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Faut-il s’occuper de l’éducation sexuelle de nos enfants?

par Sophie Pilcer

16 novembre 2021

« Sex éducation », série sympathique… Et si, insidieusement, on laissait les ados se débrouiller avec leurs questions et leur écran ? On pourrait se dire que, finalement, ça n’est pas notre rôle de parents et qu’ils régleront entre eux leurs problèmes existentiels et érotiques…

A-t-on vraiment envie de savoir que la meilleure amie de notre petit chérubin est, avec quelques grammes d’alcool dans le sang, une pro du sexe pas très guimauve ? A-t-on vraiment envie de savoir que notre fille n’est pas certaine d’avoir vraiment consenti ce rapport buccal avec ce soi-disant sex friend ?

Nous, on ne veut rien voir, rien entendre, rien dire… On laissera peut être traîner plus ou moins négligemment ce fascicule sur les infections sexuellement transmissibles que nous avons dérobé dans la salle d’attente de notre gynécologue. N’est-ce pas suffisant ? Pourquoi en faire plus ? Ce qui compte, c’est pas de grossesse et pas de maladie, pour le reste, c’est pas notre affaire ou plutôt on laisse cette affaire à tous les écrans.

Oh! Oh! Réveillez-vous chers parents ! Souvenez-vous de vos premiers émois ! Souvenez-vous de ce bellâtre en 1990 qui, mèche au poing, acné bien planqué, vous a fait écouter son Walkman. (Non non, ça c’est la boum des années 80, ça devait être un des premiers iPod… Désolée pour cet anachronisme). À ce moment-là, étiez-vous en mode comment-faire-pour-ne-pas-attraper-d’infection ou une-petite-grossesse-dite-non-désirée ? Un petit effort… Vous ne pensiez qu’à l’amour, l’amour, l’amour… Et vous auriez tant aimé que quelqu’un vous dise : « Halte là ! Ce n’est pas parce que, acné bien planqué, tu as droit à un fougueux baiser, que ce Kevin des années 90 sera ton prince charmant. » Et toi, Kevin, qui n’osait avouer à petite Janette toute de fluo vêtue que c’était ta première fois et que tu avais très peur de ne pas y arriver…

Ce sont ces questions que vous semblez avoir totalement oubliées, et ce sont uniquement ces questions qui taraudent nos ados ! Alors, oui, je vous entends déjà rétorquer : « Mais si on leur parle de sexe, on va peut être leur donner des idées ou les inciter à avoir des relations sexuelles alors qu’ils ne sont pas prêts et on ne se pardonnerait pas d’être des incitateurs de sexualité. »

On se calme, ils n’ont pas besoin de vous pour être incités à entrer dans la sexualité ! Les réseaux sociaux débordent d’injonctions pornographiques. Vous devez pratiquer tout, en passant du sexe oral au sexe anal et si possible en groupe…

Je vous choque ? Tant mieux, c’est le moment pour vous de parler à vos enfants et de ranger ce petit livret sur les IST qui ne semble pas vraiment les intéresser. Je vous rappelle que, depuis des mois et des mois, il a élu domicile entre les céréales et la pâte à tartiner du petit déjeuner sans déclencher de standing ovation familiale ! Bref, il est temps pour vous d’aller voir vos ados et de leur poser simplement la question : « Comment va la vie ? » Ce n’est évidemment pas très judicieux d’y aller directement entre la poire et le dessert et en leur demandant s’ils ont des questions sur le sexe ! Un peu de finesse que diable ! Allez-y progressivement, à pas de velours mais surtout en les écoutant et en acceptant que, la première fois, ils soient en mode hérisson.

Montrez-leur que vous êtes là, que vous êtes à l’écoute, que vous comprenez que l’amour, c’est compliqué et que vous pouvez les accompagner dans ce chemin sans intrusion ni jugement.

Faites-vous confiance et faites-leur confiance ! Ensemble, vous trouverez les mots pour guérir les maux d’amour !

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