par Charles Demoulin
18 octobre 2026
C’est en 1978 que Serge Lama sortait cette chanson qui allait très rapidement inonder les stations de radio. Aujourd’hui, Janette s’est souvenue de ce tube et a choisi de vous présenter des ouvrages où la femme occupe le rôle principal, ou même que ce mot ‘femme’ soit présent dans le titre. Bonne lecture, mesdames !
‘La femme de l’écrivain’ de Florencia Etcheves chez City
Seule et malade, Maria vit ses dernières semaines. Veuve depuis des années, elle entretient la mémoire de l’homme de sa vie, le légendaire écrivain Jorge Luis Borges. Toute son existence s’est déroulée dans l’ombre du célèbre artiste, à veiller sur lui.
Un jour, le destin place sur sa route Ceferino, un jeune délinquant qui tente de la cambrioler. Maria choisit de ne pas le livrer à la police, mais en échange de son silence, elle lui impose un marché : il devra l’accompagner dans une quête à travers Buenos Aires, dans le sillage de son défunt mari.
Peu à peu, alors que les souvenirs d’un amour infini remontent à la surface, un lien improbable se tisse entre la vieille femme et le gamin des bidonvilles. En l’initiant à la beauté de la poésie, elle va lui offrir le plus grand des trésors : l’amour des mots et des livres. La clé de la liberté.
Inspiré d’une histoire vraie, ce roman d’apprentissage et de transmission mêle la mélancolie d’un amour perdu aux soubresauts de la réalité argentine. L’occasion pour Florencia Etcheves de poursuivre sa mise en lumière des figures de femmes de l’ombre liées à des destins hors du commun.
‘La femme effacée’, de Sidonie Bonnec chez Albin Michel
Candice suffoque dans un Paris submergé par une pluie incessante qui l’oblige à rester enfermée chez elle. Sa fille de cinq ans se réveille chaque nuit en hurlant. Un cri rauque et douloureux dont aucun médecin ne parvient à expliquer la raison. Et puis, cette sensation d’être épiée dans ses moindres gestes.
Quand elle découvre une étrange inscription gravée sur le mur de sa cave, elle y voit l’empreinte d’un lointain passé qui n’a pas tout dit. En cherchant à percer son origine, Candice bascule dans une histoire plus que terrifiante : celle d’une femme qu’on a voulu effacer.
Entre folie, manipulation, et cette vengeance qui défie le temps, ‘La Femme effacée’, dont l’auteure n’est autre que Sidonie Bonnec, celle-là même qui nous a régalé avec ‘La fille au pair’, plonge le lecteur dans une spirale oppressante où les fantômes d’hier hantent les vivants d’aujourd’hui.
Des chapitres courts, parfois même très courts, permettent d’offrir une intensité de rythme à ce thriller psychologique écrit de la main de Sidonie Bonnec. Avec ce nouveau titre, elle nous offre un agréable moment de lecture.
‘Élisabeth née pour être reine des Belges’, d’Amélie Schildt chez Kennes
Depuis sa naissance, Élisabeth évolue sous les regards. Pourtant, la future première reine régnante des Belges conserve une part importante de mystère. À bientôt vingt-cinq ans, elle avance entre les exigences d’une fonction préparée depuis l’enfance et les aspirations d’une jeune femme de sa génération.
Dans ce qui est le premier ouvrage entièrement consacré à la princesse héritière, Amélie Schildt raconte cette construction progressive : celle d’une future souveraine, mais aussi celle d’une identité propre.
On connaît Élisabeth héritière du trône. On connaît moins la jeune femme qui se construit derrière la fonction. À bientôt 25 ans, Élisabeth appartient à une génération pour laquelle les questions de liberté, d’identité et d’accomplissement personnel occupent une place centrale. À une différence près : son avenir à elle est inscrit dans l’histoire du pays depuis sa naissance.
En suivant son parcours, sa formation et son entrée progressive dans la vie publique, Amélie Schildt raconte moins une couronne qu’un apprentissage : celui d’une jeune femme qui doit faire sien un destin reçu en héritage, et trouver l’équilibre entre ce qu’on attend d’elle et celle qu’elle souhaite devenir. À travers son parcours, c’est aussi le portrait d’une nouvelle génération de femmes appelées à incarner le pouvoir qui se dessine.
Journaliste à RTL Info, Amélie Schildt s’appuie ici sur nombre de témoignages qui vont nous permettre de rencontrer une Élisabeth évoluant plus volontiers… côté jardin.
‘Déclaration d’indépendance’, de Sophie Riche chez Eyrolles
Chloé file l’amour (peut-être pas le parfait, mais l’amour en tout cas) avec Maxence, son copain depuis six ans. Et puis, un matin, il la largue alors qu’elle écoute la radio, nue comme un ver. Ce qui provoque une blessure supplémentaire dans sa confiance en elle déjà vacillante.
Pour couronner le tout, Ben, son patron qu’elle a longtemps considéré comme un grand frère, la traite avec une dureté croissante. « Si chacune de mes
employées posait des jours quand elle se fait lourder par un mec, le business irait mal », déclare-t-il lorsqu’elle lui demande un congé pour cœur brisé.
Le lendemain du drame, tandis qu’elle achète son petit déjeuner à la supérette, Chloé est frappée par une révélation : il y a peut-être quelque chose à faire de cette rupture. Elle photographie son panier, et après avoir réglé ses achats, rentre chez elle pour créer un nouveau compte Instagram et TikTok : ‘La Méthode’ pour se remettre en six mois d’une rupture.
