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13 livres à la douzaine pour les 12 coups de l’an neuf

par Charles Demoulin

22 décembre 2022

Le 31 décembre, chez nombre de personnes, c’est souvent la panique. On a oublié le cadeau de Caroline ou celui d’André. Pas de panique ! Dans ce cas-là, un livre est toujours idée bienvenue. D’autant que la personne à qui vous l’offrirez peut, si le titre ne lui convient pas ou s’il fait doublon, l’échanger chez le libraire. Autre petite idée : vous pouvez aussi vous l’offrir ! Mais, pour vous aider à ne pas vous dissiper à travers les rayons, voici quelques ouvrages aux genres totalement différents, qui pourraient aiguiller votre choix.

« La poésie des marchés », à situation irrationnelle, solution irrationnelle.

Cours du dollar, marché du gaz, prix du baril… Lucie, analyste financière chez Vega Energie, maîtrise avec panache le haïku et la volatilité des marchés. Mais quand le monde menace de s’effondrer, peut-on se contenter de remplir des tableaux Excel ? Alors, pour donner du sens à ce qui n’en a pas, Lucie a un projet : la PIV. Traduisez la Poésie vibratoire du Vivant. Et de réenchanter un univers qui a perdu le nord, et de révolutionner le quotidien de son entreprise. Un premier roman délicieusement décalé d’une analyste de marché dans une entreprise.

« La poésie des marchés », d’Anne-Laure Delaye chez Albin Michel

« La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre », une épopée incroyable au cœur de l’Histoire de France.

Janvier 1871. Paris grelotte de froid et d’angoisse dans le linceul blanc que l’hiver étend sur un ciel bas. De la Prusse et de Bismarck, les Parisiens connaissent surtout le vacarme des canons se rapprochant inexorablement tel un glas lugubre, prévenant la France qu’elle entre en agonie. C’est dans ce contexte qu’une poignée d’hommes va décider d’entreprendre, à Montmartre, la construction d’une grande église en l’honneur du Sacré-Cœur de Jésus. Cela afin d’implorer la miséricorde de Dieu. Aujourd’hui, ce projet qui semblait chimérique est, après Notre-Dame de Paris, le monument religieux le plus visité de la capitale. Un pan d’Histoire méconnu.

« La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre », de Patrick Sbalchiero chez Artège

« Le pays au-delà des mers », inspirée de faits réels, une réflexion sur le courage et la puissance des femmes.

Trois femmes que rien ne prédestinait vont voir leur chemin se croiser dans cette Tasmanie coloniale de l’ère victorienne. Nous sommes en 1840, sur l’île Flinders au large de l’Australie. Une île où l’Angleterre déporte les parias de sa société. C’est là que vont débarquer Evangeline, une jeune gouvernante enceinte de son employeur et que ce dernier a rejetée, et Hazel, une adolescente de quinze ans. Au même moment, Mathinna, une orpheline aborigène, est arrachée à sa tribu et adoptée par la femme du gouverneur qui entend la civiliser à tout prix. Alors qu’elles l’ignorent, le sort de ces trois femmes va être inextricablement lié.

« Le pays au-delà des mers », de Kristina Baker Kline chez Belfond

« Ma fille, je ne savais pas… », le témoignage d’une mère dans la jungle de l’adoption internationale.

Véronique et son mari ne peuvent avoir d’enfant. Alors, à l’image de nombreux couples, ils se lancent dans une procédure d’adoption. Et lorsque quelques mois plus tard un coup de téléphone les prévient qu’une petite orpheline les attend au Sri Lanka, c’est pour eux le rêve de leur vie qui se réalise. De retour en France, ils élèvent le bébé avec un amour inconditionnel. Trente années ont passé lorsqu’ils apprennent, par hasard, que leur fille a en fait été kidnappée et volée à sa mère biologique pour être vendue. Leur monde s’effondre. Bien décidée à en savoir plus, Véronique part au Sri Lanka pour mener l’enquête. Et ce qu’elle va y découvrir dépasse l’imaginable.

« Ma fille, je ne savais pas… », de Véronique Piaser-Moyen chez City

« Déployer l’amour de soi », comment se rendre compte qu’on est une belle personne ?

