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Rencontre avec Valérie Messika, qui a taillé sa réussite dans le diamant

par Paule Kiénert

22 avril 2022

Fondatrice et directrice artistique de la marque de joaillerie Messika Paris, Valérie Messika nous fait l’honneur d’une interview à l’occasion de sa venue à Luxembourg pour l’ouverture officielle de sa boutique.

Pourquoi avoir choisi le Luxembourg pour y installer une boutique ?

Notre partenaire, les Ambassadeurs, nous a fait part de cet emplacement premium (20, rue de la Poste à Luxembourg-ville, ndlr). Je pense qu’elle a de beaux jours devant elle !

Qui est la femme Messika ?

Plein de femmes de différentes ! Des nouvelles générations qui ne pensaient pas à consommer du diamant à la femme de 45 ans, comme moi, ou de 70 comme ma mère. Femmes « classiques » et  fashionistas se retrouvent chez Messika. Celles qui n’aimaient pas les bijoux ont même été converties !

Combien de collaborateurs compte l’entreprise Messika ?

300 collaborateurs. Il n’y a pas si longtemps, nous étions encore 50. La progression s’est faite rapidement ces dernières années, nous avons notamment recruté 60 personnes depuis le début de la crise Covid.

À quoi tient le succès de votre marque ?

Je crois qu’il est dû à une proposition joaillière différente. Les collections Messika sont faites de matières précieuses, mais restent légères et contemporaines. La marque s’adresse ainsi à celles qui ont un rapport au bijou différent. Chez Messika, une femme achète un bijou pour elle-même, ce qui n’était pas forcément logique il y a 15 ans. Pousser la porte d’une bijouterie, comme celle d’une boutique de mode, est désormais plus habituel.

Puis j’ai eu la chance de travailler avec des égéries incroyables ! La toute première, Beyonce, m’a porté bonheur. Lorsqu’elle vivait à Paris, elle est tombée amoureuse de ma marque, ce fut une magnifique première ambassadrice.

Puis le développement s’est accéléré, car l’important travail de fond réalisé s’est mis à porter ses fruits. La cohésion entre la création, la production et le développement commercial dont s’occupe mon mari est également très forte et je pense que les plus belles idées du monde ne sont rien sans les bons partenaires pour les faire connaitre. Enfin, post Covid, les gens ont envie de vivre et de se faire plaisir avec des objets à valeur intrinsèque et transmissibles. L’or et les diamants restent un investissement.

Depuis 2005, est-ce toujours vous qui dessinez vos collections ?

Oui, je dessine avec mon cousin. Je pense qu’on est plus créatif à plusieurs. C’est pourquoi j’ai aussi favorisé les collaborations, comme avec Gigi Hadid et Kate Moss.

Je m’occupe aussi de la création de tout ce qui touche à l’image de la marque : les visuels publicitaires, les écrins, le design des boutiques…

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Tout ce qui m’entoure ! Je ne savais pas que j’étais créatrice dans l’âme. Je suis convaincue que le cerveau est comme un ordinateur : plus il est nourri d’architecture, de mode ou par l’énergie des gens, plus il accumule de données qui lui permettent de produire des idées créatives. Je reste aussi connectée avec mon temps, j’absorbe beaucoup et j’ai développé un certain sens de l’observation sur le comportement des femmes. J’emmagasine donc tout ceci chaque jour, puis une idée vient, jaillit. Je travaille ensuite avec quatre dessinatrices qui me connaissent bien et connaissent bien les codes de la marque. Style, proportion, éclat des diamants, elles savent concrétiser mes idées. L’ADN de Messika est toujours respecté : le diamant à nu sur la peau, son éclat fascinant… Pas besoin d’en rajouter beaucoup, mais juste ce qu’il faut.

Je crois aussi que n’avoir pas fait d’école de joaillerie m’offre plus de liberté, me permet de sortir des codes traditionnels de la joaillerie.

Où les bijoux Messika sont-ils produits ?

Ils sont dessinés à Paris, au siège. Les premières pièces et celles de haute joaillerie sont réalisées à Paris, puis nous avons d’autres unités de production à Besançon, en Espagne et en Italie.

Être une femme à la tête d’une entreprise, ressentez-vous cela comme une force ou un frein ?

Je sais que cela peut être un frein, mais je l’ai plutôt ressenti comme un atout. Les femmes ont une manière de gérer les humains avec empathie et joie de vivre. J’utilise également beaucoup mon intuition. Et si j’aime bien les hommes et que je suis heureuse de travailler avec mon mari, 70% du personnel chez Messika est féminin.

Comment qualifiez-vous votre parcours ? Comme une évidence, un défi à relever ou le fruit d’un travail acharné… ?

Un peu tout ! Cela peut sembler sonner comme une évidence, car je suis fille de diamantaire, mais je n’ai pas poursuivi le métier de mon père, j’ai créé mon univers dans le sien. Passion et intuition m’ont ensuite bien guidée. Puis j’ai beaucoup travaillé !

Qu’est-ce que la réussite pour vous ?

Être aligné avec soi-même et ses valeurs. Trouver le sens de sa vie et ne pas choisir une voie pour les mauvaises raisons me semble primordial.

Quel message souhaitez-vous faire passer aux femmes d’aujourd’hui et de demain ?

J’aimerais leur dire qu’il faut croire que les choses sont possibles. Croire en sa bonne étoile, la cultiver, permet de développer une spirale positive. J’étais timide, réservée, pleine de doutes et faire et avancer donne confiance… Même si je doute toujours !

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