par Charles Demoulin
27 septembre 2026
Il paraît que cette année, l’automne a débuté le 23 septembre et non le 21 comme on a l’habitude de le dire. Prémonition : les éditions du Fleuve viennent de sortir un ouvrage qui s’intitule… ‘Te retrouver en automne’. Un ouvrage qui va vous réserver une bien agréable surprise.
‘Te retrouver en automne’, de Carène Ponte chez fleuve
Si cet ouvrage vous tente et si vous l’achetez, vous aurez l’heureuse surprise de vous apercevoir que ce n’est pas un, mais bien deux livres que vous avez dans les mains. En effet, après ‘Te retrouver en automne’, Carène Ponte vous propose : ‘T’aimer à Noël’. Quoi de plus logique ?
Mise au défi par Valentine, sa meilleure amie, de recontacter un garçon du lycée dont elle était secrètement amoureuse, Gabrielle est loin d’imaginer jusqu’où ce message anodin va l’emmener.
Quand l’automne touchera à sa fin, il ne vous restera plus qu’à patienter (si vous le pouvez !) jusqu’en décembre pour retourner le livre et plonger dans l’ambiance de Noël avec ‘T’aimer à Noël’.
Eh oui, car après seulement quelques semaines de relation, Gabrielle et Antoine ont fait le pari fou de sauter le pas du mariage, et le grand événement n’est pas prévu à n’importe quelle date : le 24 décembre. Le compte à rebours de l’organisation est lancé, mais Gabrielle est rattrapée par le doute…
Deux romans, deux saisons, une même promesse d’émotion. Dans ce livre concept présenté tête-bêche et magnifiquement jaspé, Carène Ponte célèbre avec humour et sensibilité les nouveaux départs, les défis que l’on se lance à soi-même, les amours retrouvées et la capacité du destin à remettre sur notre route ceux que l’on croyait perdus.
Entre défi personnel, retrouvailles inattendues et magie de Noël, ces deux récits composent une ode joyeuse aux secondes chances. Un livre qui vous accompagnera de l’automne jusqu’aux fêtes de fin d’année, et que vous allez adorer si vous êtes du genre romantique.
‘Guérison sauvage’ de Cyrielle Hariel chez Eyrolles
Longtemps, Cyrielle Hariel a cru que guérir signifiait comprendre. Après une opération du cœur qui bouleverse son existence, la journaliste, profondément rationnelle, avançait malgré les blessures du corps et de l’âme. Jusqu’au jour où la mer l’a appelée.
Au fil de plongées au plus près des requins, ces créatures que l’on apprend à craindre, une autre expérience s’est imposée : celle d’une présence sans menace, d’un face-à-face brut avec le prédateur. Dans les profondeurs, quelque chose d’inattendu s’ouvre, comme si ce qui ne pouvait plus se dire sur terre trouvait enfin un espace pour exister.
Puis vient la perte. La mort de sa mère, avec qui le dialogue s’était rompu depuis longtemps. Et, au cœur du deuil, surgit une expérience que rien dans son parcours ne pouvait expliquer. Son corps devient le théâtre d’un langage oublié. Mais peu à peu, naît un apaisement aussi profond qu’inattendu.
Dans ce récit initiatique puissant et profondément intime, Cyrielle Hariel raconte sa traversée vers la renaissance. Entre l’océan et l’âme, le requin devient un miroir et un guide inattendu, la vulnérabilité une force, et le sauvage un chemin de guérison.
Ce récit est une invitation à changer de regard sur la peur, sur la mort, sur ce que nous appelons le ‘sauvage’. Un livre pour celles et ceux qui pressentent que certaines guérisons ne se pensent pas, mais se vivent dans le corps, dans le souffle retrouvé, dans le lien au vivant. Que renaître commence parfois là où l’on accepte de lâcher le contrôle.
‘Ce qui réveille les morts’, de T. Kingfisher chez Verso
Lorsqu’Alex Easton, soldat à la retraite, apprend que leur amie d’enfance Madeline Usher est mourante, kan se précipite vers la demeure ancestrale des Usher, perdue dans la campagne reculée de Ruritanie.
Mais sur place, Alex découvre un véritable cauchemar. Des excroissances fongiques envahissent les environs, la faune semble possédée et un lac sombre semble pulser d’une vie inquiétante. La nuit, Madeline erre dans son sommeil et parle d’une voix qui ne semble plus tout à fait la sienne, tandis que son frère Roderick dépérit, rongé par un mystérieux mal qui touche ses nerfs.
Avec l’aide d’une brillante mycologue britannique et d’un médecin américain dépassé par les événements, Alex devra percer le secret de la maison Usher… avant qu’elle ne les engloutisse tous.
Cet ouvrage, dans lequel culmine l’horreur, est le premier volet d’une trilogie dont le titre générique s’intitule ‘Sworn Soldier’. Mais attention, la plume créative de T. Kingfisher, considérée comme l’une des voix incontournables des littératures de l’imaginaire sait très habilement mixer l’horrifique à… l’humour sarcastique. Et ce n’est vraiment pas pour déplaire, que du contraire.
