par Charles Demoulin
3 août 2025
Cette semaine, Janette vous propose tout d’abord une plongée fascinante dans la taïga sibérienne sur les traces des revenants du goulag, avant de vous faire voyager entre l’Europe, l’Amérique Centrale et l’Amérique du Nord, avec deux enfants nés à des périodes différentes, mais ayant tous deux un seul et même espoir.
‘Seul le vent connaît mon nom’, d’Isabel Allende chez City
Vienne, 1938. Samuel a cinq ans lorsque son père est sauvagement assassiné pendant la Nuit de Cristal. Juste parce qu’il est juif. Rongée par la peur et le désespoir, la mère de Samuel n’a qu’une issue : elle doit faire quitter le pays à son fils pour le protéger de l’enfer.
Effrayé et seul, le petit Samuel monte à bord d’un train qui va le conduire de l’Autriche occupée jusqu’en Angleterre. C’est le début d’un long voyage pour le garçon qui ne reverra jamais sa mère et dont le seul réconfort sera de jouer du violon.
Soixante-dix ans plus tard, la jeune Anita et sa mère montent elles aussi dans un train, fuyant la violence du Salvador pour trouver un asile aux États-Unis. Mais à leur arrivée, elles sont séparées et Anita se retrouve seule.
Heureusement, elle est accueillie dans un refuge tenu par Samuel. Un havre de paix aux douces vibrations d’un violon qui répare les âmes brisées et chante l’espoir d’une nouvelle vie.
Deux enfants. Deux combats. Un même espoir. Un roman engagé et émouvant, qui nous plonge dans les États-Unis d’aujourd’hui en évoquant les nombreux problèmes de survie rencontrés notamment par les populations sud-américaines. Un roman où il est aussi question de solidarité humaine. Cette solidarité qui fait vraiment du bien… à l’image de ce livre.
‘Débâcle’, de Ian Manook chez Paulsen
Suite à une dénonciation, l’histoire commence par l’arrestation d’un couple soupçonné de trahison. L’homme et son épouse seront tout d’abord torturés avant d’être envoyés dans un des pires goulags d’Union soviétique, car ils ont été condamnés à 10 ans de déportation.
En Russie, c’est à présent la chienlit, ou la débâcle si vous préférez. Boris Eltsine vient de dissoudre l’Union soviétique et avec elle le Parti communiste dont tout dépendait : salaires, pensions, carburant, munitions…
Balitsky Point, 1991. L’hélico qui ravitaille tous les six mois ce comptoir isolé de Sibérie se pose à vide. Seul en descend un homme, ex-agent du KGB, à la recherche d’un ermite, survivant du goulag.
Dans ce pays âpre et grandiose commence alors une traque machiavélique pendant laquelle ni les bêtes sauvages, ni les incendies, ni les fous de Dieu, ni
les tortionnaires n’entameront la détermination du chasseur et de sa proie.
Comme à son habitude, l’auteur fait à nouveau voyager ses lecteurs. Cette fois, dans les paysages grandioses de la taïga de la Sibérie orientale. Un voyage magnifique qui se veut un véritable plaidoyer pour la nature et tout ce qu’elle comporte. Un voyage où les accros aux romans de Ian Manook feront la rencontre de personnages pour le moins très attachants.
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