par Charles Demoulin
9 novembre 2025
Cette semaine, dans les nouveaux romans que Janette a retenus pour vous, outre les clés de votre passé, il sera question de Hong Kong, de Freddie Mercury, de Gengis Khan, d’Halloween, de PDG assassinés, de fantômes du passé ou encore de mensonges et autres trahisons. En fait, de quoi permettre à chacune d’entre vous de trouver le genre de lecture qui vous passionne.
‘Affectueusement Freddie’, de Lesley-Ann Jones chez City
Alors que Queen est au sommet de la gloire, Freddie Mercury commence à rédiger un journal intime. À sa mort en 1991, il laisse derrière lui 17 carnets manuscrits retraçant ses pensées et sa vie. Un journal secret qu’il n’a jamais fait lire à personne de son vivant.
Dans ces carnets, Freddie raconte absolument tout, sans peur du jugement, en toute honnêteté : son enfance et les abus dont il a été victime, ses relations amoureuses, son rapport au succès. Mais surtout, il dévoile son plus grand secret : sa fille cachée, qu’il adore, et dont l’identité n’est connue que de quelques proches.
C’est à partir de ces confessions inédites que ce livre exceptionnel a été écrit. L’auteure s’est plongée dans les journaux intimes de Freddie pour rédiger un récit qui bouleverse tout ce que nous pensions savoir de la star. Loin des paillettes et des scandales, c’est l’autoportrait fascinant d’un homme secret, génial, terriblement humain, et d’une sensibilité à fleur de peau.
Ces confessions intimes et inédites de Freddie Mercury résonnent assurément comme sa dernière chanson. Sa chanson-vérité !
‘Jusqu’ici, tout allait bien’, d’Amandine Scheers chez Academia
Jusqu’ici, Sylvie menait une vie paisible et heureuse à tous points de vue. Avec une famille aimante, une santé de fer, un foyer chaleureux et un job épanouissant, comment ne pas nager dans le bonheur ?
Hélas, cette douce réalité ne se conjugue désormais plus qu’au passé ! Depuis ce fameux dîner chez ses parents, les certitudes de Sylvie s’écroulent les unes après les autres. Tandis qu’un déménagement plus tard, sa vie rêvée va soudain virer au cauchemar.
Mensonges, manipulations et trahisons : voilà désormais à quoi se résume son quotidien. Abandonnée de tous, en proie à la perfidie des gens qu’elle croyait proches, Sylvie sombre dans un gouffre à la profondeur infinie. Comment en est-elle arrivée là ? Pourquoi lui en veut-on à ce point ? Parviendra-t-elle à s’extirper de cette situation ? Et, si oui, à quel prix ?
Fait de chapitres très courts, ce quatrième roman que signe Amandine Scheers bénéficie à son tour d’une écriture fluide, mais se voit surtout empreint d’une profonde humanité.
‘Les clés de votre destin’, de Yaguel Didier chez Albin Michel
Rien ne prédestinait Yaguel Didier, née en 1942 dans une famille de dix enfants, à devenir voyante. Après s’être essayée avec succès à l’univers de la mode, elle découvre son don à 24 ans grâce à une rencontre déterminante avec une astrologue.
Lors de son apprentissage, elle songe à un jeu de cartes oublié dans un tiroir, et qu’elle a découpé par hasard dans le ‘Elle’ du 17 avril 1964. Ces 24 cartes, dessinées par l’artiste Alain Le Foll, chatoyantes et ludiques, deviennent son jeu personnel dont elle invente les règles et les interprétations. Depuis, il l’accompagne dans son exceptionnel parcours de médium, désormais connue dans le monde entier.
En expliquant ses liens avec ce jeu inédit, qui accompagne le livre, Yaguel Didier témoigne de ses cinquante années de voyance et nous apprend comment lire ses cartes afin que nous puissions, nous aussi, découvrir les clés de notre destin.
En fin d’ouvrage vous découvrirez une remarquable pochette contenant en fac-similé ces 24 cartes créées dans les années 60 par Alain le Foll. On ajoutera que l’ouvrage est revêtu d’une superbe jaquette cartonnée.
‘Maisons de verre’, de Louise Penny chez Babel noir
Au lendemain d’Halloween, une silhouette masquée et drapée de noir apparaît à Three Pines, mettant tout le village mal à l’aise.
Comme les autres, Armand Gamache voudrait la voir disparaître, mais le directeur de la Sûreté ne dispose d’aucun mobile pour l’appréhender. Quelques jours plus tard, un cadavre est trouvé dans la nef de l’église. Le meurtre serait-il lié à la crise des opioïdes qui frappe tout le Québec, jusqu’à ce hameau oublié aux abords de la frontière américaine ?
Nous renvoyant comme à son habitude à Three Pines, Louise Penny tisse un brillant jeu d’ellipses, en fait l’œuvre d’une romancière en pleine possession de son art et qui nous livre un excellent polar mélangeant avec dextérité émotions et actions. Au-delà, on appréciera la manière pour le moins très fouillée, dont elle dépeint ses principaux personnages. Un véritable travail chirurgical !
