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Ces livres écrits au féminin et qui nous parlent de femmes

par Charles Demoulin

15 mars 2026

Dimanche dernier, c’était ‘La journée des droits de la femme’. Du coup, ce dimanche, Janette vous propose des ouvrages non seulement écrits par des femmes, mais qui ont tous pour sujet principal… la femme ! À commencer par le récit de Gisèle Pelicot qui tient vraiment à vous dire : qu’elle est vivante !

‘Une bonne épouse’, d’Ingrid Desjours chez HarperCollins Noir

Alice a trente ans, Paris pour décor et le cœur en morceaux depuis qu’on lui a enlevé la garde de sa fille. Jusqu’au jour où une publicité attire son regard : une retraite dans un lieu enchanteur en pleine montagne, présentée comme une promesse de renouveau. C’est cher, un peu fou… mais que pourrait-elle perdre de plus ?

Au fil des jours, Alice se découvre, se reconstruit. Lors d’une soirée dans un bar local, elle rencontre Marcel : charmeur, mystérieux et convaincant. Il l’invite à s’installer dans un village coupé du monde à deux pas de là, un havre de paix où d’autres couples filent déjà le parfait amour : ‘la Fosse aux anges’.

Séduite et pleine d’espoir, Alice accepte. Mais le vernis idyllique ne va pas mettre longtemps à se craqueler : les femmes qui vivent ici sont-elles aussi heureuses qu’elles le paraissent ?

Au cœur de ce pageturner : le mouvement tradwife, qui prône le rôle de la femme au foyer incarné par de puissantes influenceuses sur les réseaux sociaux, et des sujets d’actualité comme la soumission chimique, les injonctions imposées aux mères, la menace masculiniste, les féminicides, ou encore les dérives du concept du féminin sacré utilisé par des gourous sans scrupules.

Ingrid Desjours signe ici un thriller glaçant et totalement addictif où les apparences se fissurent au rythme des révélations. Un roman qui nous parle d’un masculinisme extrême, de femmes qui se plient à la soumission totale. Un récit pour le moins interpellant à l’époque du mouvement #metoo, mais un récit original qui ne pourra que vous interpeller longuement.

‘Et la joie de vivre’, récit de Gisèle Pelicot écrit par Judith Perrignon chez Flammarion

Le 2 septembre 2024 s’ouvrait le procès de Mazan, une petite commune du Vaucluse. Un procès qu’elle a voulu public, et au cours duquel la France, et nombre d’autres pays découvraient le visage de Gisèle Pelicot. Une femme dont le courage allait bouleverser le monde entier, à mesure que l’horreur et l’ampleur des crimes qu’elle avait subis étaient relatées au tribunal.

Écrit à la première personne par la romancière Judith Perrignon, ce récit relate l’histoire bouleversante de Gisèle Pelicot qui voudrait, par ce livre, mettre des mots sur ce qu’elle a traversé. Mais pas que, puisqu’elle affirme qu’aujourd’hui elle n’a plus peur d’être seule, car elle a retrouvé la joie de vivre.

Dans ce récit ‘coup de poing’, Gisèle Pelicot nous plonge dans son passé, son vécu, son quotidien d’épouse et de mère. Vient alors ce 2 novembre 2020 et cette convocation au commissariat de Carpentras en compagnie de son mari. C’est là qu’elle va apprendre l’incroyable, l’inimaginable, l’incompréhensible, l’impensable… l’ignominie savamment échafaudée par son mari : son viol à plus de 200 reprises par des dizaines d’hommes différents recrutés sur internet par celui avec qui elle partageait sa vie. Et tout cela, alors qu’elle était droguée à son insu.

Pourtant… mais je vous laisse maintenant découvrir ce récit qui, au-delà du tout ce que cette femme a subi, au-delà du machiavélisme de son époux, nous propose un phénoménal hymne à la vie.

‘Et la joie de vivre’, récit de Gisèle Pelicot écrit par Judith Perrignon chez Flammarion

‘Quelque chose à te dire’, d’Annie Préaux chez M.E.O.

Agathe Verneuil, née en Belgique dans le Borinage, n’a pas connu son père tué d’un coup de fusil en 1944, quelques mois avant sa naissance. Sa mère l’a dès lors confiée à sa sœur qui l’a élevée à Mons.

En 2022, alors qu’elle a quitté son mari pour vivre en Famenne depuis de nombreuses années avec un nouveau compagnon, celle qu’elle n’a jamais appelée Maman décède presque centenaire. Elle n’en éprouve aucun chagrin.

Aux funérailles apparaît une petite-cousine du côté de son père. Celle-ci va-t-elle lui apprendre enfin la vérité sur la mort d’Armand Verneuil ? Agathe va-t-elle pouvoir se réconcilier avec sa propre fille Julie, qui a repris la ferme de son père après la séparation de ses parents et la mort de ce dernier ? Elle espère au moins que le récit qu’elle veut écrire fera quelques pas dans cette direction.

