par Salomé Jeko
15 avril 2026
Un beau jour, le dressing de Janeton devient un terrain d’expression… et parfois de négociation. Janette vous livre quelques conseils pour l’accompagner dans ses envies sans céder à toutes les pressions.
Sans doute n’avez-vous pas échappé à la folie des Legami : le stylo effaçable aux designs d’animaux ou de personnages qu’il fallait « absolument » avoir pour ne pas se sentir à côté. Préparez-vous si ce n’est déjà le cas : au lycée, le phénomène se déplace de la trousse au dressing. Ce n’est plus le stylo qui signe l’intégration, mais le hoodie oversize, la paire de sneakers convoitée ou le jean d’une marque bien précise. Et voilà votre petit Janeton qui réclame soudain tel ou tel achat, avec une intensité parfois déroutante… Le vestiaire n’est d’ailleurs pas le seul domaine concerné : les coupes de cheveux audacieuses, la frange rideau ou le buzzcut deviennent des choix revendiqués, parfois surprenants pour les parents.
Rien d’anormal, on vous rassure. À l’adolescence, le look devient un véritable langage. Il dit l’appartenance à un groupe, l’envie de se distinguer, l’exploration de soi. Choisir ses vêtements et sa coiffure, c’est commencer à choisir qui l’on veut devenir. Mais tout accepter sans cadre n’est évidemment pas la solution. Derrière la demande se cache souvent le besoin d’être reconnu par les autres – aka sa génération – et de ne pas se sentir exclu. Mais valider l’émotion n’oblige pas à valider l’achat : on peut entendre le désir tout en expliquant ses propres critères – le budget familial, la qualité, la durabilité, et parfois aussi la question du contexte.
La question de la « tenue appropriée » pour l’école engendre par exemple souvent de grands débats. Il ne s’agit donc ni de culpabiliser un corps ni d’imposer une morale rigide, mais de rappeler le cadre : les règles communes, le respect du lieu, l’image renvoyée.
Le sujet du budget peut devenir quant à lui un formidable outil éducatif. Fixer une enveloppe pour la saison, proposer de compléter avec l’argent de poche, comparer les prix ou attendre les soldes : autant d’occasions d’apprendre à arbitrer. Veut-on trois pièces très tendance mais de moindre qualité, ou une belle pièce qui durera ? Cette réflexion responsabilise et aide à comprendre que chaque choix a un coût. L’occasion aussi d’aborder l’impact de la consommation textile. Les ressources mobilisées, les conditions de production, ces vêtements portés trois fois avant d’être oubliés au fond d’un placard… Acheter reste normal, se faire plaisir aussi. Mais acheter moins, mieux, réparer, customiser, échanger entre amis ou explorer la seconde main ouvre d’autres horizons.
Enfin, gardez en tête que votre enfant a sa propre identité : il n’est pas le prolongement de votre esthétique. Lui imposer votre « bon goût » risque de freiner son affirmation. Et puis, soyons honnêtes, ces looks improbables de l’adolescence deviennent souvent, quelques années plus tard, les photos que l’on ressort en riant lors des repas de famille !
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