C’est le début d’une odyssée à la fois intérieure (un peu), médiatique (parfois), chaotique (surtout), thérapeutique (plus par accident qu’autre chose, mais tout de même) et surtout, révolutionnaire.
Un grand chambardement du cœur, du corps, de son rapport au travail et à l’amitié et du regard qu’elle porte sur les choses et sur elle-même. Ce n’est pas encore la liberté, mais ça y ressemble. À défaut de la moindre certitude, une déclaration d’indépendance.
Premier roman de Sophie Riche, ce récit, porté par une plume trempée dans une encre qui mêle à foison humour caustique et tendresse aux réalités en tous genres que connaissent les femmes d’aujourd’hui, est un véritable petit régal pour vous, mesdames !
‘Alice Guy, la première femme cinéaste de l’histoire’, d’Emmanuelle Gaume chez Plon
Comment Alice Guy, enfant illégitime et métisse, rejetée par son père, élevée entre le Chili, la Suisse et la France est-elle devenue, à l’aube du XXe siècle, dans l’effervescence du cinéma naissant et dans un monde d’hommes, la première cinéaste au monde ?
Comment la petite Française a-t-elle conquis les États-Unis qui, fascinés par cette self-made-woman, réalisatrice de génie, productrice puissante, belle comme une actrice de Broadway, femme de tête et amoureuse exaltée, ont fait d’elle une star ?
Pourquoi son nom est-il tombé dans l’oubli ? Des failles de son enfance à sa passion unique et dévastatrice, de la création des studios Gaumont à la conquête d’Hollywood, de l’ambition à l’isolement, le destin d’Alice Guy ressemble à un roman.
C’est ce roman qu’Emmanuelle Gaume nous livre, peignant le portrait tendre et fascinant d’une femme ardente et visionnaire. Un roman aussi instructif qu’agréable à lire, et qui nous fait découvrir non seulement cette femme méconnue, mais aussi ce qu’était le cinéma à ses débuts.
‘La Petite Bibliothèque des secondes chances’, de Nathalie Somers aux Presses de la Cité
Quand Victorine, sexagénaire au grand cœur, se voit confier un bibliobus poussiéreux, elle se sent investie d’une mission sacrée : faire rêver, redonner espoir, semer de la joie là où la solitude a fait son nid.
Au cœur du Beaujolais, elle sillonne les routes avec son minibus customisé et ses livres qui débordent de couleurs. Elle croise bientôt un vigneron qui élève seul son petit garçon, une doctorante timide en quête de sens. Une femme de ménage au grand courage… et un vieil homme renfermé, farouche adversaire du bibliobus, dont l’âme n’attend pourtant qu’une étincelle pour se rouvrir au monde.
Avec quelques cookies, des histoires, des maladresses et beaucoup d’humanité, Victorine devient le moteur d’une petite révolution silencieuse : celle des liens qui se tissent, des blessures qui se pansent, des secondes chances qui s’inventent.
Un roman plein de charme sur le pouvoir des livres, l’entraide, et la magie des rencontres qui changent tout. Un roman qui vient de recevoir le Prix Jean Anglade 2026 et qui est préfacé par Jérôme Attal. Un livre qui vous permettra de mettre un plein de ‘petits bonheurs journaliers’ dans cette période difficile que nous traversons depuis un certain moment.
‘L’homme sans ombre’, de Joyce Carol Oates chez Philippe Rey
Tout d’abord une précision. Je vous ai dit que ce voyage littéraire ne prenait que des femmes à son bord. Or, le premier nom que propose ce titre est… ‘L’homme’. Sauf que je vous invite à tourner rapidement les pages de ce roman passionnant dans lequel vous tomberez rapidement sur Margot Sharpe, l’héroïne de cet ouvrage, et qui va vivre une incroyable aventure aux côtés d’Elihu Hoopes… l’homme sans ombre.
Institut de neurologie de Darven Park, Philadelphie, 1965. Une jeune chercheuse, Margot Sharpe, accueille un nouveau patient, Elihu Hoopes, qui sera connu plus tard comme E. H., le plus fameux amnésique de l’histoire. Car cet homme élégant de trente-sept ans a été victime d’une infection qui ne lui laisse qu’une mémoire immédiate de soixante-dix secondes.
Au cours des années suivantes, Margot, séduite et attendrie, tente de comprendre et débloquer les souvenirs figés de E. H., et surtout l’image obsédante d’une fille morte flottant dans l’eau.
Tandis que la surveille le tout-puissant Dr Ferris, directeur du laboratoire, Margot devra veiller à ne pas se perdre elle-même. Tiraillée entre son ambition professionnelle, son désir sexuel et son éthique médicale, elle fouille avec un incroyable acharnement le passé de E. H.
Leur relation devient plus complexe et même plus violente, alors que la fragilité de l’homme augmente avec le temps. Que peut être l’identité d’un être sans sa mémoire ?
La fascination de Joyce Carol Oates pour les neurosciences éclaire ce roman ambitieux. Elle place le lecteur dans l’intimité de la relation entre Margot et Elihu, relation d’autant plus passionnante qu’elle est interdite.
Un roman fascinant sur l’amour impossible entre un amnésique et la chercheuse qui le soigne. Un récit qui vous tiendra en haleine jusqu’à un dénouement. Attendu ou inattendu ?
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