#Culture & Évasion | #La bibliothèque de Janette

Janette tourne pour vous les pages de quelques nouveautés

par Charles Demoulin

28 septembre 2025

Pas toujours simple de s’orienter dans le choix d’un livre. Alors, pour vous aider à vous y retrouver dans la palette de nouveautés qui abondent chez votre libraire, Janette, cherchant à contenter les goûts variés de chacune d’entre vous, a pointé quelques titres susceptibles d’assouvir votre soif de lecture.

‘Girl Abroad’, de Elle Kennedy chez Hugo Roman

Après avoir vécu dans l’ombre de son père, ancienne rockstar surprotectrice, Abbey Bly a enfin la chance de vivre ses propres aventures lors d’un semestre d’études à l’étranger. À Londres pour être précis.

À son arrivée, elle est surprise de découvrir que les trois colocataires qu’elle croyait être des filles sont de charmants et séduisants garçons. Elle s’éprend rapidement de leur dynamique, trouve lentement mais sûrement sa place et ment à son père, sachant qu’il la rapatrierait immédiatement à la maison s’il était au courant de sa situation.

Mais alors qu’elle est très attirée par Jack, le bel Australien rugbyman, elle apprend qu’il existe une règle stricte de non-fraternisation entre les colocataires. Elle finit par se lier d’amitié avec l’un des amis des garçons : Nate, un bassiste. Parallèlement, Abbey travaille sur son projet de recherche pour la fac et découvre que la femme sur laquelle porte son projet a eu une vie bien plus tumultueuse que ce à quoi elle s’attendait.

Entre les disputes incessantes de Jack et Nate, la visite impromptue de son père, les découvertes folles sur cette femme mystère et les projets de voyage, Abbey ne sait plus où donner de la tête. Pourra-t-elle gérer tout ça en gardant la tête froide ?

Une jolie romance, rafraîchissante, mignonne, qui parle d’un triangle amoureux, mais qui nous propose également un brin d’histoire et une enquête à propos d’une femme inconnue découverte sur un portrait.

‘La Baronne de Minuit’, d’Isabelle Duquesnoy chez Verso

1789. Le cœur brisé, Liselotte de Beaupré doit quitter Narong, son mystérieux amant venu du Siam, et fuir son domaine menacé par les révolutionnaires. Démunie et seule, elle cherche à gagner l’Angleterre, comme tant d’autres aristocrates terrorisés.

Lorsqu’au prix de combines honteuses, la baronne déchue débarque enfin à Londres, elle devient une proie à la merci d’employeurs cupides et implacables. Jusqu’au jour où, engagée comme préceptrice par un Lord naturaliste du roi George III, elle s’attache à une merveilleuse petite fille condamnée à ne vivre que la nuit…

Dans l’étrange manoir peuplé d’ombres et d’animaux empaillés, Liselotte semble avoir trouvé un havre de paix. Mais sa vraie famille lui manque cruellement. Pourra-t-elle réaliser son rêve fou de regagner la France pour revoir Narong et de gouverner enfin librement son domaine autant que sa vie de femme ?

Après ‘L’oiseleuse de la reine’, voici le second volet de la saga féroce et charnelle du ‘Château des soupirs’, conté par la plume mordante et l’humour féroce d’une Isabelle Duquesnoy au talent narratif d’une incroyable originalité.

‘La Baronne de Minuit’, d’Isabelle Duquesnoy chez Verso

‘Le Murmure des Victimes’, de David Coulon chez fayard

Une maison isolée. Emma, huit ans, a trouvé refuge dans une chaleureuse famille d’accueil, loin de sa famille toxique. Enfin libre, elle se sent heureuse et savoure sa nouvelle vie. Mais une inquiétante présence hante ses nuits.

Des bruits étranges résonnent dans l’obscurité, des rumeurs de monstres que seuls les enfants peuvent percevoir. Les adultes tentent de la rassurer, affirmant que tout cela n’est que le fruit de son imagination lié à son traumatisme. Et pourtant…

L’inattendu se produit lorsque Joachim, un homme au passé sombre et coupable d’un crime atroce, se cache dans les combles de la maison. Acculé par la police, il se retrouve prisonnier de cet endroit, tandis qu’Emma, avec son intuition d’enfant, perçoit des vérités que les adultes ignorent.

Alors que les nuits se font de plus en plus angoissantes, Joachim réalise que les bruits inquiétants ne sont pas le fruit de l’imagination d’Emma. Il y a des bruits, la nuit. Des râles. Une bête terrée quelque part. Une créature encore plus monstrueuse que lui rôde dans l’ombre.

