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Quelques instants de lecture

par Charles Demoulin

7 juin 2026

Vous avez envie de vous distraire, mais vous n’avez nulle envie de sortir de votre appart ou de votre maison ? Solution très simple : s’installer dans un fauteuil et lire un bon livre. Vous voulez quelques bons titres ? Voici pour vous !

‘Ma voisine’, de LynDee Walker aux Escales

Ma voisine ? Une mère idéale. Une épouse irréprochable. La perfection incarnée. Enfin… C’est ce que je croyais. Cinq enfants modèles, du pain fait maison qui cuit au four tous les matins, un vrai mariage d’amour avec son petit ami du lycée : ma voisine est la parfaite femme au foyer. Alors pourquoi est-elle si froide avec moi ? Pourquoi ses enfants ne vont-ils pas à l’école ? Pourquoi la famille ne se rend-elle jamais en ville ?

Ma voisine cache quelque chose. Moi aussi. Dans la lignée de Sophie Stava et Freida McFadden, retrouvez le nouveau suspense domestique best-seller aux États-Unis qui a conquis plus de 100 000 lecteurs ! Ce page-turner captivant et addictif multiplie les retournements de situation et se penche sur un fascinant sujet d’actualité : les tradwives.

Le genre de thriller domestique, style huis clos, dont on devient d’emblée addic, au point de ne plus vouloir le lâcher. C’est vrai qu’on s’attache très vite à Meg et à Ainsley, à leur amitié naissante et à l’évolution de celle-ci dernière au fil des années qui passent. Mais n’oublions pas qu’à travers tout cela, il y a des secrets…

Une histoire originale. Un véritable coup de foudre que ce thriller que signe LynDee Walker, une auteure que je découvre et que je vais suivre.

‘Les couturiers de l’âme’, de Stéphanie Coppé chez Academia

Ce récit pourrait s’apparenter à un conte par son caractère extraordinaire. Il n’en est rien : il s’agit d’une histoire vraie.

Dans les années 1970, un jeune médecin, brisé par un choc émotionnel, fuit son quotidien en quête d’un apaisement intérieur. Commence alors, pour lui, un voyage à la fois géographique et intime.

D’abord guidé par un mirage, s’ensuivent des rencontres inattendues et déterminantes qui surgissent sur sa route : un homme qui le fait passer de pays en pays, un prince qui détourne sa trajectoire, une grande dame pour qui les mots comptent peu, un moine capable de se taire durant sept mois, sans oublier cet étrange compagnon, semblable à une ombre, qui marche longtemps dans ses pas. De rencontre en rencontre, son esprit cartésien et ses certitudes sont ébranlés.

Une histoire où les miracles sont possibles et où traverser des frontières ne signifie pas conquérir ou posséder, mais apprendre, s’enrichir et se transformer.

Un ouvrage qui apaise, et dans lequel on s’immerge en prenant la place du personnage central. Ne reste plus alors qu’à se laisser porter par la vague. Et c’est tellement bon !

‘Les couturiers de l’âme’, de Stéphanie Coppé chez Academia

‘Crush’, de Momo Yamaguchi chez Actes Sud

24 ans, célibataire, en CDI; Mika étouffe dans la vie confortable et solitaire qu’elle s’est construite. Dans le bureau vitré en périphérie de Tokyo qui lui vole ses journées, elle attend qu’il se passe quelque chose.

Acerbe, brillante et seule, elle n’a jamais touché aucun homme et ses soirées trop sages débordent de fantasmes d’amour, de sexe et de revanche. Mais dans cette société japonaise standardisée, centrée autour de la vie de bureau, les hommes ne la regardent pas.

Alors un été, elle franchit le cap : elle démissionne et écrit à un jeune Américain croisé sur la plage : crush instantané. Au fil des kilomètres de messages et des nuits sans sommeil, elle découvre l’amour avec un très petit ‘a’ : des hommes vaguement indisponibles, pas exactement aimants, sexuellement approximatifs.

Elle a lu les livres, elle a vu les films romantiques, et ce qui aurait dû être la vie devient une série de clichés obsessionnels qui finissent par s’écrouler.

‘Crush’, c’est la déconstruction des mythologies de l’amour, un effondrement nécessaire et salutaire pour enfin retrouver espoir.

Avec une franchise désarmante, la Japonaise Momo Yamaguchi retrace l’itinéraire d’une femme qui ose enfin explorer ses désirs, en se dégageant de ceux que les hommes ont plaqués sur elle.

Au-delà d’une écriture très ‘visualisante’ et des dialogues percutants, des qualificatifs en tout genre ne manquent pas pour décrire ce roman à l’humour piquant qu’on réservera toutefois à un public plus adulte. 