Dans ce livre, inspirant et même lumineux, l’auteur partage avec le lecteur ses plus beaux messages d’espoir et d’amour. Au travers des pistes d’introspection, des conseils et des récits personnels, elle invite ceux et celles qui la lisent, à partir à la rencontre d’eux-mêmes, et à mener leur propre quête intérieure pour, enfin, renouer avec leur authenticité. Avec elle, avec ses mots puissants, elle apprend à chacun à s’aimer pleinement et, surtout, à s’aimer tel qu’il est. Ce afin d’être plus en paix avec sa nature profonde, plus en harmonie avec ses décisions, ses choix, ses besoins, ses relations… Reste que l’amour de soi est avant tout la marche d’une vie. Un sujet rarement abordé !

« Déployer l’amour de soi », de Chloé Bloom chez Eyrolles 

« Johnny, la Belgique dans le sang », pour ses fans qui n’arrivent pas à faire leur deuil.

Reporter pour la chaîne belge RTL TVI, l’auteure s’est imposée petit à petit comme référente de l’actualité du chanteur. Mieux, elle s’est prise d’une incroyable passion pour son histoire si romanesque. Et ce 5 décembre 2017, à quatre heures du matin, quand la sonnerie de son portable l’extirpe d’un profond sommeil pour lui dire : « On prend l’antenne à sept, Johnny est mort. », ce sera l’occasion pour elle de mener une enquête afin de connaître quelles sont les racines profondes de celui qui aimait à rappeler qu’il était à moitié belge et à moitié français. L’occasion aussi d’écrire ce livre tissé d’anecdotes savoureuses, mais également de raconter l’enfance du chanteur élevé par sa tante, vu ses relations complexes avec son père, le « grand absent de sa vie ».

« Johnny, la Belgique dans le sang », d’Amélie Schildt chez HarperCollins

« Bienvenue dans mon monde », celui d’un autiste Asperger fait d’affres et de joies

C’est via un parcours d’exception dans l’émission « Les Douze Coups de midi », que l’auteur, Paul El Kharrat, s’est fait connaître du grand public. Avec une lucidité et une sincérité désarmante, il a décidé d’ouvrir grandes les portes de son monde, dévoilant de la sorte ce que c’est d’être un autiste Asperger. Au-delà, il évoque sa longue bataille pour ‘l’acceptation de soi’ d’abord, puis de celle de la norme de la société qui le range dans la catégorie ‘handicapé’. Car être autiste Asperger ne rime pas seulement chez lui avec une mémoire extraordinaire et une passion pour les listes. Pour lui, cela va de pair avec une hypersensibilité sensorielle et une souffrance psychologique. Superbe message de vie.

« Bienvenue dans mon monde », de Paul El Kharrat chez HarperCollins

« Le Petit Nicolas », qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?

Illustré de bien belle façon, cet ouvrage, fait pour les grands comme pour les petits, est en fait le roman tiré du film. Un livre où le Petit Nicolas explique que ce récit est celui de sa plus belle aventure. Il y raconte sa naissance. Il parle de l’immense amitié qui unissait ses papas : René Goscinny et Jean-Jacques Sempé. Ce faisant, il confie aux lecteurs que ses pères spirituels étaient comme lui l’est avec Alceste, les meilleurs copains du monde. Et d’affirmer que l’histoire qu’il raconte ici est drôlement chouette. Une histoire qu’Anne, la fille de Goscinny, dit avoir désiré raconter, en ayant absolument voulu mettre ses pas dans ceux de son père, car il fallait que ça sonne juste. Et ça le fait ! Gageure gagnée !

« Le Petit Nicolas », d’Anne Goscinny avec Fabrice Ascione aux illustrations chez IMAV

« La cinquième victime », première enquête du duo Dumontel-Marval.

Adrien Lugagne, 60 ans, veuf et solitaire, est assassiné de manière assez ignoble entre Mézières-sur-Issoire et Saint-Barbant. Quant à l’enquête, elle va être confiée à Franck Dumontel accompagné de son jeune équipier Dany Marval. Mais, sur les traces du tueur, c’est soudain tout le passé de Dumontel qui refait surface et, avec lui, de terribles secrets. Au-delà, le duo arrivera-t-il enfin à mettre la main sur ce tueur qui se joue d’eux de façon incroyable ? Outre une intrigue bien ficelée se déroulant en milieu rural, outre une galerie de personnages aussi mordants qu’attachants, l’auteur entraîne ses lecteurs dans une ambiance plus que noire où bien malin sera celui qui, bien avant le mot fin, aura trouvé le nom du coupable.

