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« Tout ira mieux demain »

par Charles Demoulin

1 août 2021

Cette semaine, on vous fait découvrir le livre sélectionné par notre journaliste littérature Charles Demoulin, « Tout ira mieux demain » écrit par Betty Smith. Bonne lecture les Janette!

Dans sa série ‘vintage’, Belfond a toujours l’art de nous restituer des romans qui, à l’époque, constituaient de véritables best-sellers. Ainsi en est-il de ce ‘Tout ira mieux demain’ issu de la plume hyper descriptive de Betty Smith, auteure au style pour le moins typique. Une écrivaine dont les thèmes favoris explorent la famille, l’enfance ou encore la vie de tous les jours avec ses bons et moins bons moments. Avec cet ouvrage paru en français en 1950, celle qui a notamment écrit ‘Le lys de Brooklyn’, roman hautement autobiographique adapté en 1945 au cinéma par Elia Kazan, nous dresse le portrait d’une femme se débattant entre les souvenirs d’une enfance difficile et un mariage où le désenchantement sera souvent de mise.

Samedi soir. Dans un coin désert de Brooklyn. Margie Shannon serre très fort son manteau. Pour elle, qui a abandonné l’école afin de vivre sa vie, il n’y a pas d’endroit au monde où il fasse aussi froid, et où l’on se sente aussi seule. Mais pourquoi est-elle dehors ? Pourquoi marche-t-elle dans ces rues glacées et désertiques à une heure aussi tardive ? Tout simplement parce qu’elle a dix-sept ans, qu’elle a trouvé un emploi, qu’elle est désormais indépendante et qu’elle ne doit plus rentrer à 21 heures chez ses parents. Voilà ! Quitte à mourir de froid dans les rues, Margie estime qu’elle se doit désormais d’user pleinement et largement d’une liberté chèrement payée.

Et la suite de ce roman d’apprentissage, qui se veut également une chronique de la vie quotidienne de ce qu’était la société américaine des années 1920, de se muer en de très nombreux flash-back inhérents à l’enfance de Margie, à sa relation difficile avec sa mère, et aux nombreux conflits entre son père et sa mère. Vient se greffer à tout cela la difficulté de passer de l’enfance à l’âge adulte. Par la suite, il y aura le mariage de Margie avec Frankie, un Irlandais. Ici aussi ce ne sera pas un long fleuve tranquille. Mais restera toujours cette pensée : ‘Tout ira mieux demain.’ Bref une héroïne typique de Betty Smith, irréductible, optimiste, traquant les moindres étincelles de poésie et de joie dans un quotidien pourtant bien difficile.