Un roman écrit d’une plume agréable à suivre et qui mêle les vies d’agricultrice et d’enseignante. Une enquête intrigante sur les origines de la narratrice. Au-delà, un voyage à travers quelques coins de la Belgique et même de son Histoire, notamment durant la Seconde Guerre mondiale.

‘Quelque chose à te dire’, d’Annie Préaux chez M.E.O.

‘Les fruits rouges’, d’Anna Meril au Nouvel Attila 

Découvrons tout d’abord ce que nous explique d’Anna Meril en quatrième de couverture : « La littérature, c’est là où j’ai tout appris, et l’amour, et le sexe, et tout. Et ma fausse couche n’existe pas dans ce monde-là. Non seulement la littérature ne m’a pas préparée à ce qui m’arrive, mais elle ne m’a rien dit non plus de sa poésie. D’abord, mes mots ont suffi. J’ai voulu rester nue, j’ai voulu rester seule. Puis, au-delà de cet enfant perdu à l’état de rêve, ce qui m’a manqué, ce sont les mots des autres. J’ai eu besoin d’histoires, d’images, de poèmes. Je me suis mise à creuser le blanc qui m’entourait. J’ai découvert que beaucoup de femmes vivaient des grossesses comme la mienne, coupées, arrêtées, et que quelques-unes avaient écrit à ce sujet, l’avaient même représenté. Ces autrices, je les connaissais, mais pas comme ça. J’ai suivi mes traces rouges : je suis arrivée à elles. »

En s’appuyant sur les œuvres de femmes qu’elle admire, telles Sylvia Plath, Annie Ernaux, Audre Lorde ou Frida Kahlo, Anna Meril offre un récit ardent et inédit sur le prisme de la couleur rouge. À travers cette variation autour de la douleur et du désir, elle trace le chemin du sang perdu et retrouvé.

Un livre du genre ‘essai intime’ qui, avec force et puissance, nous parle de cette violence sourde et des nombreux silences qui entourent une fausse couche. Tout cela écrit par une plume d’une grande lisibilité.

‘Les fruits rouges’, d’Anna Meril au Nouvel Attila 

‘Les hirondelles ne font pas le printemps’, de Cynthia Kafka chez Charleston

Septembre 2009, Picardie. Lisbeth, vingt-huit ans, trépigne d’impatience autant qu’elle appréhende sa rentrée à l’école élémentaire des Hirondelles. Enseigner est une vocation, un rêve qui l’anime depuis sa plus tendre enfance. Mais entre les élèves mutiques ou trop bavards et les collègues blasés ou au bout du rouleau, elle n’a pas une minute de répit.

Et ce n’est pas la perspective de sa prochaine inspection ni la classe de découverte à organiser, qui va lui permettre de souffler. Pas plus que la colocation avec sa mère, qui s’ est installée chez elle pour une

durée indéterminée et compte bien en profiter pour l’aider à trouver l’amour ! Comment Lisbeth va-t-elle survivre à cette année scolaire pleine de surprises et de rebondissements ?

À travers une plume drôle et enlevée, Cynthia Kafka signe ici son roman le plus personnel, inspiré de son parcours de près de dix ans dans l’Éducation nationale. Elle y dévoile également les coulisses de l’école entre joies et désillusions.

Avec ce titre, Cynthia Kafka nous plonge d’emblée dans un univers qui n’appartient qu’à elle. Un univers dont notre monde d’aujourd’hui devrait largement s’inspirer. Un univers où l’humain est chose primordiale, et où l’humour et l’émotion tiennent une grande place. Un univers où il est bon de se réfugier dans ces moments où, vu les événements, chacun retient son souffle. 

‘Les hirondelles ne font pas le printemps’, de Cynthia Kafka chez Charleston

‘Je marche avec elle’, de Macha Méril chez Albin Michel

Le 14 août 2024, Macha Méril, actrice de cinéma et de théâtre, épouse de feu Michel Legrand, perdait sa sœur Hélène alors âgée de 96 ans. L’occasion pour Macha Méril de nous livrer un récit particulièrement personnel où elle explique que ce deuil, ajouté à celui de son mari décédé en 2019, lui a fait jeter un regard totalement différent sur ce qu’est la vie.

Sous forme d’une sorte de journal de bord, Macha Méril raconte, d’une plume empreinte d’une infinie justesse, ses derniers moments vécus à Paris avec sa sœur Hélène, qu’elle décrit comme étant un des piliers de la famille.

Tout y passe. L’exil des parents après la révolution de 1917. Parents issus de la noblesse russe. Raison pour laquelle les trois sœurs portent le titre de princesse. Leur vécu au Maroc, et plus spécialement à Rabat, là où est née Macha. L’arrivée en France. Le vieillissement d’Hélène. Le départ vers l’hôpital. Sa mort prochaine…

Et puis arrive ce nouveau deuil que Macha Méril va alors voir comme une possibilité pour elle de célébration de vie et d’amour. Bref, les 140 pages de ce livre de bord s’imposent comme des pages qui fixent à jamais la place de cette femme lumineuse qu’était Hélène Gagarine, du vrai nom de cette famille russe.

‘Je marche avec elle’, de Macha Méril chez Albin Michel

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