par Emilie Geoffroy
14 octobre 2025
Le 15 octobre marque la Journée mondiale de sensibilisation au deuil périnatal. Une journée particulière, silencieuse et souvent méconnue, consacrée à toutes ces vies interrompues avant d’avoir pleinement commencé. Derrière le terme « deuil périnatal » se cachent des réalités intimes et douloureuses : fausses couches, interruptions médicales de grossesse, morts in utero, décès néonatals. Autant d’histoires différentes, mais un point commun : une douleur profonde, souvent tue, parfois niée.
Lorsqu’un bébé meurt avant ou peu après la naissance, la société ne sait pas toujours comment réagir. Il n’y a parfois ni mots, ni rituels, ni reconnaissance de ce que vivent les parents. Le deuil périnatal est ainsi souvent vécu dans une solitude pesante, renforcée par des injonctions à « tourner la page », à « ne pas s’attacher à ce qui n’a pas vécu ».
Or, cette perte est bien réelle. Elle marque le corps, le cœur et la mémoire. Elle s’inscrit dans le parcours de vie des parents, parfois durablement. Ce deuil, bien qu’invisible aux yeux du monde, mérite d’être nommé, reconnu, accompagné.
Le 15 octobre a pour objectif de donner une visibilité à ces deuils si particuliers. C’est une journée :
C’est aussi un moment pour honorer la mémoire des bébés disparus, par des gestes symboliques, des rituels intimes ou collectifs, et permettre aux familles d’inscrire leur vécu dans une forme de continuité, même en l’absence.
Parce que chaque histoire compte. Parce qu’un deuil, quel qu’il soit, ne disparaît pas parce qu’on n’en parle pas. Parce que reconnaître cette souffrance permet non seulement d’accompagner les parents touchés, mais aussi de former les soignants, sensibiliser les proches, et inscrire davantage d’humanité dans les parcours de soin.
Dans un monde où l’on célèbre les naissances, il est essentiel de se souvenir que certains parents repartent de la maternité les bras vides. Leur histoire mérite d’être entendue, respectée et soutenue.
Le deuil périnatal ne devrait jamais être un tabou. En parler, c’est déjà offrir un espace de réparation. Le 15 octobre, mais aussi tout au long de l’année, chacun peut contribuer à faire exister ces tout-petits dans nos mémoires collectives.
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