#Culture & Évasion | #La bibliothèque de Janette

« Je vous ai tant aimés… »

par Charles Demoulin

19 mars 2021

Si je vous dis Simone Kaminker née le 25 mars 1921 à Wiesbaden en Allemagne, cela vous dit quelque chose ? Bon, je vais vous aider via une autre question. Si je vous dis Ivo Livi né le 13 octobre 1921 à Monsummano Terme en Italie, vous y voyez plus clair ? Toujours pas ? Il s’agit tout simplement de Simone Signoret et d’Yves Montand dont Benjamin Castaldi, le petit-fils de l’actrice, nous parle dans cet ouvrage paru aux Éditions du Rocher.

Cette année, Simone Signoret et Yves Montand auraient fêté leur centième anniversaire. L’occasion pour Benjamin Castaldi, figure incontournable du paysage audiovisuel, de nous offrir ce roman chargé d’émotions. Un récit dans lequel il se souvient de sa ‘mémé’, Simone Signoret, et d’Yves Montand, le père adoptif de sa mère, Catherine Allégret, la fille de Simone. Jusqu’à la fin de leur vie, Benjamin fut très proche d’eux, dans leur maison d’Auteuil.

Imaginant avec tendresse ce que fut la rencontre de ces deux monstres sacrés, rencontre qui eut lieu à l’Auberge de La Colombe d’Or, le 19 août 1949 à Saint-Paul-de-Vence, l’auteur va nous décrire cet amour extraordinaire. Une description qui nous livrera également un grand pan d’Histoire puisqu’il va de la Seconde Guerre mondiale à la chute du Mur de Berlin, en passant par l’histoire du cinéma français, celle de la gauche, du communisme dont Signoret et Montand avaient résolument adopté la cause. Une cause qu’ils renieront totalement après avoir connu le lot de souffrances et de misères du peuple russe, lors d’un voyage au pays de Khrouchtchev.

De Marseille à Hollywood, de Moscou à Paris, Benjamin Castaldi, en nous faisant côtoyer ce couple de ‘L’Histoire’, nous propose une véritable chronique du XXe siècle. Une chronique faite d’engagements politiques et artistiques tout à la fois. Ainsi, outre des voyages, vous vous retrouverez sur des plateaux de cinéma, des scènes de music-hall, dans la rue ou au bistrot. L’occasion aussi de rentrer dans l’intimité même de la famille de l’auteur  – cf. pour simples exemples, la brève liaison d’Yves avec Marilyn Monroe, ou encore une Simone Signoret prenant du poids et tombant dans l’alcool – pour qui le duo Signoret-Montand fut un modèle inoubliable, trop tôt disparu.