‘Crush’, de Momo Yamaguchi chez Actes Sud

La notaire’, d’Ingrid Glowacki chez Albin Michel

Perspicace, hypersensible, un brin décalée, Anna, notaire, sait d’expérience qu’héritage rime souvent avec carnage. Les héritiers qui font appel à ses services ignorent en revanche qu’au-delà des clauses testamentaires, Anna perce leurs secrets, tous leurs secrets.

Un vieux château au fin fond du Morvan, un intendant sinistre, une comtesse privée de droits et, bientôt, un meurtre : Ingrid Glowacki abat ses cartes. À vous de jouer.

Avec ‘La Notaire’, Ingrid Glowacki inaugure une série à suspense aussi singulière que troublante. Loin des codes traditionnels du polar, ce premier opus explore un territoire rarement investi par la fiction : le notariat, lieu de toutes les transmissions, de tous les secrets, et de toutes les violences feutrées.

Au centre du récit, Anna, notaire bipolaire à la lucidité redoutable, avance sur un fil tendu entre rigueur professionnelle et tempête intérieure. Un roman de tension psychologique, clinique et implacable, où le danger se dissimule derrière les apparences respectables et où le drame s’annonce bien avant de se nommer.

La plume efficace et passionnante d’Ingrid Glowacki, dotée qui plus est d’un certain humour, laisse augurer des lendemains qui chantent à ce qu’on nous explique être une série. 

‘Là où l’horizon commence’, d’Amélie Biordi en autoédition chez Amazon

Après ‘Fuir la Solitude’, son premier roman en cours de réédition chez Amazon, roman publié sous son pseudonyme Ameryllis Gallou, Amélie Biordi, avec ‘Là où l’horizon commence’, explore avec sobriété les tensions familiales, la quête d’identité et les rêves confrontés à la réalité. Son écriture porte un regard tendre et lucide sur les liens entre les êtres, et cherche à créer un attachement durable entre le lecteur et les personnages. 

Great Falls, 1989. À onze ans, Moon, orphelin de père et élevé par une mère indifférente à son existence, quitte sa ville natale de Great Falls et sa meilleure amie Maddie.

Il part seul sur les routes de Caroline du Sud, obsédé par une idée fixe : rejoindre Myrtle Beach. Une photo de sa mère prise en 1976 dans la station balnéaire résonne comme le témoin fragile d’un bonheur possible. 

Mais un drame survient en l’absence de Moon et bouleverse le cours de son voyage.

Ce roman poignant, émouvant et tendre qui plus est nous fait voyager, est conté par une plume d’une rare profondeur qui s’attache à aborder des thèmes aussi fort que celui de la vraie amitié et du manque d’amour.

‘Là où l’horizon commence’, d’Amélie Biordi en autoédition chez Amazon

‘Malart’, d’Aro Sáinz de la Maza chez Babel noir

À quelques milles des côtes barcelonaises, un yacht dérive sans équipage. Il traîne à sa poupe deux filins auxquels sont accrochés les cadavres de ses propriétaires.

À la ville, un couple d’entrepreneurs, membres de la jet-set locale; en privé, deux psychopathes à la perversité sans bornes qui hantent les nuits de l’inspecteur Malart.

Inculpés puis relaxés à la faveur de preuves falsifiées, ils le plongent, lui qui les traque depuis des années à l’insu de sa hiérarchie, dans une véritable névrose obsessionnelle. Or le bateau est saturé de l’ADN de l’inspecteur qui, opportunément, reste introuvable.

Ses coéquipiers ont alors moins de soixante-douze heures pour mettre la main sur le policier le plus indigné d’Espagne, et rétablir une vérité que certains voudraient taire.

Ce quatrième volet des enquêtes de l’inspecteur Milo Malart est sans nul doute le plus surprenant puisque, cette fois, c’est notre inspecteur fétiche lui-même qui est le principal suspect. Un scénario peu habituel il est vrai, et pour lequel Aro Sáinz de la Maza s’en tire à merveille.

L’occasion pour lui de s’attaquer à la corruption policière, mais également de démontrer l’acharnement mis par l’équipe pour découvrir la vérité.

‘Malart’, d’Aro Sáinz de la Maza chez Babel noir

‘J’ai tué le professeur’, de Mina Sakurai chez Belfond noir

Tandis que les élèves d’un lycée sont rassemblés dans la cour, Jun Okusawa, professeur de 27 ans, se jette du haut du bâtiment et s’écrase sous leurs yeux.

Choc, sidération. Comment le prof le plus populaire de cet établissement prestigieux a-t-il pu en arriver là ? Et que signifie cette phrase découverte sur le tableau de sa classe : « C’est moi qui ai tué le professeur » ?

Cette mort a-t-elle un lien avec la vidéo diffusée sur les réseaux peu avant, montrant Okusawa étreignant une mystérieuse lycéenne ?

