par Charles Demoulin
20 juillet 2025
Deux polars au programme de cette semaine, mais deux polars d’une efficacité redoutable qui vous empêcheront de trouver le sommeil tant que le mot fin ne sera pas atteint. Deux polars dont un est venu de la maison d’édition Libra, cette maison qui pense aux personnes malvoyantes et qui a imprimé cet ouvrage en ‘corps 16’.
‘Très chers voisins’, de Jamie Day chez HarperCollins
Le soleil brille sur Alton Road, et les habitants célèbrent leur fête annuelle des voisins. Quand des sirènes de police et de pompiers retentissent, les rumeurs se répandent comme une traînée de poudre dans les allées de cette banlieue chic et se déchaînent sur le forum du voisinage. Un meurtre a été commis lors de la fête. Qui a tué qui ? Et pourquoi ?
Ce que les privilégiés d’Alton Road ignorent, c’est qu’ils sont tous empêtrés dans une toile de secrets, de scandales et de faux-semblants… Et ce n’est qu’une question de temps avant que la réalité fasse trembler les murs de leurs jolies maisons : le danger se tapit dans leur quartier, et rien ni personne n’est jamais ce qu’il semble être. Surtout pas le voisin.
Si on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses voisins non plus. Toutefois, lorsqu’on a élu domicile dans un quartier huppé de la ville, on pense que tout y est calme, qu’il n’y a guère de problèmes chez nos très chers voisins. Mais ce n’est qu’apparence, car ici ou là, on découvre soudain des personnes rongées par la jalousie, d’autres qui sont alcooliques, des violences conjugales, des secrets depuis longtemps cachés, des vérités qui ne sont pas bonnes à dire… Bref, un tas de choses bien cachées sous le vernis.
Un vernis que fait éclater ce polar efficace en diable à savourer sans la moindre modération. Une lecture où potins, cancans et ragots vont soudain vous tenir éveillé jusqu’au dénouement.
‘Les Effacées’, de Bernard Minier chez Libra Diffusio
En Galice, un tueur kidnappe des femmes qui se lèvent tôt pour aller travailler. Des invisibles. Des effacées. À Madrid, un autre assassin s’en prend à des milliardaires et laisse sur les murs de leurs résidences ce message : ‘Tuons les riches’.
Deux tueurs. Deux mondes. Et le spectre d’un embrasement général, d’une confrontation de classes inédite et explosive. Les enjeux, qui se dévoilent peu à peu à Lucia Guerrero, enquêtrice de la Guardia Civil, sont vertigineux. Quand à son tour elle reçoit les messages d’un expéditeur anonyme, la question se pose : serait-elle devenue un simple jouet entre les mains des deux tueurs ?
Finalement, vous allez vous en rendre compte : que l’on soit du monde des riches ou de celui des pauvres, on peut, à certains moments de la vie, être livré à la même enseigne… celle du crime.
Ici aussi vous éprouverez de grandes difficultés à trouver le sommeil tant que vous n’aurez pas atteint la page 469, qui est celle qui comporte le mot fin de ce roman au suspense plus que rythmé et qui percute.
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