« La cinquième victime », de Franck Linol chez J’ai lu

« L’immeuble de la rue Cavendish-Lucie se rebiffe », comme toujours, amour et bienveillance sont du rendez-vous.

Déjà le troisième volet que l’auteure consacre aux habitants de cet immeuble haussmannien, typiquement parisien, sis rue Cavendish. Aujourd’hui, c’est de Lucie qu’il est question. Une Lucie qui à la mort de son cher époux ne s’attendait pas à hériter de ses… dettes. Fini pour elle la grande vie. La voilà désormais dans un appartement minuscule et oubliée par ses enfants qui ne lui parlent même plus. En plus, ses nouveaux voisins sont du style insupportable. Heureusement, elle vient de rencontrer le bel Henri. Mais les apparences sont souvent trompeuses. Alors qu’elle découvre les qualités de ses hurluberlus de voisins, Henri n’est peut-être pas celui qu’elle croit. Un livre feel good qui aborde finement des sujets actuels de notre société.

« L’immeuble de la rue Cavendish-Lucie se rebiffe », de Caroline Kant aux Escales

« Tigre obscur », un polar plus que noir, mais surtout hors normes

Derrière l’image des garçons, il y avait une chose étrange. C’est en zoomant pour pouvoir identifier le logo, que Théo, jeune officier, s’en était aperçu. C’était une forme blanche. Une sorte de sac. Mais, à bien y regarder, ce sac semblait contenir une personne recroquevillée dont la main surgissait semblant appeler au secours à travers le temps. Et Théo de se souvenir. Enfant, il avait été séquestré par une femme qui s’était donné la mort sous ses yeux. Ado, il avait subi des sévices dont il n’a jamais parlé. Aujourd’hui, s’il poursuit des études en psychocriminologie, il y a surtout ce tigre qui vit en lui. Un tigre pour qui il a décidé de trouver des proies. Désormais, pour lui, il n’y aura qu’une vérité, et elle aura l’odeur du sang. À ne pas offrir à un cœur tendre.

« Tigre obscur », de Gilles Sebhan au Rouergue noir

« Les bienheureux », personne ne restera indifférent à ce récit poignant au possible.

Il y a dans chaque maladie rare, le chuchotement d’un roman, le frémissement d’une histoire. Dans celle-ci, ils ont tous les yeux bleus pour une histoire d’amour sans paroles. C’est vrai que Thomas parle à peine, mais il sait reproduire vingt-cinq sons d’animaux. Enzo lui ne dort jamais, et se lève jusqu’à trente fois par nuit. Axelle sort rarement sans ses protections antibruit. Il y a aussi Marie, Arthur, Marius, Romain, Svetlana et Maléna. Des êtres uniques. Des êtres elfiques. Des lutins. Leur vie est un roman, celui du syndrome Williams-Beuren. C’est à ces neuf tranches de vie que l’auteur dédie ce récit littéraire qui nous éveille aux joies oubliées. Celles de l’innocence, de l’amour absolu, de la vie qu’on vit et qui fait de nous des Bienheureux.

« Les bienheureux », de Julien Dufresne-Lamy chez Plon

« 1800. La main de sang », quand l’Histoire de France est un polar à elle seule.

Juin 1800. Bonaparte est mort ! La rumeur enfle dans tout Paris : le Premier consul a été tué en Italie. Mais qui pour lui succéder et s’emparer du pouvoir ? Fouché ? Le redouté ministre de la Police. Talleyrand ? Le diabolique diplomate. Ou alors, Joséphine, son épouse ? À moins qu’une main mystérieuse n’ait déjà tout prévu… Des salles de jeux enfiévrées aux alcôves libertines, du Palais-Royal aux Tuileries, les cadavres s’accumulent et le sulfureux aventurier Armand de Calvimont, jeune noble ruiné par la Révolution, n’a plus devant lui que quelques jours pour déjouer une incroyable conspiration qui peut changer le destin de la France.

« 1800. La main de sang », de Tristan Mathieu, aux Presses de la Cité

Photo d’illustration de Nadi Borodina

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