par Sophie Pilcer
9 octobre 2026
L’annonce, le choc, le tsunami… Il y a avant et après. Le cancer, le crabe, c’est d’abord la peur de mourir, la peur d’abandonner les siens, la vie qui ne sera plus jamais comme avant avec cette satanée épée de Damoclès…
Oh la la, oui, je sais bien ce que vous vous dites : on l’a perdu notre joyeuse sexperte. Mais non, rassurez-vous, je suis bien là et je n’ai pas l’intention de vous sacrifier aux angoisses oncologiques, bien au contraire.
Alors certes. Il y a celles pour qui la problématique du cancer est loin, très loin de leurs préoccupations, mais il y a aussi les Janette qui l’ont traversé ou qui sont en train de le traverser… Alors à toutes les Janette, écoutez-moi bien ! Le cancer du sein et n’importe quel cancer ne sonnent pas le glas de votre désir.
Oui, je sais, je vous ai longuement raconté qu’il y avait un ingrédient essentiel au désir féminin : l’estime de soi et sa féminité. Et là justement, perte des cheveux, perte d’un sein, fatigue, épuisement, et donc une image corporelle dans les chaussettes, si je puis dire. Il va falloir un temps, apprivoiser, accepter cet espace temporaire où chaque miroir est une souffrance infligée à votre dignité.
Mais rappelez-vous, il n’y a pas qu’un seul ingrédient : l’ingrédient numéro deux et, non des moindres, c’est le regard du partenaire. Très cher Jano, ne lâchez pas votre regard amoureux et désireux. Très cher Jano, ne vous détournez pas de ce sein que vous saurez voir, toucher peut-être pas… Les douleurs, les traitements tout cela fera barrage et ne forcez aucun barrage, mais regardez votre Janette toute entière et osez lui dire qu’elle est belle, qu’elle vous séduit toujours et encore.
Et vous, chère Janette, vous avez le droit de séduire, de plaire et plus que jamais apprenez à vous laisser regarder et aimer. Lâcher ce regard sévère et après les regards, un peu de tendresse, un geste tendre et doux, une main qui se pose délicatement sur un visage, sur une main. Vous en avez besoin et oui, je sais, ça ne s’appelle pas le désir, mais ces temps de séduction et de tendresse sont essentiels à la possibilité d’une envie aussi minuscule soit-elle. Un bisou ou voire plus, un baiser, être enlacée, tenue, embrassée, touchée.
Et seule, il se peut que vous puissiez entrer dans la découverte du 3ème ingrédient : l’érotisme. L’érotisme est étymologiquement la recherche du désir. Mais ça n’arrivera que si vous, chère Janette, vous le décidez, vous décidez d’oser éprouver de l’excitation sexuelle, oser aller rechercher ce qui peut déclencher cette excitation ! Oui, vous m’avez bien comprise chère Janette, le cancer n’enlève pas la possibilité physiologique d’éprouver de l’excitation sexuelle.
Alors oui, on y va, on relit ou non les nuances de Grey, on savoure les nouveaux podcasts érotiques audio et on se laisse emporter par le son de désir ou on regarde pour la millième fois Emmanuelle ou autre si affinités loin du potentiel érotique des années 70…
Vous avez le droit de faire une pause dans la focalisation de l’angoisse du cancer. Ce serait comme oser déguster avec tous vos sens votre gourmandise préférée, celle qui vous fait saliver à tous les coups ! Allez c’est parti, ouvrez la boîte à fantasmes et laissez-vous emporter par la vague qui vous amènera dans ces paradis érotiques que vous pensiez perdus.
Adresse email du destinataire
Votre nom / prénom
Votre adresse email
Comments
Partagez par email
Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.
Cette option doit être activée à tout moment afin que nous puissions enregistrer vos préférences pour les réglages de cookie.