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Rencontre : Gilliane Warzée, une artiste qui révèle, réveille la force des femmes

par Elodie Lambion

28 septembre 2022

Exprimant la beauté, la force des femmes au travers des portraits qu’elle peint, Gilliane Warzée est une artiste passionnée et passionnante dont on perçoit directement la bonté, l’humanité et l’humilité. Elle a accepté de se livrer sur son art, sur ses inspirations et sur les prémices de ses chefs-d’oeuvre. Rencontre avec cette femme aux mille talents.

  • Quelle a été votre réaction quand le Grand-Duc vous a contactée pour créer le portrait de la Grande-Duchesse ?

La surprise ! Je ne m’attendais pas à ce qu’il me contacte. Ma première réaction a été de l’enthousiasme puis j’ai ressenti la pression. Plusieurs sentiments sont apparus les uns après les autres. Le Grand-Duc a respecté mon art. C’était un véritable processus artistique. Il m’a envoyé une sélection de photographies et j’ai choisi celle que je ressentais. Parce que la photo doit me parler pour que l’oeuvre soit forte. Je me documente également pour ressentir la personne, pour capter ce qui ressort d’elle, car plus je la connais, plus mon oeuvre est claire.

  • La peinture a été une révélation pour vous. Pourriez-vous nous en dire davantage ?

C’était tellement surprenant, je ne l’explique toujours pas. Lors de ma première grossesse, à 28 ans, alors que j’étais enceinte de 5 mois, je ressentais ce besoin de peindre. Avant, je n’étais pas intéressée par l’art. Ma maman était infirmière donc depuis l’enfance, je savais que je voulais être infirmière à mon tour. J’ai donc pensé m’inscrire à l’académie des Beaux-Arts à Arlon. Cependant, le cursus avait déjà commencé et j’ai attendu ma seconde grossesse pour m’y inscrire. Je savais déjà que je voulais faire des portraits. C’était une évidence pour moi. Quand j’ai débuté le cursus, j’étais enceinte, mon aînée avait 2 ans, on ne peut pas dire que c’était le bon moment. Pourtant, je savais que je devais le faire. J’avoue qu’il faut du courage pour suivre et respecter cet instinct. Pourquoi ai-je ressenti cela d’un coup ? C’est difficilement compréhensible, c’est bizarre, étonnant. Quelque chose s’est ouvert en moi et c’était clair. J’ai commencé à peindre, à peindre pour moi. C’est mon mari qui m’a encouragée à participer à un concours. Je l’ai gagné. J’en ai fait d’autres puis des expositions. C’est comme une seconde vie. Cela m’a appris qu’il faut s’écouter et que la vie n’est pas linéaire. Des choses inattendues se produisent.

  • En tant qu’infirmière, en quoi votre profession influence-t-elle vos oeuvres, vos choix artistiques ?

En fait, tout influence mes oeuvres. Je suis une éponge, car je me nourris de l’émotionnel, de l’actualité. Je m’exprime par mon art. Je travaille l’humain dans mon art et dans mon métier, en tant qu’infirmière, je me nourris du contact avec les gens. Les deux se nourrissent mutuellement puisque l’humain est le point central des deux. Pour certains, peindre, c’est un hobby ou au contraire, ils sont étonnés que je n’abandonne pas mon métier. Or, sans lui, je sais que je perdrais quelque chose. C’est un équilibre entre mon métier, mon art et ma famille. Ce n’est pas évident de le maintenir, car peindre me prend beaucoup de temps. C’est un trio qu’il faut sans cesse équilibrer.

  • Vous attribuez à chacune de vos toiles un nom symbolique. Celui-ci apparait-il dès les prémices ou immerge-t-il au fur et à mesure de la création ?

Les deux. Parfois, c’est clair dès le début et inversement, à certains moments, c’est une révélation qui apparait au fur et à mesure du processus artistique. Quelquefois, c’est moi qui contrôle le tableau et des fois, c’est le tableau qui me contrôle. Il ne faut pas se braquer, il faut se laisser aller, se laisser porter.

  • Les femmes occupent une place centrale dans votre art. Comment percevez-vous la féminité dans la société actuelle ?

La femme actuelle, elle doit être forte. J’essaie d’ailleurs de révéler sa force dans mes portraits. On ne doit pas perdre nos acquis, car ceux-ci sont fragiles et l’actualité internationale le prouve, constamment, malheureusement. On avance, mais c’est un combat perpétuel.

  • Alors que vos portraits sont représentatifs, l’utilisation de pigments fluorescents favorisant une lecture plus imaginaire est-elle un moyen de raconter autrement l’histoire de chacune de ces femmes ?

En fait, chaque portait possède deux lectures. Je travaille en plusieurs étapes. Je peins le jour et je peins la nuit. La couleur m’intéresse et pour moi, elle est essentielle. Avec les pigments, je vais plus loin. Pouvoir, le soir, enrichir le tableau d’une autre dimension. Les pigments donnent vie aux oeuvres. En les regardant, on a l’impression qu’elles vivent. Comme j’utilise l’huile, les couleurs sont vibrantes et les pigments sont visibles même la journée. Les pigments UV apportent de la richesse et permettent cette impression de vie.

  • Un indice sur le portrait féminin que vous créez en ce moment ? 

Un cri… C’est un portrait fort que j’affectionne énormément.

  • Quand vous pensez à votre parcours, qu’est-ce qui vous rend particulièrement fière ?

C’est difficile d’être fière de son travail. Ma famille et mes deux filles me rendent particulièrement fière. J’ai de la chance d’être bien entourée, de vivre dans une famille qui me soutient, d’avoir des amis qui sont présents pour moi, c’est ce qui m’a d’ailleurs permis de m’épanouir dans ma passion. Je leur dis « merci ». L’exposition « We are women » est une fierté également, car je mets en avant la femme par mon art. Puis c’est ma plus grande exposition à ce jour. Je ressens aussi un sentiment de fierté quand je perçois les émotions de certaines personnes lorsqu’elles découvrent mes peintures. Je suis particulièrement touchée parce que j’ai des demandes de femmes pour la réalisation de leur portrait (visage ou corps) qui rentre dans un processus d’acceptation de soi, de son corps suite à une mutilation, à un mal-être, à des complexes. Mon art, en tant que thérapie, est quelque chose qui m’apporte beaucoup d’émotions et de fierté.

  • Si vous aviez un message à faire passer à toutes les femmes dont vous avez déjà réalisé le portrait, qu’aimeriez-vous leur dire ? 

Elles sont belles (cela vient du coeur) !

Les Janette, bloquez une date dans votre agenda pour aller admirer les portraits de Gilliane Warzée visibles dans le cadre de l’exposition « We are women », depuis le 30 juin 2022 et ce, jusqu’au 8 janvier 2023 à la galerie d’Art « Am Tunnel » de la Spuerkeess !

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