‘Gengis Khan et l’empire mongol XIIe – XVe siècle’, de Jacques Paviot chez Cerf
Un destin fascinant. Un guerrier qui a refaçonné l’Asie. Un empereur sans pitié. C’est avec une plume enlevée, guerrière même, que Jacques Paviot nous raconte l’épopée de Gengis Khan, l’enfant proscrit devenu le ‘conquérant du monde’.
Rarement dans l’Histoire un individu aura autant marqué et transformé son époque, et, en quelques décennies, bouleversé le cours du monde. C’est l’ascension fulgurante de ce chef mongol que retrace Jacques Paviot.
Gengis Khan ne fut pas seulement un conquérant redouté : il fut aussi un stratège visionnaire. Porté par les valeurs guerrières de son peuple, loyauté, courage, discipline, il imposa une organisation militaire implacable, mais sut aussi reconnaître les forces des civilisations conquises. Gouvernement structuré, usage de l’écriture ouïghoure, fiscalité rigoureuse, renforcement du commerce confié aux élites musulmanes : si l’Empire mongol s’est imposé par la force, c’est par l’intelligence qu’il s’est maintenu.
À travers ce portrait rigoureux et nuancé, Jacques Paviot nous fait revivre la gloire d’un empire oublié tout comme les peuples qui en ont subi la fureur destructrice. Une plongée fascinante dans l’histoire d’un empire hors norme, né de la steppe et devenu une puissance sans égale. Une fresque historique captivante.
‘À corde et à cri’, de Philippe Colin-Olivier chez Glyphe
Serge Spinolla, directeur impitoyable d’une multinationale, est retrouvé étranglé dans le parking de son immeuble. Bientôt, d’autres puissants PDG finissent aussi avec une corde autour du cou.
Qui ose s’attaquer au grand patronat ? Un employé licencié ? Un militant politique ? Un truand ? Des femmes abusées ?
Flic en rupture, Patrick Vauclin mène l’enquête dans le milieu opaque du big business : argent et pouvoir. Un polar cynique où la strangulation devient un art. Un ouvrage où vous vous poserez la question de savoir s’il faut vraiment étrangler le PDG. Mais aussi un roman qui s’inscrira pour vous sous forme d’une détente bienfaisante en ces moments où notre monde, à nouveau sous haute tension, semble vraiment tourner à l’envers.
‘Jours de révolte’, de Gigi Leung chez fayard
Hong Kong, 2019. Une capitale au bord du gouffre, regardée par le monde entier. Tandis que les manifestations contre le gouvernement grondent, une jeune femme ajuste son eyeliner devant le miroir et bavarde avec sa colocataire. Vêtements, petits boulots, réserves d’eau polluées par les gaz lacrymogènes… La trivialité du quotidien se mêle à la fureur de l’histoire.
À travers une galerie de personnages en prise avec la révolte des parapluies, l’auteure Gigi Leung déconstruit l’héroïsme du XXle siècle. Ici, les révolutionnaires ne sont pas des figures mythiques, mais de jeunes militants armés de smartphones et de slogans, oscillant entre rage et résignation, courage et désillusion.
Un roman choral sur l’effondrement et la résistance. Dix chapitres, dix fragments d’un Hong Kong qui vacille. Entre la fièvre de la contestation et la lassitude d’une génération épuisée, Gigi Leung capte les paradoxes d’une jeunesse partagée entre l’engagement et l’accablement.
Avec une écriture brute et immersive, elle décrit une ville où l’on manifeste le jour et où l’on scrolle TikTok la nuit, où les rêves s’érodent sous le poids des lacrymogènes, mais où le besoin de liberté demeure.
Un livre coup de poing, à la fois documenté et profondément humain qui capture la fièvre d’une époque. Une réelle découverte que cet ouvrage dédié à ce qui s’avère une résistance silencieuse face à l’autorité et la répression du pouvoir chinois.
‘Le Fardeau du passé’, de Hjorth & Rosenfeldt chez Actes Sud
L’unité ‘Criminelle’ vacille. Depuis qu’il a été révélé qu’un des leurs était un tueur en série, la crise menace de tout emporter. Vanja Lithner se bat pour sauver son équipe lorsqu’une femme est retrouvée assassinée dans une ferme porcine près de Västerås. Tout indique que ce meurtre vise une personne bien précise : Sebastian Bergman.
Au fil des ans, le profileur Bergman a été un atout précieux pour l’unité, résolvant les affaires les plus complexes. Mais aujourd’hui, il est devenu persona non grata. Son retour sera-t-il leur salut… ou leur perte ?
Pendant ce temps, Tim Cunningham, ancien patient de Bergman, est retrouvé mort. Comme Sebastian, Tim a perdu un enfant dans le tsunami de 2004. Mais derrière le drame familial se cachent des zones d’ombre. Que s’est-il réellement passé ce Noël-là, il y a presque vingt ans ? Peut-être que Cathy, la fille de Tim, détient les clés de l’énigme.
Fait de chapitres courts, ce thriller psychologique se veut le huitième opus d’une série imaginée par les romanciers Hjorth & Rosenfeldt. Un dernier volet tout bonnement magistral qui s’articule sur des fantômes du passé qui menacent de tout engloutir.
Un roman que les amateurs de la série se doivent de lire, ne serait-ce que suite au coup de théâtre qui vient s’inscrire avant le mot fin.
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