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Dry January : et si on essayait ?

par Sylvie Paulmier

9 janvier 2026

Chères Janette, et si ce mois de janvier était l’occasion de prendre soin de vous autrement ? Après les fêtes, entre galettes et bulles, vos organismes méritent un petit reset. Le Dry January, ou « janvier sobre », vous propose exactement ça : faire une pause d’alcool pendant un mois pour observer ses effets sur votre corps, votre énergie et votre humeur. Pas question de culpabiliser, mais plutôt de s’offrir une parenthèse, de redécouvrir vos sensations et, qui sait, de prendre un nouveau départ pour votre bien-être. Prêtes à relever le défi et à voir ce que votre corps vous murmure quand il se passe d’alcool ?

Quest-ce que le dry January ?

Né au Royaume-Uni en 2013, le dry January (ou « janvier sobre ») consiste à faire une pause d’alcool pendant un mois entier, après les fêtes de fin d’année. L’objectif est de s’interroger sur la place de l’alcool dans sa vie et d’expérimenter une période de sobriété pour voir les effets sur son corps, son mental et son quotidien.

Les femmes et lalcool

Les recommandations actuelles de consommation sont pour tous « maximum 2 verres standards par jour, 10 par semaine, avec des jours consécutifs d’abstinence ». Il ne s’agit bien entendu pas d’un objectif mais d’un seuil à ne pas dépasser ; et il serait plus intéressant de proposer des repères de moindre risque plus adaptés aux femmes, qui sont plus vulnérables à l’alcool.

Il semble qu’aujourd’hui les femmes boivent autant que les hommes et avec les mêmes comportements. Cependant, en raison d’un métabolisme différent, les femmes éliminent l’alcool plus lentement que les hommes, ce qui les rend plus sensibles à l’ivresse et aux effets toxiques sur le foie, le cœur, le cerveau. Sa consommation entraine aussi un risque accru de cancer du sein. Concernant la grossesse, c’est zéro alcool et toute difficulté liée à l’alcool sera prise en charge par le médecin ou la sage-femme.

Le marketing, avec un packaging girly, la pression sociale, font que l’alcool a souvent une image de « convivialité » ou de « détente » pour les femmes, pour faire face au stress du quotidien (travail, charge mentale), la working-girl aurait bien mérité son verre…

Pourquoi faire un break ?

Mais bonne nouvelle, les effets positifs d’une pause sont ressentis plus vite chez les femmes. Les bénéfices attendus sont un regain d’énergie, un sommeil plus réparateur, moins de fatigue matinale, plus de concentration, une digestion plus légère, des séances de sport plus efficaces, une plus grande résistance aux virus. La peau sera plus lumineuse, car l’alcool déshydrate et accentue les cernes. Il est fréquent aussi de perdre du poids, l’alcool étant très calorique. On peut observer aussi une baisse de la tension artérielle, du cholestérol et de la glycémie dès quelques semaines. Enfin les économies financières sont non négligeables.

Mais surtout la pause permet de prendre du recul, d’évaluer sa relation à lalcool : est-ce qu’on boit par plaisir, par habitude, par pression sociale, pour tenter d’atténuer une anxiété ou tristesse, « s’anesthésier » ?

Des difficultés à tenir le challenge 

Refuser un verre dans une société où l’alcool est omniprésent dans les moment conviviaux et festifs, peut être très frustrant, on peut se sentir « à part ». 

La plus grande difficulté est de réaliser qu’on a plus de mal que prévu à arrêter, qu’on ressent des envies irrésistibles, qu’on a la sensation de perdre le contrôle, ce qui peut être extrêmement déstabilisant. Si c’est trop difficile, pourquoi pas se fixer une limite comme par exemple un ou deux verres le week-end. 

Des symptômes physiques comme des tremblements, nausées, une forte anxiété, des troubles du sommeil, nécessitent un suivi médical immédiat. 

Quand ne pas faire le dry January ?

En cas de dépendance à l’alcool, l’arrêt brutal peut être dangereux (risque de syndrome de sevrage sévère). Dans ce cas, il est essentiel de consulter un médecin ou un addictologue.

La frontière entre consommation festive et dépendance à l’alcool est parfois mince, alors comment savoir si l’on est dépendant? L’incapacité à passer une journée sans boire, une tolérance qui nécessite de consommer de plus en plus pour ressentir les mêmes effets, des pensées obsessionnelles, sont des signes à prendre en compte même s’il n’y a pas de de signes physiques ou problèmes médicaux. 

De même si l’alcool est utilisé pour gérer une dépression ou une anxiété sévère, le sevrage peut révéler ces troubles, et doit se faire avec un accompagnement professionnel.

Le médecin traitant ou plusieurs structures spécialisées au Luxembourg sont là pour vous accompagner avec un suivi adapté.

Conseils pratiques pour réussir son dry January

Il est préférable de ranger ou de se débarrasser des bouteilles d’alcool. Pour les moments festifs, vous pouvez remplacer l’alcool par des boissons sans alcool (mocktails, jus de fruits, eau pétillante). Boire beaucoup d’eau plate, au moins un litre le matin et 1/2 litre l’après-midi. Il est utile de prévenir son entourage pour éviter les pressions, de dire clairement qu’on ne boit pas. Et pourquoi pas célébrer les petites victoires (une semaine, puis deux…).  Prenez soin de faire des activités hivernales qui vous plaisent, sport, lecture, activité manuelle, soins de beauté et d’avoir une alimentation équilibrée.

Rappelez-vous qu’il ne s’agit pas d’un « test » de volonté, mais d’une expérience qui fait du bien.

Finalement, le dry January n’est pas une contrainte, mais une belle opportunité : celle d’écouter son corps, de se redécouvrir sans ce faux-ami qu’est l’alcool et peut-être même d’adopter de nouvelles habitudes durables.

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