Au rythme d’une narration chorale se dessine le portrait d’Okusawa et d’un système scolaire à la férocité terrifiante. Entre cabales des élèves, pression des parents et du corps enseignant, le roman dépeint une société où le culte de la réussite personnelle crée des monstres.

Un thriller psychologique captivant et très sombre sur la corruption, le harcèlement, le suicide, réseaux sociaux qui rongent les écoles privées japonaises.

Une incroyable découverte que cet ouvrage qui laissera des traces profondes au cœur de tout qui le lira, puisqu’il interroge sur notre rapport à la jeunesse d’aujourd’hui et à tout ce à quoi elle se trouve confrontée.

‘J’ai tué le professeur’, de Mina Sakurai chez Belfond noir

‘Selon Barbara’, de Sophie Astrabie chez Flammarion

En 1976, une nuit d’été à Marseille, une série de gestes minuscules déplace silencieusement des vies entières. Barbara traverse alors un drame.

Sa sœur, Nathalie, âgée de 15 ans, n’a pas les armes pour tout comprendre. Trente ans plus tard, devenue chroniqueuse judiciaire, elle tente de saisir ce qui, dans l’histoire de sa sœur, résiste encore à la logique. Pourquoi l’affaire la concernant n’a-t-elle jamais été résolue ?

Il y a des archives incomplètes, un journal destiné à ne jamais être lu, une île battue par les vents, et cette impression persistante que le hasard n’explique pas tout.

Entre maternité et renoncement, vérité et protection, ce roman explore ces instants où des décisions presque invisibles un mensonge, une omission, un réveil en pleine nuit deviennent le point de bascule d’une existence. Car parfois, ce ne sont pas les grandes tempêtes qui bouleversent le monde, mais les plus infimes variations.

À travers une affaire criminelle, Sophie Astrabie nous livre une  intrigue profondément humaine, dense et sensible tout à la fois. Quant aux sujets abordés en ce milieu des années 1970, on va s’apercevoir qu’ils sont toujours d’actualité aujourd’hui. 

‘Selon Barbara’, de Sophie Astrabie chez Flammarion

‘La conquête de l’ordinaire’,  de Jérémy Sebbane chez Mazarine

Dans ‘La conquête de l’ordinaire’, le narrateur n’est pas Nathan, mais l’ours en peluche qui l’accompagne depuis l’enfance et qui n’a jamais quitté sa chambre.

Témoin silencieux de son intimité, ce nounours observe les peurs de Nathan, ses premières émotions, ses amours et ses failles.

À travers ce regard singulier, le roman raconte ce qui se joue loin des regards : les doutes, les désirs, et tout ce que l’on ne dit jamais. 

De l’enfance à l’âge adulte, Nathan traverse les étapes d’une construction fragile : apprendre à aimer, trouver sa place, affronter le regard des autres. Amitiés, premières relations, blessures intimes et quête d’identité composent le parcours d’un personnage en décalage, qui cherche à concilier ce qu’il est avec ce que le monde attend de lui.

En donnant la parole à un objet chargé d’affection, Jérémy Sebbane propose une autre manière de raconter l’intime. ‘La conquête de l’ordinaire’ explore ce qui reste d’une vie : les souvenirs, les émotions fondatrices et les liens invisibles qui nous accompagnent.

Un récit sensible qui finalement fait énormément du bien, et dans lequel l’auteur explore, tout en finesse, ce passage à l’âge adulte et sur ce qui, en chacun de nous, ne disparaît jamais.

‘La conquête de l’ordinaire’,  de Jérémy Sebbane chez Mazarine

‘La veuve’, de José Saramago chez Seuil

Au début duXXe siècle, dans un petit village du Portugal, une femme de trente ans, mère de deux jeunes enfants, perd subitement son mari. Si elle chasse sa mélancolie en s’occupant du domaine agricole familial, elle tombe dans les affres du désir et cède, un court instant, aux avances de son beau-frère.

Le regard accusateur de sa fidèle domestique la plonge dans un enfer de culpabilité et de remords. Tensions, crises de nerfs, incompréhensions rythment les journées, heureusement ponctuées des rires des enfants et de leurs promenades dans les champs écrasés de soleil. Jusqu’à une demande en mariage inattendue.

Pour ses premiers faits d’armes, à seulement vingt-quatre ans, José Saramago signait un texte remarquablement abouti, lumineux, marqué par une atmosphère enveloppante et hors du temps qui tient à la beauté des paysages et à la légèreté du monde de l’enfance.

Derrière le charme suranné de son premier roman inédit en France, pointent déjà le style du grand Saramago et les thématiques qui lui seront chères.

‘La veuve’, de José Saramago chez Seuil

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