‘Ouf ! Je suis mort’, de Jean-Louis Fournier chez Philippe Rey
« Je ne me suis pas réveillé ce matin. J’en avais marre de respirer, j’ai rendu mon dernier soupir. Quel soulagement ! »
Ouf ! Fini les mots de passe impossibles à retenir, les clés perdues, les moustiques, les ongles de pied à couper, les impôts… Jean-Louis Fournier peut enfin dormir tranquille. Définitivement.
Dans ce livre, rien n’échappe à son humour, il nous fait même rire de ses malheurs. Mais derrière les plaisanteries se cache une mélancolie lumineuse lorsqu’il évoque les femmes qu’il a aimées, ses fils handicapés, ses espiègleries d’enfance… On trouve aussi son éloge funèbre écrit par ses amis, dont Philippe Geluck, Jean-Michel Ribes ou François Hollande…
Le résultat est un feu d’artifice de phrases émouvantes, absurdes et profondément humaines, une autobiographie extrêmement malicieuse. Mourir ainsi paraît presque sympathique.
Un livre irrésistiblement drôle sur un sujet pourtant peu hilarant, signé par Jean-Louis Fournier, écrivain à la mélancolie lumineuse. C’est un incroyable et délicieux mélange d’humour, de tendresse et d’impertinences. On se régale.
‘Le cabinet des illusions – Enquête à Londres, 1918’, de Jean-Luc Bizien chez Maison Pop
Dans les ruelles obscures de Whitechapel, la découverte de corps atrocement mutilés ravive les souvenirs d’un cauchemar que Londres croyait pouvoir oublier. Très vite, un nom ressurgit des ténèbres, murmuré avec effroi dans les tavernes, les commissariats et les salons de la haute société : Jack l’Éventreur.
Les meurtres obéissent à une logique implacable, un rébus de sang que Scotland Yard demeure incapable de déchiffrer. Convaincu que cette mise en scène macabre cache une vérité plus effroyable encore, Chung Ling Soo alias William Ellsworth Robinson s’engage dans une chasse impitoyable.
En s’aventurant dans un Londres noyé de brouillard, où nul ne peut plus distinguer la vérité du mensonge, le célèbre magicien devra affronter bien plus qu’un simple imitateur de l’Éventreur. Car si certains secrets refusent de mourir… certains monstres semblent capables de revenir de l’enfer !
Après ‘Enquête à Vienne, 1902’ et ‘Enquête à Venise’, 1907’, Jean-Luc Bizien nous livre le dernier volet d’une trilogie qui, pour ceux qui sont accros à ce genre de récits, est à ne manquer sous aucun prétexte vu cette qualité que possède l’auteur de vous envoûter et de vous offrir d’immenses frissons. Cela tout en vous manipulant tout le long du récit.
‘Nazanine’, de Gilles Martin-Chauffier chez Albin Michel
Avec Paris et le journalisme comme arrière-plan, Paul, le narrateur, se rappelle 1978, l’année zéro du ‘Nouveau Monde’ et l’époque de ses débuts au ‘Figaro’, puis à ‘L’ Alerte’, un des grands hebdomadaires parisiens.
L’époque aussi où il sortait beaucoup la nuit, notamment au Palace. Cette année fut pour lui l’occasion d’observer avec ironie le milieu intellectuel et universitaire : Vincennes, Foucault, Barthes, Deleuze… et de le décrire avec un humour souvent noir.
À Vincennes, où les professeurs réputés s’autorisent les lubies pédagogiques qu’ils s’interdisent sur les campus américains, il croise Xerxès Salamanji, un étudiant iranien séduisant aussi brillant que provocateur, mordant, aussi misanthrope et impitoyable pour l’intelligentsia française.
Faite de fascination, de rivalité et de malaise, leur amitié mène le narrateur à connaître la sœur de Xerxès, Nazanine, belle, jeune, cultivée, vive, mystérieuse et entière.
Tombés amoureux au premier coup d’œil, ils vivent un été idyllique en Bretagne. Mais le ciel s’encombre de nuages de plus en plus sombres au fur et à mesure qu’en Iran, la situation se dégrade.
Alors que les grandes plumes de son journal s’enthousiasment pour un futur état islamique dont elles ne voudraient à aucun prix en France, Nazanine s’indigne de ces Français qui adorent les tyrans à l’étranger. Elle veut retourner à Téhéran pour sauver son père. Et elle ne cède jamais.
Au-delà d’une grande histoire d’amour qui est sienne, au-delà des errements de la communauté internationale mettant sous l’éteignoir ce qui se passait en Iran fin des années 1970, Gilles Martin-Chauffier laisse déjà entrevoir ce que seront aujourd’hui les conséquences de la révolte contre Mohammad Reza Pahlavi, le dernier shah d’Iran.
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