par Charles Demoulin
26 août 2025
Tout comme en littérature, la BD fait également sa grande rentrée. Mais comme il nous en restait trois ou quatre plus anciennes à vous présenter, nous les avons mélangées avec celles qui viennent de débarquer chez votre libraire préféré.
‘C’est où le plus loin d’ici’, de Tyler Boss & Matthew Rosenberg chez Casterman
Ce tome 1 est le premier volet d’une série postapocalyptique prévue en trois volumes, et dans laquelle s’affrontent des bandes d’ados ne voulant surtout pas grandir. Non seulement une nouvelle série Casterman, mais également, avec Tyler Boss et Matthew Rosenberg, un nouveau duo de signatures dans cette maison d’édition fondée en… 1777.
Le monde tel qu’on le connaît a pris fin. Il ne reste plus que des bandes d’ados vivant dans des bâtiments en ruine. Enceinte, la jeune Sid est convaincue qu’il doit y avoir quelque chose de plus et de mieux au-delà de la zone où ils (sur)vivent. Lorsqu’elle disparaît vers les territoires inconnus, sa bande va tout risquer pour la ramener chez elle.
Une histoire de quelque 262 pages, rythmée et mystérieuse sur ce qui compte vraiment : survivre, vivre avec ceux qu’on aime et… les disques vinyles !
C’est vrai que c’est assez rare de lire une BD comme celle-ci, dont, notamment, le dessin et les coloris sont totalement proches des grands comics made in USA. C’est vrai qu’elle va sans conteste, quelque peu vous dépayser lors de sa lecture. Mais je reste persuadé qu’après quelques pages, vous n’aurez de cesse d’en savoir plus.
‘Le Val sans retour’, d’Emanuele Arioli et Emiliano Tanzillo chez Dargaud
Après une quête d’une décennie à travers toute l’Europe, Emanuele Arioli, archiviste et docteur en études médiévales, a reconstitué un texte qui, perdu depuis près de sept cents ans, relate le destin
mystérieux d’un chevalier méconnu de la Table ronde : le ‘Chevalier au Dragon’. Après ‘Le Château du Graal’, premier opus de cette série, voici le second volet, où cette fois, par manque de documentation, Arioli s’est glissé à 100% dans le rôle de conteur.
Après les exploits héroïques de Sivar, Golian, Didan et Nimue, l’équilibre entre le royaume d’Arthur et les Terres libres vacille. La folie destructrice de Morgane a été vaincue, mais une nouvelle menace surgit…
Owain, fils bâtard de la magicienne, s’est emparé du trône de Bretagne, aidé par les anciens conseillers de sa mère. Sa soif de pouvoir est sans limites… Pendant ce temps, Sivar et ses compagnons, accompagnés de Lyana, cheffe d’un groupe rebelle massacré par Owain, tentent désespérément d’éviter le pire.
Détenteurs de trois pierres magiques, ils doivent impérativement découvrir l’entrée du légendaire Val sans Retour, au cœur des forêts de Bretagne. L’avenir de leur monde en dépend…
Entre féérie, magie et aventures tumultueuses, le style enlevé d’Arioli prend vie grâce au talent d’Emiliano Tanzillo qui excelle dans l’art de dessiner aussi bien des batailles épiques que le déchaînement des éléments ou encore l’ambiance onirique des terres légendaires de Bretagne.
‘Attila’, de Jean-Pierre Pécau, Dragan Paunovic et Bertrand Denoulet chez Delcourt
Dans cette série historique intitulée ‘Les Maîtres de Guerre’, série qu’il dirige avec maestria, Jean-Pécau s’attaque aujourd’hui à celui qu’on surnommait le ‘Fléau de Dieu’ : Attila, le roi des Huns. Un être à ce point redouté, qu’on disait de lui : « Là où Attila est passé, l’herbe ne repousse plus. »
Il faut savoir que ce redoutable guerrier mena de nombreuses campagnes dévastatrices contre l’Empire romain, étendant son pouvoir sur une grande partie de l’Europe centrale.
