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« Anatomie d’un scandale »

par Elodie Lambion

12 mai 2022

Disponible depuis un mois sur Netflix, la mini-série (6 épisodes) « Anatomie d’un scandale », adaptation cinématographique éponyme du roman à succès de Sarah Vaughan, vaut la peine de se glisser devant la télé le temps de quelques soirées. Si nous sommes passées à côté depuis sa sortie, plongeons-nous dans ce thriller psychologique avec le consentement comme point central.

Synopsis :

Sophie, jouée par la comédienne Sienna Miller que nous nous faisons un plaisir de retrouver sur le petit écran, se voit perdre pied lorsque malgré elle, elle se retrouve obligée d’affronter le scandale d’agression(s) sexuelle(s) dont on accuse son mari, James Whitehouse, parlementaire anglais influent et arrogant. Ce n’est autre que la secrétaire de celui-ci, Olivia, avec qui il a eu une liaison extra-conjugale durant plusieurs mois, qui l’attaque en justice pour des faits de viol dans un ascenseur et ce, peu après que le politique ait mis un terme à leur relation. Pour défendre la jeune femme, Kate, avocate déterminée, interprétée par Michelle Dockery connue pour son rôle de Mary Crawley dans Downton Abbey, a accepté de se charger de l’affaire malgré sa complexité. Au fur et à mesure des épisodes, aux côtés de son épouse Sophie, nous découvrons peu à peu le passé et le vrai visage de James, les failles de ce beau « gentleman » à qui tout a toujours souri et réussi, mais aussi des autres intervenants qui, finalement, ont chacun leur part d’ombre et une vérité bien cachée…

Pourquoi regarder ?

Après le mouvement #MeToo, les films et les séries abordant les agressions sexuelles subies par de (trop) nombreuses femmes à travers le monde sont apparus sur nos écrans afin de dénoncer et de sensibiliser le grand public. Pourtant, par rapport à la concurrence, cette série possède ses propres singularités. Le présumé coupable, James, manque cruellement de lucidité et c’est interpellant de constater à quel point un homme qui n’a pas l’habitude qu’on lui dise « non » ne parvient pas à voir en quoi ses actes ne sont pas dignes, sont irrespectueux, vont à l’encontre de la femme et qu’il ne comprend pas (ou ne veut pas comprendre) en quoi il est fautif. Étant constamment sûr de lui, il ne se remet aucunement en question et pour lui, le problème, ce sont les autres : dans ce cas-ci, les femmes ! Les attentes que le parlementaire a envers son épouse Sophie nous questionnent également. Victime collatérale, elle doit impérativement continuer à faire bonne figure, à lui montrer son soutien sans faille, à véhiculer l’image d’une famille heureuse, parfaite alors qu’elle est la femme trompée qui a sacrifié sa carrière (même sa fierté et sa dignité) pour son mari. Une discussion avec sa belle-mère, la mère de James, lors d’une visite impromptue, nous étonnera également sur la place sacro-sainte de certains hommes dans la société et dans le cercle familial. Quelle que soit l’éducation, ne faudrait-il pas leur inculquer le respect et la notion de consentement dès l’enfance ? C’est une des questions que nous nous poserons. Kate, quant à elle, n’arrive pas à avancer, à construire une vie de couple équilibrée à cause des fantômes du passé, d’une blessure qui n’est pas prête de cicatriser (quoique…). Les flashback et le fait que ceux-ci se fondent parfois avec la réalité, le présent, apportent une originalité à la mise en scène. Même si l’histoire racontée dans les 6 épisodes est rude et révoltante, le petit détail qui donnera un peu de légèreté (nous en avons toujours besoin, les Janette), c’est la garde-robe de Sophie (Sienna Miller). Après le visionnage, décor britannique oblige, nous nous imaginons déjà en automne ou lors des journées pluvieuses et comme Sophie, nous avons juste envie de « shopper » une longue robe chemise grise, de sortir le trench beige de notre dressing, de mixer le long manteau en laine avec une robe fluide, afin de miser sur un look « So British » des plus élaborés.

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