C’est du lourd. Ce n’est pas pour les personnes qui ont peur du noir. C’est du David Coulon de la meilleure veine. N’en prenons pour preuve que la manière déroutante dont il nous conduit vers un final à couper le souffle.

‘Le Murmure des Victimes’, de David Coulon chez fayard

‘Hasekura’, de Lionel Crooson chez Synchroniques éditions

Amour, complots, intrigues et politique sont au menu de ce roman issu du journal d’un samouraï vivant au Vatican durant les années 1611 à 1620.

1613: après la disparition de sa bien-aimée emportée par un tsunami, le samouraï Hasekura Tsunenaga se voit mandaté par un seigneur du nord-est du Japon pour aller rencontrer le pape.

Au prix de mille dangers, ce chevalier du Soleil-Levant brave les océans et les hommes pour être reçu par le roi Philippe III d’Espagne puis, enfin, par le souverain pontife Paul V. C’est avec les yeux d’un Japonais de la période d’Edo qu’il découvre ces pays barbares que sont pour lui l’Andalousie de l’Inquisition, la Rome de la Renaissance, ou le petit port de Saint-Tropez sous le règne du jeune Louis XIII. Un voyage qui lui fera également traverser la Nouvelle Espagne et les Philippines sous le joug castillan.

Cette aventure extraordinaire aurait pu sombrer dans les oubliettes de l’Histoire. Mais grâce à un travail de recherches historiques solidement documenté, l’auteur en renoue les fils parfois ténus et nous livre un roman historique trépidant, au cœur des rivalités commerciales entre Espagnols et Portugais, des sourdes concurrences entre ordres missionnaires, et des signes précurseurs des persécutions qui vont s’abattre sur les chrétiens du Japon.

Une incroyable découverte que cet ouvrage qui oscille entre aventure diplomatique, enquête, passion, mysticisme et voyage dans le temps, mais qui pourtant pourrait s’ancrer sur nombre de sujets évoqués, dans notre présent pour le moins perturbé.

‘Hasekura’, de Lionel Crooson chez Synchroniques éditions

‘La mélancolie de l’ours polaire’, de Mo Malø chez Paulsen

Groenland, 74e parallèle Nord, 450 habitants coupés du reste du monde par la banquise hivernale, dont une poignée de chasseurs d’ours polaires. A priori, pas le genre de personnes à ouvrir facilement leur porte. Et pourtant.

À raison de virées de près de douze heures d’affilée à traîneaux par -30 °C, en immersion totale, Mo Malø a suivi la traque de l’animal emblématique sur ces immensités septentrionales et vécu une aventure humaine auprès des Groenlandais qui l’ont initié à cette pratique. Il a tenté de mieux comprendre la perpétuation de cette tradition ancestrale dans un monde en mutation accélérée, où l’ours symbolise plus que jamais le dérèglement climatique et notre conscience écologique.

Le récit de ce cache-cache entre le nanook et les humains permet de toucher du doigt la mélancolie de cet ‘éternel errant’, spolié de ses terres, et de montrer à quel point leurs destins sont liés. L’auteur de polars polaires Mo Malø a vécu en immersion parmi les chasseurs d’ours du Groenland pour mieux enquêter sur cette tradition millénaire qui perdure dans un monde où l’animal est aujourd’hui le porte-parole du changement climatique.

Outre un voyage d’une extrême découverte sur les terres du Groenland, outre l’explication de la tradition de la chasse à l’ours polaire chez les Inuits, vous allez vivre une aventure tout bonnement insolite.

‘La mélancolie de l’ours polaire’, de Mo Malø chez Paulsen

‘Les Survivants  du Ciel’, de Kritika H. Rao chez Albin Michel

Après une catastrophe globale, l’Humanité s’est réfugiée dans les cieux, dans des cités végétales maintenues en lévitation par la magie : la trajection.

Ahilya, la seule archéologue de la cité, est mariée à un puissant magicien, Iravan. Mais Iravan est soupçonné d’avoir succombé à l’extase, un état second que tout le monde craint, car il peut inconsciemment provoquer la perte totale d’une cité.

Alors que son mariage semble condamné, que la cité est en danger, descendant peu à peu vers les zones de tempête, Ahilya fait une découverte archéologique extraordinaire qui remet soudain tout en question.

D’une inventivité à couper le souffle, ‘Les survivants du ciel’ est un grand voyage qui pousse à la réflexion sur ce qui nous définit en tant qu’êtres humains dans un monde menacé. C’est un roman vertigineux. C’est une fantasy climatique, palpitante et d’une incroyable originalité. Le genre de roman qui va vous émerveiller.