Ayant été otage de Rome durant sa jeunesse, il connaissait parfaitement son adversaire, ce qu’il mit à profit. Fin stratège militaire, il fut un des ennemis les plus redoutables de Rome et de son empire. Un empire formé de l’Orient et de l’Occident.
Évoquant à la fois ce guerrier redouté qu’était Attila et le début de la chute de l’Empire romain, Jean-Pierre Pécau voit son scénario admirablement servi par le graphisme de Dragan Paunovic, mais également par l’immense palette de coloris utilisée par Bertrand Denoulet.
Pour les fanas de l’époque romaine, mais également pour tous ceux et celles pour qui l’Histoire est une passion, cet album, comme la série à laquelle il appartient, est à recommander grandement. D’autant qu’un cahier-dossier extrêmement bien documenté figure en fin d’ouvrage.
‘Le feu de Dieu’, de Didier Alcante et Steven Dupré chez Glénat
Le duo Alcante-Steven s’est lancé un sacré défi : celui de réaliser en bande dessinée ‘Les Piliers de la Terre’, l’œuvre gigantesque de Ken Follett parue aux éditions Robert Laffont et devenue depuis une série TV. Après ‘Le rêveur de cathédrales’, voici l’album numéro 2 dédié au ‘Feu de Dieu’.
Angleterre, XIIe siècle. Dans un royaume en perdition, morcelé par la guerre et affaibli par la famine, Tom, modeste maître bâtisseur, rêve de construire, un jour, la plus grandiose des cathédrales… Après avoir perdu son épouse et son nouveau-né durant un hiver des plus rudes, il échappe à une mort certaine grâce à la troublante Ellen. Cette jeune femme rebelle et solitaire, vivant dans la forêt avec son fils Jack, devient sa compagne.
Ensemble, ils prennent la route, bravant le froid et la misère. En arrivant à Kingsbridge, ils sont reçus par les moines qui, hélas, ne peuvent leur offrir l’hospitalité. Mais un événement tragique va bientôt bouleverser la vie de la communauté ecclésiastique et sceller le destin de Tom. En pleine nuit, un incendie ravage le toit de l’église. Au petit matin l’édifice n’est plus que cendre. En échange du gîte et du couvert, Tom propose aux hommes de foi de s’atteler à la tâche pour reconstruire l’église.
C’est le début d’un chantier colossal. Pourtant les suspicions demeurent au sein de la communauté. Comment cet incendie a-t-il bien pu se déclarer ? Au même moment, des voix commencent à s’élever contre la présence d’Ellen au sein du prieuré. Bien décidé à poursuivre sa mission, Tom devra faire un choix déchirant s’il veut être nommé maître-bâtisseur et voir une nouvelle cathédrale sortir de terre…
Non seulement le scénario reste d’une fidélité absolue au texte de Ken Follett, mais le graphisme de Steven Dupré et les coloris de Jean-Paul Fernandez, d’une rare efficacité et d’une incroyable harmonie avec le récit, vous laissent totalement sous le charme.
‘Pillard de Guerre’, de Philippe Pelaez et Francis Porcel chez GrandAngle
1916 : Pancho Villa tente de conquérir la ville américaine de Columbus… Et va provoquer les foudres des gringos ! Traqués à la fois par le général Pershing et par les troupes mexicaines, le révolutionnaire et ses hommes vont croiser un allié inespéré : Ferdinand Tirancourt !
Après avoir connu les tranchées de la Grande Guerre puis s’être évadé du bagne, le Français, à la tête d’une petite bande de pillards, pourrait peut-être fournir à Pancho les armes indispensables à sa révolution…
Il s’appelait Pancho Villa, il avait osé attaquer les États-Unis… Une grande aventure dans la lignée de ‘Il était une fois la révolution’ de Sergio Leone! Une fiction historique avec un dessin parfaitement en adéquation avec l’explosivité et les diverses ambiances du récit.
Il est toutefois bon de faire remarquer que cette série tourne malgré tout autour de ce personnage pour le moins ambigu qu’est Ferdinand Tirancourt. Une sorte d’insoumis longuement découvert dans ‘Pinard de guerre’ et ‘Bagnard de guerre’, deux ouvrages également publiés chez GrandAngle.
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