Faber et Elaine Mazlish, Frères et sœurs sans rivalité, 2013

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