par Sophie Pilcer
6 mars 2026
La dette sexuelle, vous souriez comme si cette notion était totalement incongrue. Oui, vous avez raison : idéalement toutes les questions de devoir conjugal, d’obligation de rendre sexuellement ce que Jano pourrait nous donner ressemblent à un mauvais film de série B. Et pourtant…
Certaines Janette se reconnaîtront et, tristement, se sentiront très concernées par cette notion de dette sexuelle. D’autres me rétorqueront avec justesse que je parle d’un temps bien révolu ou que les moins de 30 ans n’ont pas connu. Mais la réalité de ce qui se dit dans les consultations est bien différente. De nombreuses femmes osent me décrire l’enfer de ce cercle vicieux. Les Janette qui acceptent une péné tration hebdomadaire sans envie, sans plaisir, sans orgasme sont suffisamment nombreuses pour qu’on ose en parler…
Le scénario se produit systématiquement dans un couple amoureux et paradoxalement très à l’écoute. Une sexualité routinière, toujours à la même heure, à la même place et sans aucune fantaisie ni tentation de changer l’ordinaire. L’ordinaire. C’est bien cela se sentir obligée de donner cette portion de pénétration… Il est si gentil, si présent et on a si peur de le perdre.
À ce scénario d’insécurité vient s’ajouter cette satanée croyance d’un besoin masculin sexuel irrépressible qui ne supporterait ni le refus ni la frustration. Alors par loyauté, fausses croyances, idées reçues, sentiment de ne pas être à la hauteur, nos Janette s’y collent sans vraiment mettre de cœur ni de corps à l’ouvrage, mais c’est plutôt «faut du vite fait, bien fait». On zappe les longueurs, les langueurs, les situations érotiques, les moments coquins et pour que ça se finisse rapidement en mode «je lui dois bien ça», la « étoile de mer gémissante » a fait ses preuves !
Après cela, on s’étonne d’avoir du mal à atteindre l’orgasme. Mais enfin, rappelez-vous le désir sexuel marche main dans la main, non pas avec le devoir conjugal, mais avec la mémoire. Pas de plaisir, du sexe par loyauté et une empreinte s’inscrit négativement au cœur du désir… Le seul moteur sexuel, c’est vous et votre excitation sexuelle. La sexualité n’a pour moteur que soi-même pour obtenir du plaisir.
C’est l’espace égoïste. Eh oui, on vous a tellement intoxiquée à l’altruisme, à la générosité, à l’idée qu’une gentille fille bien sous tout rapport (sauf le sien) doit faire passer l’autre avant soi. Leçon malheureusement trop bien apprise !
Mais rassurez-vous, cette boucle infernale ne concerne pas que les Janette. Nous rencontrons aussi des Jano qui, mortifiés et honteux, nous font l’aveu d’une sexualité teintée d’anxiété dont le seul but est de satisfaire madame. Elle est si belle, si douce, si gentille… On se doit de tenir une rigidité pénienne à la hauteur du piédestal où l’on place sa dulcinée et, évidemment, là aussi patatras… Comme prévu, on s’oublie, on s’acharne, on vérifie, on tente de contrôler, on veut maintenir une rigidité à tout prix pour que cette divine puisse jouir jusqu’à plus soif ! Eh non, très chers Jano, vous n’êtes et ne serez jamais des sex toys. N’essayez pas de rivaliser avec le « womanizer » que vous avez découvert dans le tiroir de sa table de chevet. Vous aussi, oubliez la performance et pensez à vous, ou plutôt ne pensez pas, laissez-vous emporter par votre excitation, votre sensualité et votre sensibilité. Et rassurez vous, cela ne fera pas de vous un prédateur !
Jano, Janette, votre seul moteur, c’est vous et votre désir !
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