#Psycho | #Psycho des Janetons

Faut-il parler de l’école à la maison ? Et comment poser les bonnes questions ?

par Emilie Geoffroy

4 octobre 2025

Janette a deux Janetons : une petite fille de 8 ans et un adolescent de 15 ans. Et comme beaucoup de parents, elle s’interroge : Faut-il aborder la question de l’école à la maison ? Comment poser les bonnes questions sans que cela vire à l’interrogatoire ou, pire, à un dialogue de sourds ? Il est essentiel de parler de l’école à la maison. Mais encore faut-il savoir quoi dire, comment, quand, et surtout à quel âge. Voici donc quelques repères par tranche d’âge, pour vous aider, chères Janette, à adapter votre écoute et vos mots à chacun de vos Janetons.

De 6 à 9 ans : l’âge des histoires (et des émotions en grand format)

À cet âge-là, l’école est un univers social aussi riche qu’intense. Les Janetons vivent chaque journée comme une aventure. Ils ne séparent pas encore vraiment le scolaire du relationnel. Dire « Ma maîtresse est méchante » peut aussi bien vouloir dire « Elle m’a reprise devant tout le monde et j’ai eu honte ».

👉 Pourquoi en parler ?

Parce que c’est l’âge où les Janetons se construisent à travers le récit. Leur raconter leur journée les aide à structurer leur penséereconnaître leurs émotions, et prendre du recul sur ce qu’ils vivent.

✅ Ce qui fonctionne :

  • Des questions simples, concrètes, ouvertes mais cadrées.
    → « Raconte-moi un moment drôle de ta journée. »
    → « Qu’est-ce que tu as aimé apprendre aujourd’hui ? »
    → « Tu avais qui à côté de toi à la cantine ? »
  • Le dessin ou le jeu : Certains Janetons parlent plus en dessinant ou en jouant qu’en répondant frontalement.
    → « Et si on faisait un dessin de ta journée ? »
  • Laisser de la place au silence : Parfois, le récit vient après coup, une heure plus tard, dans le bain ou juste avant de dormir. Laissez cette porte ouverte.

❌ Ce qu’on évite :

  • Les questions trop générales : « Alors, c’était bien l’école ? »
    (Tu auras droit à « oui » ou « bof », et ce sera terminé.)
  • Les jugements trop rapides : « Tu exagères, elle est très gentille cette maîtresse. »
    Cela coupe l’envie de se confier. Valide d’abord l’émotion, tu nuanceras plus tard.

De 10 à 13 ans : l’âge de la bascule (entre l’enfant et le futur ado)

Entre 10 et 13 ans, les Janetons commencent à s’auto-censurer dans leurs récits. Ils sont plus soucieux du regard des autres, plus pudiques. Le rapport à l’école devient moins émotionnel, plus pragmatique, mais aussi parfois plus conflictuel.

👉 Pourquoi en parler ?

Parce que c’est souvent à cet âge que peuvent apparaître les premiers signes de décrochage, de stress scolaire, ou de mésestime de soi. Mieux vaut garder le lien ouvert, même quand le langage change.

✅ Ce qui fonctionne :

  • Des moments d’échange informels : en voiture, pendant une activité partagée (cuisine, promenade, Lego…), où la pression du regard direct est absente.
  • Des questions « à choix » :
    → « C’était plutôt une journée intéressante, normale ou pénible ?»
    → « Si tu pouvais changer une chose à l’école, ce serait quoi ? »
  • Mettre l’accent sur le ressenti plutôt que sur la performance :
    → « Tu t’es senti comment pendant le contrôle ? »
    Plutôt que : « Tu as eu combien ? »

❌ Ce qu’on évite :

  • Le réflexe “coach scolaire” 24h/24 :
    Janeton a besoin d’un parent, pas d’un deuxième prof. Si vous ne parlez que devoirs, vous risquez de fermer la porte à tout le reste.

De 14 à 17 ans : l’âge de l’esquive (et de l’identité en construction)

L’adolescence, c’est l’art de faire comprendre que tout va bien (ou rien ne va) sans jamais vraiment dire pourquoi. L’école devient un lieu d’enjeux identitaires : réussir sans se trahir, plaire aux autres sans se faire remarquer, affirmer sa personnalité sans être catalogué.

Bref, c’est complexe. Et pourtant, parler de l’école reste essentiel.

👉 Pourquoi en parler ?

Parce que c’est souvent là que se jouent :

  • des questions d’orientation,
  • des pressions de performance,
  • des difficultés relationnelles parfois bien dissimulées.

Et aussi parce que, même s’il ne le montre pas, votre ado a besoin de savoir que vous êtes disponible.

✅ Ce qui fonctionne :

  • L’humour, la dérision légère, et l’écoute non intrusive
    → « Si on faisait un classement des pires cours de la semaine ?»
  • Partager votre propre vécu (sans en faire trop) :
    → « Moi, à ton âge, je faisais semblant de comprendre les maths. Et toi ? »
  • Poser des questions qui ouvrent sans imposer
    → « Tu veux en parler ou je te laisse tranquille ? »
  • Et surtout : respecter les silences.
    Parfois, la meilleure preuve d’écoute, c’est d’attendre qu’il vienne à vous… plus tard, au moment où il s’y attendra le moins.

❌ Ce qu’on évite :

  • Les remarques comparatives : « Ta sœur, elle raconte tout !»
  • Les blagues blessantes déguisées en humour : « Ah, tu travailles quand le prof a le dos tourné, c’est ça ? »

💡 En résumé

ÂgeCe qui compteÀ éviter absolument
6–9 ansLe récit et les émotionsLes généralisations ou jugements hâtifs
10–13 ansLe dialogue indirect, nuancéL’obsession des résultats
14–17 ansLe respect, l’humour, l’écouteL’insistance ou les questions fermées

🧠 Conclusion : Parler de l’école, oui. Mais à hauteur d’enfant.

Parler de l’école, c’est moins une obligation qu’une opportunité : celle de découvrir le monde intérieur de votre Janeton, ses forces, ses doutes, ses découvertes. Il ne s’agit pas de tout savoir, mais de montrer qu’on est là, disponible, sans pression, sans jugement, et avec, parfois, un chocolat chaud en embuscade.

Et si aujourd’hui il n’a rien à dire, ce n’est pas grave.
Vous avez juste planté une graine.
Elle germera au prochain « Maman, tu sais ce qui s’est passé ? »

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