‘Les Survivants  du Ciel’, de Kritika H. Rao chez Albin Michel

‘Transylvania’, de Nicolas Beuglet chez XO

Encore aujourd’hui, on prétend que le château de Bran, en Transylvanie, était la propriété du comte Dracula. Rares sont ceux qui s’arrêtent dans cet hôtel reculé, cerné par la neige et la glace. L’endroit paraît habité par des fantômes depuis la nuit des temps.

C’est là que la jeune inspectrice Mina Dragan est envoyée pour enquêter sur un meurtre étrange. Un cadavre gît dans une chambre. Celui de l’unique client de l’établissement. À ses côtés traîne une vieille malle verrouillée. Avant de disparaître, l’assassin a inscrit un tatouage énigmatique sur la main de sa victime.

Mina Dragan ne le sait pas, mais c’est pour elle le début d’un jeu de piste terrifiant qui lui fera découvrir la face cachée et peut être pas si imaginaire des contes de fées de notre enfance. Et si la clé de tous ces mystères se trouvait dans un seul livre. Un livre fondateur. ‘Il était une fois Transylvania’…

Dans ce thriller qui plonge dans les profondeurs de notre subconscient, Nicolas Beuglet explore, une fois de plus, les ombres du passé pour éclairer l’avenir. Haletant. Vertigineux. Passionnant. Les qualificatifs ne manquent certes pas pour décrire ce huitième thriller que signe un Nicolas Beuglet qui, une nouvelle fois, se présente comme un prétexte pour questionner l’Humanité.

‘Transylvania’, de Nicolas Beuglet chez XO

‘L’année nonante’, de Daniel Soil chez M.E.O.

Cette année 1990 commence le jour où, à la surprise générale, un opposant fameux au totalitarisme communiste prononce à la radio tchèque le discours officiel de nouvelle année. Le pays est tout juste sorti de sa période glaciaire. Le sinistre mur de la honte est tombé. 

Le narrateur, invité à Prague par des amis, assiste à l’événement, qui, pour lui, annonce une paix durable, une ère nouvelle faite de respect des frontières, et d’accord sur ce que sont les droits de la personne.

Hélas, la même année s’achèvera dans l’inexorable fracas d’une belle utopie. La Yougoslavie multiethnique, où des peuples fort semblables avaient tenté de vivre dans la concorde et l’unité, va d’un seul coup se disloquer. 

Entre-temps, un couple naguère né dans une salle des profs et séparé par la vie va se retrouver pour de bon et se glisser dans le sillage de l’Histoire. C’est vrai qu’avec l’amour de sa vie retrouvé après huit années d’éloignement, celle qu’il appelle sa ‘Signora’, l’auteur va offrir au lecteur un périple à travers la Suisse et l’Italie, avant d’arriver à Pula, en Croatie, où résonnent, au loin, les premiers bruits de guerre dans une Yougoslavie qui va éclater.

Un récit qui parle d’amour, de nostalgie, de seconde chance, de mutation géopolitique, mais aussi, en filigrane, de ces frontières que nous dressons consciemment ou non, entre ce qui n’est pas nous et ceux qui ne partagent pas nos idées.

‘L’année nonante’, de Daniel Soil chez M.E.O.

‘L’Évangile des Ombres’, de Nicolas Nutten chez HarperCollins Noir

1987. Paul Sarda est gendarme dans un village des Hautes-Pyrénées, près de la frontière espagnole. Une nuit, il a un accident et perd connaissance durant quelques minutes. Il l’ignore encore, mais sa vie vient de basculer.

Trente-cinq ans plus tard, son fils Raphaël, commandant de police à Paris, reçoit une lettre anonyme : « Votre père savait. » Mais savait quoi ?

En retournant sur les terres de son enfance, Raphaël va faire resurgir des histoires tragiques que certains auraient aimé garder enfouies.

Nicolas Nutten nous livre une fresque poignante et bouleversante sur la terrifiante affaire des enfants volés et ses ramifications insoupçonnées. Cela sous l’ère de Franco, qui instaura en Espagne un régime dictatorial de 1936 à 1975.

Un thriller historique haletant qui jongle de bien belle façon avec des drames familiaux et une vaste enquête policière. Ce tout en mettant en exergue une page plus que sombre de l’Histoire de l’Espagne. Une époque où le généralissime était soutenu par l’Église catholique, mais aussi par les régimes fascistes italien et nazi. Un roman où certaines blessures ne se refermeront jamais.

‘L’Évangile des Ombres’, de Nicolas Nutten chez HarperCollins Noir

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